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Le sentiment est l'analogue de ma raison : il est le guide qui me permet de percevoir la richesse infinie du monde que le concept abstrait est incapable de rendre.
L'esthétique est la science souveraine qui décode la perfection de nos sens.
Là où la logique pure s'arrête, l'esthétique commence : elle transforme le tumulte de nos perceptions en une clarté nouvelle,
prouvant que la beauté n'est pas un désordre, mais la vérité suprême saisie par votre faculté sensible.
Les choses sensibles sont connues par la science esthétique, laquelle se fonde sur
la sensibilité, l'imagination, la mémoire, la créativité, le jugement et la faculté de désigner.
Telles sont les facultés de connaissance inférieures (choses sensibles),
par opposition aux connaissances supérieures (choses intelligibles).
La beauté se détecte par l'harmonie qui s'observe
1.
dans l'accord des pensées entre elles, leur unité ;
2.
dans l'accord de l'ordre, de l'agencement ;
3.
dans l'accord des signes entre eux.
L'esthétique est essentiellement la pratique du bonheur.
L'esthéticien heureux est avant tout doué
de perception,
d'imagination,
de grâce,
de créativité,
de finesse,
de discernement,
d'harmonie,
de mémoire,
d'élégance,
de goût,
de prévision,
de divination,
de communication
et de raison,
possédant ainsi en lui l'assemblage rare des vertus nécessaires à l'éveil de la beauté.
L'esthéticien heureux doit exercer ses talents dans un cycle régulier d'improvisation, d'imitation, de répétition et d'évaluation de l'art auquel il se consacre.
L'esthéticien heureux est aussi un communicateur qui cherche à répandre sa pratique par l'enseignement de sa doctrine. Il ne se passe pas un jour où il s'exerce sans relâche.
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