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L'Âme
Le corps n'est pas distinct de l'âme. Nous ne sommes pas habités par une entité autonome qui tire les ficelles.
Nous sommes l'âme et le corps. Le seul fait d'être vivants nous anime. Sans le corps, l'âme n'existe pas ; elle n'a pas de consistance indépendante.
L'âme se manifeste aussitôt que le corps est matériellement constitué de toutes ses fonctions vitales. Elle s'éteint avec les fonctions vitales comme le feu s'évanouit sans le
combustible.
L'Univers
Il n'y a ni début ni fin déterminés.
Nous ne sommes pas les acteurs d'une pièce écrite d'avance par la divinité, mais des agrégats passagers comme la grappe d'abeilles
qui se forme pour constituer la ruche.
Ce que nous appelons une personne ou une fleur n'est qu'un assemblage temporaire dans un océan de molécules.
L'homme surgit et s'évanouit dans le flux de la vie matérielle qui se renouvelle sans cesse.
La Morale
La nature nous a donné la sensibilité pour rechercher le plaisir et fuir ce qui est désagréable.
Une action n'est pas louable parce qu'elle obéit à un commandement divin, mais parce qu'elle contribue au bonheur du plus grand nombre.
La vertu consiste à concilier mon plaisir personnel avec l'intérêt de la société.
La morale ne consiste pas à lutter contre nos désirs, mais à pratiquer l'art de les accorder avec le bonheur des autres.
Le vice n'est pas un péché contre le ciel, c'est un préjudice causé à la société.
La Raison
Qu'il s'agisse de religion, de tradition, de loi ou de la monarchie, rien ne doit échapper à l'examen de la raison, seule autorité légitime.
Il faut réfuter l'obscurantisme et les "vérités" imposées par la force ou la peur. Si le pouvoir s'y refuse, c'est qu'il est suspect.
On ne doit plus croire par soumission ou par habitude, mais par conviction personnelle après avoir analysé et soupesé les arguments à la lumière de
la raison qui est le seul juge devant lequel un homme libre doit s'incliner.
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