Passages choisis 980320

Diverses façons de concevoir Dieu

par Larousse, Hachette, etc.

1. Théisme 

2. Panthéisme 

3. Déisme 

4. Polythéisme 

5. Syncrétisme 

6. Athéisme 

7. Animisme 

8. Agnosticisme 

* * *

1. Théisme

 

Croyance en un Dieu personnel et vivant.

Le théisme pense pouvoir déterminer la nature de Dieu, lui attribue un certain nombre de qualités (bon, puissant, créateur du monde, etc.), enfin se le représente dans des symboles religieux. Le théisme s'oppose à l'athéisme et souvent au panthéisme. Le théisme est la religion du commun des hommes. [1] (Ex.: religion Catholique)

2. Panthéisme

Doctrine d'après laquelle tout est en Dieu ; en particulier, doctrine où Dieu est identifié au monde.

Conception de la divinité évoquant une force impersonnelle présente partout dans le monde et en nous (Stoïciens, Spinoza, Hegel). Le romantisme philosophique de la fin du 18è siècle et du début du 19è siècle en Allemagne (Novalis, Schlegel, Jacobi, Schelling et toute la philosophie de la nature) a été profondément inspiré du panthéisme. La théologie chrétienne a curieusement identifié le panthéisme avec l'athéisme, parce qu'il récuse l'idée d'un Dieu personnel. [2]

3. Déisme

1. Qui croit en Dieu, mais qui se refuse à en dire quoi que ce soit. [3]

2. Opinion, croyance de ceux qui admettent l'existence d'un être suprême mais qui refusent de lui appliquer toute détermination précise et rejettent la révélation, les dogmes et les pratiques religieuses. [4]

3. Croyance en l'existence de Dieu, mais sans référence à une révélation [5]

4. Dieu a créé le monde parfait mais ensuite il n'y intervient plus. (Voltaire) [6]

4. Polythéisme

Doctrine ou religion qui admet l'existence de plusieurs dieux. [7] [Ex.: dans l'Antiquité grecque]

5. Syncrétisme

Système philosophique ou religieux qui tend à fondre plusieurs doctrines différentes. [8] [Ex.: la foi Bahá'í]

6. Athéisme

Doctrine ou attitude qui consiste à nier toute représentation d'un Dieu personnel et vivant.

      En ce sens précis, le déisme, qui refuse toute représentation de Dieu, est un athéisme, ainsi que le panthéisme, qui identifie Dieu à la nature (Spinoza). Tel est le sens de l'athéisme dans la langue classique.

      Aujourd'hui, la notion d'athéisme désigne la doctrine ou l'attitude qui consiste à nier l'existence de Dieu, quel qu'il soit. Cette négation n'est pas toujours explicite ; ( il y a des gens, dit Nietzsche, qui ne se sont jamais souciés de l'existence ou de la non-existence de Dieu, leur premier et unique souci étant celui des affaires humaines, de la situation de l'homme et de sa destination.)

Feuerbach et Marx ont fait la théorie moderne de l'athéisme : toute croyance en Dieu est une « aliénation », une fuite devant la réalité, devant le problème fondamental, qui n'est pas celui de l'existence de Dieu, mais de l'avenir de l'homme. Quand Marx disait que « la religion est l'opium des peuples », il entendait que l'ouvrier aliéné dans son travail et vivant sans espoir de jamais accéder à une condition meilleure en ce monde, se laisse bercer par l'idée d'un « autre monde » meilleur où il aura sa juste place, alors que, selon Marx, son salut est ici bas : la conscience révolutionnaire doit se substituer à la conscience religieuse, et l'idée d'une transformation du monde et des hommes doit descendre en lui : il doit comprendre que le ciel n'est pas « au-delà », qu'il appartient, au contraire, aux hommes de le réaliser sur la terre en faisant régner la justice sociale et une société conforme à la morale. Bref, l'athéisme n'exclut pas les vertus morales propres à l'humanisme ; il récuse seulement l'intervention d'une divine Providence dans les affaires du monde et ne compte que sur le courage, le travail et la volonté des hommes. [9]

7. Animisme

1. Religion, croyance qui attribue une âme aux animaux, aux phénomènes et aux objets naturels. [10]

2. Système qui considère chaque chose comme animée.

C'est une explication naturelle à l'homme d'attribuer une intention à chaque événement. D'où les notions primitives d' « esprits » bons ou mauvais, de « sorts », de « mana », etc., qu'il faut conjurer ou appeler par des prières, des sacrifices, des offrandes, dont les rites varient selon les sociétés. Cet animisme aboutit à la sorcellerie, à la magie (dont l'objet est de dominer ou de détourner ces forces mystérieuses). Par un processus de personnification, il donne naissance au « fétichisme », puis aux diverses religions, en passant par le « polythéisme ». L'animisme identifie le principe de la pensée et celui de la vie organique (théorie psychologique de Stahl [1660-1734]). [11]

8. Agnosticisme

1. Doctrine ou attitude philosophique tenant à priori pour vaine toute métaphysique et déclarant que l'absolu est inconnaissable pour l'esprit humain. [12]

2. Doctrine ou attitude philosophique qui déclare l'absolu inaccessible à l'esprit humain.

      Expression générale d'un esprit positif en matière d'expérience, sceptique en matière religieuse et métaphysique (Kant, A. Compte). L'agnostique s'oppose aussi bien au « gnostique » (qui exalte la croyance irrationnelle) qu'au « dogmatique » (qui affirme la vérité absolue de ses raisonnements rationnels). [13]

 Dans sa philosophie critique de la religion, Hume veut découvrir la constitution des différentes représentations historiques de Dieu et interroger leur consistance. La religion ne représente pas pour lui un phénomène d'origine transcendante, mais un produit de l'esprit humain.

L'origine de la religion réside dans des données psychologiques, spécialement la crainte et l'espoir, qui proviennent de la conscience de la faiblesse et de la fragilité de l'existence.

À l'origine, toutes les religions sont polythéistes. L'homme a tendance à attribuer aux choses et aux autres êtres vivants des propriétés qu'il observe sur lui-même. Ainsi il voit, à l'œuvre dans la nature, des puissances qui lui sont semblables mais essentiellement supérieures, et il les divinise.

Le passage au monothéisme ne s'effectue pas, au départ, pour des raisons rationnelles mais par besoin de valoriser, plus que les autres, une divinité particulière dont on se sent spécialement dépendant, afin d'obtenir un accroissement de sa protection.

Le monothéisme est toujours accompagné d'un renforcement de l'intolérance.

Au cours du temps, le concept de Dieu devient plus abstrait et plus rationnel, et dépasse ainsi la capacité de compréhension du plus grand nombre, ce qui entraîne un regain de superstition[14]

Dans le dernier chapitre de la dialectique, Kant traite de l'idéal de la raison pure, c'est-à-dire Dieu. Au centre de l'exposé se trouvent trois preuves de l'existence de Dieu :

— l'ontologique, à partir de l'idée de Dieu ;

— la cosmologique, à partir de la nécessité d'un être suprême pour

     l'explication de toute existence ;

— La physico-théologique, à partir de la finalité du monde rapporté

     son créateur.

Kant les réfute en démontrant que toutes les trois confondent les objets nouménaux et phénoménaux, et qu'elles ne peuvent jamais se fonder sur une expérience. L'être suprême est tout aussi indémontrable qu'irréfutable.

            « mais il est toutefois un idéal exempt de défauts, un concept qui termine et couronne toute connaissance humaine ». [15]


[1] Didier Julia, Dictionnaire de la Philosophie, RÉFÉRENCES Larousse © 1996, p. 279.

[2] Ibid. p. 202.

[3] Ibid. p. 279 (voir la définition de théisme).

[4] Dictionnaire Hachette encyclopédique 1997.

[5] Dictionnaire Le Petit Larousse 1990.

[6] Peter Kunzmann, Franz-Peter Burkard et Franz Wiedmann, Atlas de la Philosophie, Le Livre de Poche © 1993, p.103.

[7] Didier Julia, Dictionnaire de la Philosophie, RÉFÉRENCES Larousse © 1996, p. 221.

[8] Dictionnaire Larousse Lexis, 1979.

[9] Didier Julia, Dictionnaire de la Philosophie, RÉFÉRENCES Larousse © 1996, p. 21.

[10] Dictionnaire Le Petit Larousse 1996.

[11] Didier Julia, Dictionnaire de la Philosophie, RÉFÉRENCES Larousse © 1996, p. 17.

[12] Dictionnaire Hachette encyclopédique 1997.

[13] Didier Julia, Dictionnaire de la Philosophie, RÉFÉRENCES Larousse © 1996, p. 12.

[14] Peter Kunzmann, Franz-Peter Burkard et Franz Wiedmann, Atlas de la Philosophie, Le Livre de Poche © 1993, p. 127.

[15] Ibid. p. 141.


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