1.
Logique :
La vie a-t-elle un sens?
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2.
Anthropologique : Qu'est-ce que l'homme?
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Panorama
de quelques grandes conceptions de l'homme
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3.
Métaphysique : Que puis-je savoir?
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4.
Éthique et politique : Que dois-je faire?
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5.
Dogmatique : Que puis-je espérer?
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6.
Esthétique : Les questions sur l'art
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7.
Ontologique : Qu'est-ce que l'être?
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* * *
« Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l'esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux ; il faut d'abord répondre. Et s'il est vrai, comme le veut Nietzsche, qu'un philosophe, pour être estimable, doive prêcher d'exemple, on saisit l'importance de cette réponse, puisqu'elle va précéder le geste définitif. Ce sont là des évidences sensibles au cœur, mais qu'il faut approfondir pour les rendre claires à l'esprit.
Si je me demande à quoi juger que telle question est plus pressante que telle autre, je réponds que c'est aux actions qu'elle engage. Je n'ai jamais vu personne mourir pour l'argument ontologique. Galilée, qui tenait une vérité scientifique d'importance, l'abjura le plus aisément du monde dès qu'elle mit sa vie en péril. Dans un certain sens, il fit bien. Cette vérité ne valait pas le bûcher. Qui de la Terre ou du Soleil tourne autour de l'autre, cela est profondément indifférent. Pour tout dire, c'est une question futile. En revanche, je vois que beaucoup de gens meurent parce qu'ils estiment que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue. J'en vois d'autres qui se font paradoxalement tuer pour les idées ou les illusions qui leur donnent une raison de vivre (ce qu'on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir). Je juge donc que le sens de la vie est la plus pressante des questions. »
Albert Camus, Le mythe de Sisyphe
Qui suis-je?
(Descartes)
La réponse à cette question, et à
l'exhortation philosophique « Connais-toi toi-même », présuppose
celle évoquée plus loin : « Puis-je me connaître moi-même?
»
« Mais je ne connais pas encore assez clairement ce que je suis, moi qui suis certain que je suis ; de sorte que désormais il faut que je prenne soigneusement garde de ne pas prendre imprudemment quelque autre chose pour moi » (René Descartes, Deuxième méditation métaphysique, paragraphe 5)
Ai-je une âme?
(spiritualisme), ou ma pensée émane-t-elle de la matière et de la vie
(matérialisme)? (Platon,
Démocrite)
Suis-je essentiellement
une conscience (Descartes),
ou ai-je un inconscient (Freud)?
Qu'est-ce que ma
pensée? Pouvons-nous penser sans les mots?
Faut-il opposer notre
esprit et notre corps (spiritualisme de Socrate, Platon, Descartes)?
Pouvons-nous maîtriser
nos désirs (c'est le vœu du rationalisme)? (Épicure,
Épictète,
Descartes)
L'essence de l'homme
est-elle le désir (Freud),
ou le travail (Marx)?
Nos besoins sont-ils
naturels (pour certains, oui, comme pour Épicure et Rousseau), plus
psychologiques que biologiques (Freud), sociaux (Marx)?
L'homme est-il un
animal social (Aristote)?
Notre enfance est-elle
le temps de l'erreur (Descartes), de
l'innocence (Rousseau),
de la « perversité » (Freud)?
L'histoire humaine
a-t-elle un sens (Hegel,
Marx, Teilhard
de Chardin)?
Suis-je libre (Descartes,
Sartre) ou
déterminé (psychologiquement : Freud ;
socio-économiquement : Marx)?
L'homme est-il créé
par les rapports sociaux (Marx et les
sociologues) ou créateur de ses rapports (Sartre)?
L'homme est-il aliéné
par la technique (Heidegger)?
Panorama
de quelques grandes conceptions de l'homme
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Ma conscience est-elle
transparente (Descartes)
ou opaque à elle-même (Freud, à cause de
l'inconscient)?
Mon esprit est-il plus
aisé à connaître que mon corps (Descartes) ou
non (Nietzsche)?
Peut-on expliquer
l'homme, ou seulement le comprendre (Dilthey)?
Le regard de l'homme
sur lui-même peut-il être ou non scientifique? (Les
naturalistes)
Les sciences humaines
peuvent-elles être des sciences exactes? (Comte,
Dilthey)
En quel sens peut-on
dire que l'histoire est une science? (Hegel,
Marx)
À partir de moi, ou en
sortant de moi? (Sartre,
Marcel)
Par la parole ou le
silence? (Gorgias,
les
sophistes,
Wittgenstein,
Levinas)
Le langage est-il
instrument de communication? (Saussure,
Wittgenstein,
McLuhan)
Sommes-nous certain ou
non (Berkeley)
d'une réalité matérielle extérieure?
Comment les théories
scientifiques s'articulent-elles avec l'expérience? (Bacon)
Peut-on expliquer le
vivant mécaniquement (Descartes),
par une « âme » (Aristote), par
un élan spécifique (Bergson)?
Peut-on atteindre la
vérité? Est-elle une ou plurielle? Absolue ou relative (Protagoras)?
Pouvons-nous connaître
le fond des choses (Platon,
Descartes, Spinoza) ou
seulement le monde à travers les catégories de notre entendement (Kant), les
relations entre les phénomènes ― leurs lois ― (Comte)?
Les mots disent-ils
l'essence des choses? (Wittgenstein)
L'opinion est-elle
ignorance (Kant,
Bachelard),
ou degré plus ou moins probable du savoir (Leibniz)?
La vérité se
reconnaît-elle à l'évidence (Descartes, Spinoza), à la
vérification (James),
à la pertinence de l'interprétation (Freud, Ricœur)?
Le corps fait-il
obstacle à la connaissance (rationalisme / spiritualiste)? (Platon,
Épicure)
Nos idées sont-elles
innées dans notre entendement (Platon, Descartes, Leibniz), ou
viennent-elles de l'expérience par nos sens (empirisme d'Aristote, Locke, Condillac)?
Le temps et l'espace
sont-ils en nous (Kant)
ou dans la nature (Aristote)?
La science doit-elle
rompre avec l'opinion commune (Bachelard)?
Les mathématiques
doivent-elles être l'idéal de toute science (Descartes),
leur servante (Bacon), ou un simple langage (nominalisme)?
On peut aussi se
demander : « Pourquoi voulons-nous savoir? Pour nous rassurer (Épicure, Freud)? Pour
pouvoir agir (Bacon, Descartes, Comte)?
[
« Pourquoi voulons-nous savoir? », c'est la question ultime !!!
, c'est
comme l'affiche sur laquelle on écrit « Il est interdit
d'afficher », la boucle sans fin ]
Qu'est-ce que le Bien?
(Platon)
Est-il affaire de
désir (Aristote),
de cœur (Pascal,
Rousseau) ou
de raison (Descartes,
Kant)?
Dois-je rechercher le
plaisir (Épicure),
ou la vertu (Épictète)?
Faut-il lutter contre
le luxe (Épicure,
Rousseau) ou
non (Montesquieu)?
Faut-il maîtriser son
imagination (Épictète, Descartes) ou
la développer (Nietzsche)?
La passion est-elle
dangereuse (rationalisme) ou choix de vie (Nietzsche)?
Les relations
sexuelles sont-elles en soi bestiales (Kant) ou non (Freud)?
Faut-il plutôt vaincre
ses désirs (Stoïciens, Descartes), ou
l'ordre du monde (Marx)?
Autrui est-il pour moi
un moyen (Sade, Machiavel)
ou doit-il être une fin (Kant, le
personnalisme)?
Suis-je responsable
d'autrui (Lévinas),
ou est-il mon ennemi (Hegel, Sartre)?
Ma liberté est-elle
source de responsabilité ou/et de culpabilité? (Levinas,
Foucault)
Le droit est-il
naturel (Spinoza)
ou conventionnel (Rousseau,
Marx)?
Les lois sont-elles
nécessaires? (Montesquieu)
La politique est-elle
la science du bien commun (Aristote), au
service de la morale (Kant),
ou l'art de réussir (Machiavel)?
Comment fonder les
droits de l'homme et du citoyen? Sont-ils transcendants (Révolutionnaires de
1789) ou formels (La démocratie bourgeoise de Marx)?
Qu'est-ce que le
juste? (Socrate)
La démocratie est-elle
le meilleur régime politique? (Tocqueville)
L'État trouve-t-il son
fondement dans Dieu (Bossuet), la force (Hobbes), ou le
peuple (Rousseau)?
Quelle place l'État
doit-il laisser à la liberté individuelle? (Foucault)
Comment faire la paix
entre États? (Machiavel)
Faut-il se révolter
contre un pouvoir injuste (Marx)?
Dieu existe-t-il?
(Thomas
d'Aquin,
Descartes,
Feuerbach,
Nietzsche)
(voir les
Types de formulation
envisageables
)
Avons-nous une âme?
Est-elle immortelle?
« J'ai toujours estimé que ces deux questions de Dieu et de l'âme étaient les principales de celles qui doivent plutôt être démontrées par les raisons de la Philosophie que de la théologie, car [...] il ne semble pas possible de pouvoir jamais persuader aux Infidèles aucune Religion, ni quasi même aucune vertu morale, si on ne leur prouve ces deux choses par raison naturelle. »
(René Descartes, Épître des méditations métaphysiques, paragraphe 1)
Pourquoi mourir?
Faut-il craindre la mort (Non : Épicure)?
Est-elle libératrice du corps (Socrate)?
La croyance est-elle
force (Pascal,
Kierkegaard),
ou faiblesse de l'esprit (Freud, Nietzsche, Marx)?
La raison fait-elle
disparaître la croyance (rationalisme matérialiste), ou la fonde-t-elle (Descartes, Kant)?
Qu'est-ce que le Beau?
Est-il universel (Platon, Kant) ou relatif?
Expression de son
temps (Marx) ou
dialogue avec l'éternel?
Imitation (Platon) ou
reconstruction du réel?
Travail technique (Alain) ou
manifestation de l'inconscient (Freud)?
Qu'est-ce que l'être?
(Heidegger)
Puis-je
exister sans les autres? (Sartre)
Suis-je
ma conscience? (Freud)
Pourquoi
y a-t-il quelque chose plutôt que rien? (Leibniz)
Les
phénomènes non perçus existent-ils? (Berkeley)
[1] Extrait de Michel Tozzi, Penser par soi-même, Éditions de la Chronique Sociale © 1996 (exercice 14, pages 64 à 69)
[2] L'anthropologie est la connaissance, le discours rationnel que l'on peut tenir sur l'homme.
[3] La métaphysique, pour Kant, est l'ensemble des connaissances que l'on peut tirer de la seule Raison.
[4] Examen critique des facultés de l'esprit humain à connaître la réalité au sens large (d'après le Dictionnaire philosophique de Lalande).
[5] Étude critique des principes, des hypothèses et des résultats des diverses sciences (d'après le Dictionnaire philosophique de Lalande).
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