XXe SIÈCLE

Foucault

1926 1984

Philosophe français

Post-structuralisme

Archéologie du savoir

Éthique de l'esthétisme

* SAVOIR-POUVOIR *

La prison est un modèle qui s'est généralisé aux écoles, usines, casernes et hôpitaux. La gouvernementalité structurale annonce la mort de l'homme. Il faut revenir à une éthique de l'esthétique et à l'acceptation des différences.

L'apparition de l'Homme comme objet du savoir est un phénomène récent qui a coïncidé avec l'évanouissement de la métaphysique. « Lorsque l'histoire naturelle devient biologie, lorsque l'analyse des richesses devient économie, lorsque surtout la réflexion sur le langage se fait philologie et que s'efface ce discours classique où l'être et la représentation trouvent leur lieu commun [...], l'homme apparaît avec sa position ambiguë d'objet pour un savoir et de sujet qui connaît [...] » [1]

Depuis le XVIe siècle, le pouvoir a pris la place dans tous les domaines de l'individualité pour normaliser l'être par la construction systématique d'une structure du savoir. Maladie, folie, délinquance, ignorance, besoin et désir ont vu se mettre en place une véritable machine d'investigation qui a créé un savoir et établi graduellement les institutions de normalisation sociale que sont l'hôpital, l'asile, la prison, l'école, l'usine et le dispositif de sexualité. Conçu comme l'instrument de la santé physique, de la santé mentale, de la correction, de l'éducation, de la production, le panoptisme (Big Brother vous regarde) a provoqué l'assujettissement mécanique de l'homme dans une relation fictive. Le corps malade, prisonnier, scolarisé, etc. est aussi un corps à qui on attribue une identité sexuelle par un dispositif de savoir-pouvoir.

« Par " gouvernementalité ", j'entends l'ensemble constitué par les institutions, les procédures, analyses et réflexions, les calculs et les tactiques qui permettent d'exercer cette forme bien spécifique, quoique très complexe de pouvoir qui a pour cible principale la population, pour forme majeure de savoir l'économie politique, pour instrument essentiel les dispositifs de sécurité. Deuxièmement, par " gouvernementalité ", j'entends la tendance, la ligne de force qui, dans tout l'Occident, n'a pas cessé de conduire, et depuis fort longtemps, vers la prééminence de ce type de "gouvernement" sur tous les autres : souveraineté, discipline, et qui a amené, d'une part, le développement de toute une série d'appareils spécifiques de gouvernement, et, d'autre part, le développement de toute une série de savoirs. » [2]

Après la mort de Dieu, assisterons nous à la mort de l'homme qui n'est devenu qu'un effet de discours et d'assujettissement disciplinaire? Il faut penser autrement et dépasser les institutions de son propre esprit. Il faut remplacer le code par l'éthique ; opposer la tempérance au renoncement ; refuser d'obéir à la tyrannie de la loi mais observer une éthique de l'esthétique (si je ne fais pas le mal, ce n'est pas parce qu'un œil moralisateur me l'interdit, mais parce que je ne trouve pas ça beau). L'homme libre n'est ni fou, ni malade, ni bandit, ni psychiatre ni médecin, ni gardien de prison mais mon frère, ton frère. Il faut l'accepter dans sa différence sans hiérarchiser cette différence.

         

[1] Les mots et les choses, Gallimard © 1966, p. 323.

[2] Surveiller et Punir, Gallimard © 1975.

Philo5
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