EMPIRISME 

Hume

17111776

Philosophe et historien écossais

 Investigation empirique

 Scepticisme, déterminisme

* EXPÉRIENCE *

 Toutes nos connaissances proviennent de l'expérience.

Dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les mêmes effets, mais la cause réside dans l'habitude du sujet et non dans l'objet. Rien ne garantit que le soleil se lèvera demain.

 La religion est un produit de l'esprit humain.

Le seul objet immédiat de notre expérience, ce sont nos contenus de conscience c'est-à-dire nos perceptions. Nous avons deux types de perceptions : 1. nos impressions et 2. nos idées. Il est impossible de se représenter ou de penser une chose qui n'ait été donnée auparavant dans la perception immédiate. La nécessité ne repose que sur l'habitude de constater dans l'expérience certaines répétitions constantes. La causalité dérive de l'expérience de successions répétées.

Les lois naturelles ne sont la cause d'aucun phénomène ; elles décrivent simplement a posteriori ce que l'on a coutume d'observer. La chaîne des causes est si complexe qu'aucune loi ne peut prédire avec certitude le déroulement des événements. Bien qu'en observant la boule de billard, nous puissions prévoir, par habitude, qu'au moment où elle touchera une autre boule, celle-ci sera propulsée, nous ne pouvons le prédire avec certitude puisque pendant le déroulement de l'événement, il peut se produire quelque chose d'inattendu. Les raisonnements par induction n'apportent que des probabilités par l'habitude de nos observations sur des cas particuliers. On pense que la fermière est bienveillante parce qu'elle nourrit chaque jour le poulet ; mais lorsqu'elle lui coupe le cou pour le cuisiner, notre jugement prend une tout autre dimension.

L'expérience maintes fois répétée d'ombre et de contraste nous fait croire
que A est plus sombre que B alors qu'ils sont strictement de la même teinte.

Puisque nous avons toujours observé que le soleil se lève chaque matin, nous pensons qu'il en sera ainsi demain. Mais il n'y a rien d'absurde à penser qu'il puisse en être autrement puisque l'esprit peut concevoir aussi bien l'un que l'autre. Lorsque les phénomènes se reproduisent régulièrement, notre raison, habituée à en faire l'expérience, leur attribue une nécessité logique. Mais il n'y a pas de lien nécessaire entre coutume et logique ; l'habitude peut être rompue sans enfreindre la logique.

La croyance dérive de l'expérience par accoutumance. Elle fonde la réalité. L'imagination est une opération de l'esprit sur les objets de l'expérience. On peut, par exemple s'imaginer la tête d'un homme avec le corps d'un cheval. L'imagination peut inventer les combinaisons les plus incroyables, mais il est impossible d'y croire puisque nous ne pouvons concevoir et croire que ce que nous avons déjà expérimenté. Telle est la différence entre fiction et croyance.

Dieu apparaît toujours comme un être anthropomorphe. Bien qu'on le déclare d'une nature infinie, ses attributs, autant physiques qu'intellectuels, se comparent toujours à ceux de l'humain : grandeur, bonté, intelligence, science, sagesse, etc. Le sentiment religieux se fonde sur l'expérience humaine. La crainte et l'espérance, la joie et la douleur, le sublime. Confronté à l'immensité et aux sentiments extrêmes, l'humain voit en Dieu un être dont la nature lui permet de retrouver l'essentiel de ses attentes démesurées et d'aspirer à ce qui semble hors de sa portée limitée.
« Les beaux modèles de religion ne sont que le produit de la philosophie. »

Sources

Philo5
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