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J'écris de Dieu
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J'écris de Dieu ; je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages.
Si ces Pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables, si elles plaisent à tout le monde.
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IX.
Si ma raison vient d'en haut, c'est la voix du ciel qui me parle par elle ; il faut que je l'écoute.
X.
Le mérite et le démérite ne peuvent s'appliquer à l'usage de la raison, parce que toute la bonne volonté du monde ne peut servir à un aveugle pour discerner des couleurs.
Je suis forcé d'apercevoir l'évidence où elle est, et le défaut d'évidence où l'évidence n'est pas, à moins que je ne sois un imbécile ; or l'imbécillité est un malheur
et non pas un vice.
XI.
L'auteur de la nature, qui ne me récompensera pas pour avoir été un homme d'esprit, ne me damnera pas pour avoir été un sot.
XII.
Et il ne te damnera pas même pour avoir été un méchant. Quoi donc ! N'as-tu pas déjà été assez malheureux d'avoir été méchant ?
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