Bienvenue au 82e

« Philo sans fumée »

d’avril 2007

Bonjour à tous!

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1.     NOUVELLES DE PHILO5

*      La nuit de la philosophie

*      La philosophie à Montréal

*      Un nouveau philosophe s’ajoute : Michel Foucault

*      Textes originaux de Camus, Merleau-Ponty, Dawkins et Levinas

*      Philo5 célèbre sa millionième visite

2.     SUJETS DU MOIS  : SE RÉCONCILIER AVEC SA PROPRE PAROLE

3.     PHILOSOPHE DU MOIS  : VICO

4.     LES NOTIONS ET LEURS RELATIONS  : LA RELATION AU SENS LARGE

5.     QUELQUES LIVRES REMARQUABLES  : L’ÉGLISE CATHOLIQUE, SOCRATE, IRSHAD MANJI, MICHEL PRUNEAU et DESCARTES

6.     MAGAZINE  : RELIGIONS, CHRÉTIENTÉ ET MÉDIAS.

7.     RIRE ET S’ATTENDRIR  : LE VISAGE DE DIEU ; QUESTION–RÉPONSES ; INFORMATION TV ;

8.     PENSÉES DU MOIS  : BERNARD DE CHARTES

9.     POUR LES NOUVEAUX PARTICIPANTS…  : Écrivez-moi vos réflexions…

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1 – N O U V E L L E S   D E   P H I L O 5

La nuit de la philosophie / 24 heures

 Pour la troisième année consécutive, l’UQÀM accueillait cet événement unique en Amérique où professionnels, étudiants et enthousiastes ont pu s’en donner à cœur joie dans 125 activités philosophiques tenues par plus de 215 participants. 6000 personnes se sont présentées à La nuit de la philosophie, dont 500 de 21 pays différents grâce aux visioconférences organisées par l’agence universitaire de la Francophonie. Philo5.com était fier d’y apporter sa contribution en exposant 125 philosophes. Merci à Madame Josiane Boulad-Ayoub pour son aimable parrainage, à Jean-François Landry et Sindy Brodeur, organisateur(trice)s bénévoles inestimables, et à Daniel Descheneaux et Guy Tétreault pour leur indéfectible support technique et philosophique.

 

 

La philosophie à Montréal

* LA PHILOSOPHIE À MONTRÉAL – PHILOSOPHY IN MONTREAL est un babillard administré par M. Julien Villeneuve où vous pouvez trouver rassemblés toutes les annonces d’événements se rapportant à la philosophie et qui se dérouleront à Montréal et les environs. C’est un site bilingue très actif, que je vous recommande d’ajouter à vos signets.

 

 

Un nouveau philosophe s’ajoute : Michel Foucault

 Michel Foucault nous a donné la notion de savoir-pouvoir . En même temps que Dieu s’est effacé, il est apparu une population croissante qu’il a fallu « normaliser ». L’humain est donc devenu sujet d’étude. S’il fallait jadis l’endoctriner dans une foi métaphysique pour le contrôler, il a désormais fallu l’étudier pour comprendre ses mécanismes et appliquer des normes sociales nous permettant de le dominer. Maladie, folie, délinquance, ignorance, besoin et désir, autant de catégories créées pour prendre le contrôle de l’être humain et s’assurer qu’il entre dans le domaine du « connu », donc, maîtrisable. Mais déjà, Foucault entrevoit la mort de l’humanité qui n’est désormais plus qu’un effet de discours et d’assujettissement disciplinaire si nous refusons de le considérer en homme libre, ni fou, ni malade, ni bandit, ni psychiatre ni médecin, ni gardien de prison mais mon frère, ton frère qu’il faut accepter dans sa différence sans hiérarchiser cette différence.

 

Textes originaux des philosophes

 Je vous offre ce mois-ci les textes fondateurs de la pensée de quatre philosophes

1.      Camus : L’absurde et la révolte . J’ai un faible pour Camus à cause de son honnêteté intellectuelle. C’est le premier philosophe qui a osé affronter le suicide avec une telle lucidité. Mais son originalité principale réside dans le fait qu’avec lui, est née l’idée d’un nihilisme éthique. Le bien et le mal provenaient traditionnellement de considérations religieuses. Nier Dieu, voulait dire « vivre dans le chaos », rejeter toute forme de morale. En essayant d’appliquer les philosophies de Nietzsche et de Hitler, la race humaine s’en était faite une cuisante démonstration. Avec une profonde réflexion d’une logique implacable et d’une humanité exemplaire, Camus a pourtant démontré que l’on pouvait faire l’économie de la foi sans rien sacrifier à l’éthique.

2.      Merleau-Ponty : L’homme est chair du monde . L’originalité de Merleau-Ponty peut être difficile à saisir si on ne tient pas compte du fait qu’il vivait à une époque des sciences et de la technologie triomphante. Pour un peu, on croyait pouvoir définir l’humain par nos seules connaissances scientifiques. Notre philosophe a démontré que « la science n'a pas et n'aura jamais le même sens d'être que le monde perçu pour la simple raison qu'elle en est une détermination ou une explication ». En clair, sa question pourrait se résumer ainsi : si l’humain explique le monde par sa science, comment « l’explicateur » pourrait-il être expliqué par son explication? Il nous faut donc autre chose pour sortir de cette aporie scientifique.

3.      Richard Dawkins : Les mèmes, nouveaux réplicateurs . Dawkins a redonné une forme de spiritualité au Darwinisme. En effet, il applique la théorie de la sélection naturelle aux idées. Il nous explique que, comme le gène est une entité biologique mue par le seul désir de se reproduire, de manière analogue, les idées sont des « mèmes » dont le seul but est un besoin égoïste de se multiplier comme nos chromosomes.

4.      Emmanuel Levinas : Visage de l’autre . Quoi de plus banal qu’un visage? On ne croirait pas pouvoir bâtir toute une philosophie sur ce seul mot. Lévinas en a pourtant fait un concept incontournable. Il n’y a qu’à penser à toute la difficulté que représente le seul exercice de regarder quiconque en plein visage. Quel malaise! Un visage exprime une telle nudité de l’âme qu’il incite à tuer, nous dit Levinas. Pourtant, c’est en même temps ce qui m’oblige envers l’Autre ; obligation sacrée, dusse-t-il m’en coûter la vie, ma vie c’est son affaire.

 

1 000 000 : Philo5 célèbre sa millionième visite

 Philo5 est né d’une question inspirée de Socrate : … à quelle source choisissez-vous d’alimenter votre esprit? Au fil des années, j’ai réalisé que si je me contentais d’enfiler les lectures comme on accumule les biens de consommation, il ne me resterait en bout de compte que de vagues souvenirs épars. Je me suis donc donné la prétentieuse mission de faire la promotion des philosophes et de la philosophie. Mais en fait, c’est le désir égoïste qu’il m’en reste quelque chose qui en est le principal moteur. Deux aspects m’ont semblé primordiaux : 1. Présenter la pensée originale des philosophes et grands penseurs occidentaux dans un langage accessible en leur donnant un visage familier. 2. Promouvoir la pratique philosophique au quotidien sous toutes ses formes. En ce mois d’avril 2007, le site dépasse le cap du 1 000 000 de visites en cinq ans. Mille mercis pour cet encouragement soutenu de ma pratique publique de la philosophie qui m’a aidé à ce qu’il reste quelque chose de mes lectures. Je me réjouis de savoir qu’elles profitent aussi à une multitude de personnes.

 

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2 S U J E T   D U   M O I S   : Oscar Brenifier, Se réconcilier avec sa propre parole

Un ami psychologue me disait un jour qu’il n’y avait pas de meilleur psychologue qu’un bon ami. Quand j’entre en relation, la première question est : quelle sont les dispositions de mon interlocuteur? Ami ou pas-ami? Nous avons appris la gentillesse. Nous nous attendons à la gentillesse. Mais la relation philosophique, à l’image de la relation marchande à laquelle nous sommes le plus accoutumée, doit-elle en être une de gentillesse?

Oscar Brenifier n’est pas gentil ; et le philosophe raterait sa cible s’il l’était. Il n’est pas paternaliste non plus ; il ne va pas vous guider avec les bons mots réconfortants que l’on attend généralement d’un père solide et supportant ou d’un psychothérapeute. Mais quelle est donc l’attitude du praticien philosophe? Comment Socrate s’y prenait-il? La pratique philosophique d’Oscar Brenifier se répand dans le monde sous la forme de la consultation philosophique. Quand il est venu au Québec, il a surpris. Pour la première fois, nous avons été confronté à notre propre parole. Il nous invite ici à une étonnante réflexion : Philosopher, c’est se réconcilier avec sa propre parole.

Mais avant de lire ce texte, je vous recommande de visionner cette consultation :

Consultation philosophique de Cyrille (VIDÉO 1h10)...

 

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3 L E   P H I L O S O P H E   D U   M O I S   :

Vico

 Vico nous a donné L’histoire idéale éternelle . Il nous a expliqué que le caractère des peuples suit un cycle qui passe successivement de brut à sévère, ensuite doux, puis raffiné et enfin dépravé. Et puis, le cycle recommence. À la réflexion, on se rend compte que chaque époque appelle la prochaine. Il se produit des erreurs pendant l’époque brute que l’on juge inacceptables, trop brutales. La sévérité semble alors plus appropriée. Mais déjà, l’époque sévère empêche la vie et appelle plus de douceur. L’époque douce conduit à des raffinements impossibles dans toute autre époque. Comme l’humain est un être d’erreur et d’excès, l’époque raffinée rend possible la dépravation qui ne sera redressée que par un nouveau cycle de rudesse rendu indispensable.

Si l’on s’inspire de Vico, on peut penser que toutes les époques vivent à la fois sur la planète. D’un pays à l’autre, on se situe dans des époques différentes. Avec mes « lunettes québécoises », je serais tenté de voir la Hollande comme un pays dépravé alors que le Canada est un doux pays comparé à l’Iran qui est certainement un pays sévère. L’Afghanistan est rude et la Chine est en passe de muter de la sévérité à la douceur. Le Japon est passé de la rudesse des années ‘40 à la sévérité des années ’50 et ‘60 à la douceur des années ‘80 pour être maintenant un pays raffiné. Ces cycles se succèdent plus ou moins rapidement et il est étonnant de les voir évoluer de décennies en décennies.

 

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4 – L E S   N O T I O N S   E T   L E U R S   R E L A T I O N S

Après avoir passé en revue tous les types de questions philosophiques possibles, nous abordons ce mois-ci les notions et leurs relations. Voyons la définition du dictionnaire :

 

Notion n. f. (latin, notio, connaissance)

1. Connaissance immédiate plus ou moins confuse. La notion du beau. N’avoir aucune notion du danger.

2. Concept, idée. « Les notions primitives sont comme des originaux sur le patron desquels nous formons toutes nos autres connaissances » (Descartes)

3. Connaissance élémentaire d’une langue, d’une science. Notion d’allemand, de géométrie.

(Hachette, Dictionnaire encyclopédique, © 1997)

 

On pense souvent que les notions relèvent de très savantes connaissances philosophiques, mais c’est tout le contraire. Une notion est une forme de compréhension plutôt vague, générale. Ce qu’il y a de beau dans une notion, c’est qu’elle n’est jamais finie, elle cherche toujours à être complétée, elle a l’humilité d’être en construction, en modification. Elle ne prétend pas tout savoir et elle a besoin d’être éclairée. Bref, la notion de quelque chose est tout à fait le matériau dont la philosophie a besoin pour travailler.

 

Commençons par la