Bienvenue au 61e

« Philo sans fumée »

de juin 2005

Bonjour à tous! 

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  1. NOUVELLES DE PHILO5 : Le Dr. Oscar Brenifier de retour à Montréal…
  2. SUJET DU MOIS : Paradoxes féministes…
  3. PHILOSOPHE DU MOIS : Érasme…
  4. LES QUESTIONS PHILOSOPHIQUES : Les questions sur l’art…
  5. QUELQUES LIVRES REMARQUABLES : Le féminisme à l’honneur…
  6. RIRE ET S’ATTENDRIR : La nouvelle religion « F »…
  7. PENSÉE DU MOIS : Amélie Nothomb et Voltaire…
  8. POUR LES NOUVEAUX PARTICIPANTS… : Écrivez nous pour participer…

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1 – N O U V E L L E S   D E   P H I L O 5

*  Les pages de Philo5.com ont été consultées 280 000 fois durant les 12 derniers mois. Merci aux visiteurs.

*  Saviez-vous que de son vivant, Nietzsche n’a même pas vendu 100 livres? (Clin d’œil à mon ami Pascal Jouxtel.)

* Un court texte de « Fragments » de Démocrite  s’ajoute ce mois-ci ainsi que deux extraits audio : Sénèque « La vie heureuse » , publié chez les Éditions Frémeaux et Associés et Sartre « L’enfer c’est les autres » , extrait du CD audio de la pièce « Huis clos » publié chez Gallimard.

* Le Dr. Oscar Brenifier sera de retour à Montréal au début juin. Il nous offre gracieusement une journée d’introduction de « Formation à la consultation philosophique » samedi le 4 juin, de 14h00 à 20h00 en quatre étapes :

1.     Présentations des antinomies et leur utilité pratique dans le travail de pratique philosophique.

2.     Discussion

3.     Atelier collectif

4.     Exercices de questionnement individuels

 

En guise de préparation, je vous suggère de lire les deux pages suivantes :

http://alcofrib.club.fr/artmois/artmois_consult1.htm

http://alcofrib.club.fr/artmois/artmois_consult2.htm

 

La journée se tiendra à la faculté de philosophie de l’UQÀM au 455e René-Lévesque Ouest local W-5215.

*  Vos appréciations, même négatives, sont toujours les bienvenues. Stéphanie nous fait part de la sienne qui n’a rien de flatteur. Jugez par vous-mêmes : Je n'ai jamais parcouru, sur le Net un site d'une telle prétention?

 

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2 S U J E T   D U   M O I S   :

PARADOXES FÉMINISTES

Que l’on soit féministe militant(e) cherchant à affermir cette vision du monde ou masculiste naissant désirant articuler une critique bien fondée, ne devrait-on pas savoir de quoi se compose cette philosophie? Voici un inventaire des Paradoxe féministes qui brosse le tableau des principales contradictions dans lesquelles naviguent les féministes. Celui-ci est inspiré de la lecture du livre Femmes et fières de l’être (voir plus bas). Le plus génial dans ce mouvement, c’est que malgré des prises de positions aussi contradictoires à l’intérieur de ses propres troupes, il soit arrivé à prendre une telle force. Les masculistes feraient bien de s’en inspirer. Je le recommande tout particulièrement à M. Michel Thibeault qui nous amène à la triste constatation suivante : Messieurs, nous sommes en guerre.

 

Si vous être prêt à pousser votre réflexion encore plus en profondeur, je vous recommande tout particulièrement de lire le texte « Les Démons » de l’écrivain Philippe Murray qui nous expose avec génie la monstruosité du communautarisme, et comment Le mariage est transformé par ses célibataires mêmes. (Merci à Raymond Thériault de m’avoir déniché ce brillant essayiste.) Dans la même veine, je vous propose une Petite leçon de manichéisme.

 

La force des féministes, tient dans un surprenant paradoxe : arriver à convaincre une majorité d’hommes et de femmes de la légitimité de leur combat malgré ses évidentes incohérences. Les chefs d’état belliqueux n’ont-ils pas tous ce réflexe? Ces féministes sont le ressort du mouvement masculiste et semblent vouloir le pousser dans une logique de guerre inévitable. Le mois dernier, je fus pris dans la tourmente d’une manifestation où des féministes attaquent chez Serge Ferrand avec, écrit côte à côte sur leurs panneaux : « À mort les masculinistes » et « Le patriarcat tue tous les jours ». Peu importe la logique. Pour elles, le combat est en soi justifié. Je ne peux plus le nier maintenant, j’étais nez à nez avec elles (et eux).

 

Mais de l’autre côté de l’océan, Aline de Diéguez me rappelle avec sagesse qu’une femme libre n’est pas concernée par la lutte des sexes. Je voudrais pouvoir en dire autant. Comme Jean-Paul Sartre, j’affirme que la guerre est une ordure qui doit être refusée. Mais refusée quand on est en paix (tout faire pour l’éviter), non pas quand on est en guerre. Survient-elle, il faut s’y plonger, car […] elle est un mode de réalisation de l’existentiel[1]. Nous vivons au Québec cette guerre tous les jours dans nos rapports à l’autre sexe. Les participants de Belgique et de France au colloque Paroles d’hommes ont été surpris par cette découverte. Au Rwanda non plus on n’y croyait pas. Le taux de suicide des hommes québécois est effarant : l’équivalent de trois Boeing 747 pleins à craquer qui s’écraserait chaque année. Et le pire, c’est que nous acceptions de garder le silence là dessus. Mais Alain Thomas nous dit comment les féministes victimaires qui ont trouvé Comment réécrire l’Histoire se font bonne conscience.

 

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3 L E   P H I L O S O P H E   D U   M O I S   :

Érasme

 Quand j’étais en troisième année (en 1963) on nous avait donné un petit manuel de bienséance dans lequel nous apprenions tous les comportements d’usage pour être des enfants « bien élevés », disait-on à l’époque. On y apprenait comment se présenter, quoi dire en répondant au téléphone, comment se tenir à table, etc. Bref, ce manuel nous enseignait l’attitude nécessaire et la prédisposition sociale adéquate dans nos rapports avec les autres. Érasme était un pédagogue, dirait-on aujourd’hui. Il avait écrit en 1530 un petit livre intitulé « Savoir-vivre à l’usage des enfants ». Je vous invite à lire cet extrait qui traite de la rencontre avec les autres. Nous vivons actuellement une époque de flottement en ce qui concerne l’éducation à donner aux enfants. Bientôt, l’instruction religieuse aura complètement disparue des programmes scolaires. La mode psychanalytique a pris tellement d’importance que nous avons dirigé toute notre attention sur les « erreurs à ne pas faire » avec les enfants pour ne pas les « brimer ». Dieu est le dernier accessoire de brimade qui reste encore à éliminer. Érasme pensait que l’enfant devait être dirigé par un tuteur tout comme l’arbre en a besoin d’un pour grandir droit. Mais comment un parent peut-il savoir élever correctement ses enfants si, petit, il a été élevé par des parents qui vivaient dans la crainte de le brimer? La lecture d’Érasme nous rappelle qu’il fut un temps où l’être humain devait s’élever dans une échelle sociale hiérarchique partant du plus humble jusqu’à Dieu. Aujourd’hui, ce n’est pas pour autant que ce sentiment soit disparu. Qui ne cherche à s’élever socialement d’une manière ou d’une autre? Qui n’est pas sensible à la reconnaissance de sa valeur par ses pairs? Mais quels outils remplaceront les anciens pour y parvenir?

Avec Érasme, nous entrons dans la Renaissance. Une ère nouvelle passionnante se prépare pour la philosophie.

 

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4 – L E S   Q U E S T I O N S   P H I L O S O P H I Q U E S

Dans la série Quels sont les problèmes philosophiques essentiels? Ce mois-ci, nous allons aborder la 6e question : Les questions sur l’art. Qu’est-ce que le Beau? Est-il universel ou relatif? Expression de son temps ou dialogue avec l’éternel? Debout devant un paysage sublime, demandez-vous pourquoi vous le voyez ainsi. La beauté n’est-elle qu’une vision intérieure? Réfléchissez à cette question en compagnie de quelques philosophes et écrivez-moi.

 

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5 – Q U E L Q U E S   L I V R E S   R E M A R Q U A B L E S

Ce mois-ci, les paradoxes féministes sont à l’honneur. Voici quelques livres remarquables qui savent les mettre en valeur.

 

 

Femmes et fières de l’être, Bosio-Valici et Zancarini-Fournel

            Ce titre semble avoir été emprunté au livre du psychologue Yvon Dallaire, Homme et fier de l’être. Mais si ce dernier s’est évertué à défendre la cause des hommes pour dire qu’il n’y a aucune honte à être un homme, Bosio-Valici et Zancarini-Fournel ont plutôt essayé de démontrer que les femmes sont maintenant émancipées. Faits saillants chronologiques du féminisme au XXe siècle, figures et mythes, la femme est gagnante et fière de ses gains. Cependant, et c’est là tout le mérite de l’honnêteté des auteures, la troisième partie de ce livre présente les bilans et débats. Les revendications féministes sont loin de faire l’unanimité parmi les femmes. Les différentialistes s’opposent au universalistes. La prostitution est elle un honnête travail ou de l’esclavage? Les enfants ont-ils un droit inaliénable à deux parents : père et mère? Les gains des féministes sont loin de présenter la société idéale promise. Il semble plutôt qu’en voulant devenir l’égale de l’homme, la féministe ait ouvert une boîte de Pandore qui n’en finit plus de produire les innombrables écueils de cette entreprise. (Cliquer ici pour lire l’extrait.)

 

 

 XXX 30 Porn-Star Portraits, Timothy Greenfield-Sanders

Éditions Bulfinch Press  © 2004

Deux filles vertueuses ayant mal tourné, Nancy Friday s’entretient avec Nina Hartley

Est-il possible d’être actrice porno et féministe ? OUI, très certainement nous répond Nina Hartley. Elle a trouvé dans son métier le moyen de se réaliser pleinement. En fait, le féminisme donne les moyens de s’émanciper à toutes les femmes quelle que soit leur prise de position dans les paradoxes féministes. C’est peut-être ce qui fait sa force. Dans l’ordre de priorité du féminisme, ni la logique ni la morale ne prime. Le pluralisme est de mise, pourvu que la femme en sorte gagnante en tant que femme émancipée d’un système de droit « créé par l’homme ». Ce qui renforce ce paradoxe, c’est qu’on se prend de sympathie, même sans le vouloir, pour Nina Hartley. Dans son monde, il n’y a que pureté, franchise, altruisme et amour des hommes : étonnant! (Cliquer ici pour lire l’article.)

 

 

Manifeste d’un salaud, Roch Côté

Éditions du Portique  © 1990

Ce livre me semble signer l’acte de naissance du masculisme. Depuis 20 ans, les féministes cassaient du sucre sur le dos des hommes et Roch Côté a eu le courage de se lever seul et de crier haut et fort : Ça va faire ! En fait, elles avaient été trop loin, beaucoup trop loin. Après l’acte de folie de Marc Lépine à la Polytechnique, les féministes n’avaient cesse d’avancer des thèses qui démontraient qu’en chaque homme dort un Marc Lépine. Cette thèse est d’ailleurs rentrée dans les mœurs au Québec à un tel point qu’il suffit d’une seule déclaration d’une femme pour faire arrêter n’importe quel homme sans preuve. Ici, la présomption d’innocence n’a plus cours dans les faits pour un homme qui est accusé par une femme. On parle sans cesse de la violence masculine, le moindre fait divers impliquant un homme est présenté sous cette grille d’analyse. Des statistiques effrayantes circulent encore, même s’il est très rare qu’on soit témoin d’une telle violence. (Je n’ai pour ma part jamais vu un homme battre une femme ailleurs qu’au cinéma. Et vous ?) Roch Côté nous fait une analyse saisissante de cette paranoïa collective. Et du coup, les chiffres s’effondrent et démontrent que les femmes risquent moins d’être violentées par les hommes que les hommes eux-mêmes et que le Québec a le taux de violence le plus bas du Canada.   (Cliquer ici pour lire l’extrait.)

 

 

Les Guérillères, Monique Wittig

Éditions de Minuit  © 1969

La guerre des sexes n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, c’est la forme qu’elle prend aujourd’hui. Le contentieux actuel tourne le plus souvent autour de la famille. La femme s’octroie un pouvoir sur celle-ci sans tenir compte de l’homme, ou en en tenant compte le moins possible. En 1969, pour Monique Wittig, cette guerre consiste davantage à échapper à la destinée tracée par une société où l’homme et la femme doivent se constituer en couple, amoureux ou non, et fonder une famille. La famille est alors le pilier de la société. Monique Wittig oppose à ce modèle le féminisme lesbien. C’est un modèle où la femme doit échapper à cet ordre en premier lieu par l’expression de sa sexualité. La guerre n’est pas tant de combattre les hommes que de les ignorer pour chacun de tous les aspects de la vie. Cette idéologie a ceci de particulier qu’elle évacue l’homme de l’existence de la femme. Pour ce féminisme radical, les hommes n’existent tout simplement pas. Ils se sentent provoqués d’être complètement ignorés de ces femmes impossibles à approcher. Chaque page de ce livre est une ode à la femme en tant que femme. Elle y célèbre le corps féminin sous toutes ses coutures. Wittig pousse le narcissisme à une limite encore jamais explorée et dresse le portrait d’une organisation sociale qui donne aux hommes un rôle pire que la femme n’en a jamais eu sous le patriarcat protecteur. En voici un extrait :

             « Une d’elles raconte l’histoire de Vlasta. Elle dit comment, sous l’impulsion de Vlasta, s’est créé le premier État des femmes. Par vingtaines de milliers les jeunes femmes de Bohème ont rejoint Vlasta et ses troupes. Les forteresses carpathiennes sont vues sur le haut des monts avec leurs murs de grès roses. Dans leurs cours, après les exercices d’armes assemblées, elles composent des chants et inventent des jeux. Une autre d’entre elles rappelle que dans l’État des femmes les hommes n’ont été tolérés que pour les besognes serviles et qu’il leur a été interdit sous peine de mort de porter les armes ou de monter à cheval. Aux ambassadeurs de Bohème venus en grande colère leur enjoindre de se soumettre, elles font la nique et les pieds de nez et les renvoient, émasculés. Plus tard elles mettent en déroute des troupes nombreuses et entrent dans une longue guerre au cours de laquelle les guerrières de Vlasta ont appris à toutes les paysannes qui se sont jointes à elles le maniement des armes. » (p.164-165)

 

 

Échecs et Mâles,