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Historique — Comment est né le site ?

« Connais-toi toi-même » disait Socrate. Mais quand je pense, qui pense ? D'où viennent ces idées auxquelles on s'identifie et pour lesquelles on ose dire « je » ? À partir des philosophes grecs de l'antiquité jusqu'à vous-même aujourd'hui, Philo5 vous invite à explorer les sources de votre pensée et à découvrir les centaines de personnes qui s'expriment à travers vous lorsque vous dites « Je pense ».

SOMMAIRE

1. Mon introduction à la philosophie

2. Les vrais penseurs de notre temps

3. Penser par soi-même

4. Des philosophes vivants

5. Mes textes

1. Mon introduction à la philosophie : Les Philosophes

La philosophie est une discipline qui me passionne. Je la pratique en amateur comme un aviateur hobbyiste fait voler des avions en modèles réduits.

J'ai eu la chance d'être initié au cégep. C'est difficile d'enseigner la philosophie dans une institution ; on doit répondre à des impératifs administratifs qui galvaudent l'essence même de la philosophie. En effet, comment peut-on penser qu'une telle discipline puisse être imposée obligatoirement ? J'étais inscrit au Diplôme d'Études Collégiales (DEC) en électronique dans l'école privée la mieux cotée de Montréal. La direction avait décidé de mettre la pédale douce pour les techniciens en herbe que nous étions. On avait demandé à mon professeur de philo, de ne « couler » personne, car on estimait que, bien qu'obligatoire, la philosophie n'était pas importante pour un postulant au DEC en électronique. Dévalorisé et démotivé, il donna la même note à tous les élèves de la classe.

De nature combative, après avoir obtenu 90 % ex aequo avec tous mes camarades de classe, j'avais l'impression d'avoir été arnaqué. Certains n'avaient produit qu'un petit paragraphe sur une feuille remise le dernier jour sans jamais s'être re-présentés aux cours. Ils n'avaient peut-être même jamais lu un seul chapitre du livre que Monsieur B. avait imposé. Pour ma part, j'ai assisté à tous les cours, lu attentivement le bouquin et produit un travail de dix pages. Le livre contenait une foule de concepts avec lesquels je n'étais pas familier et des tonnes de mots que je ne connaissais pas. Je devais sans cesse fouiller dans le dictionnaire pour essayer de comprendre ce que je lisais. Cette matière me prenait au moins la moitié de tout le temps que j'allouais à mes études. De nature plutôt individualiste et un peu parano, je n'étais pas tant jaloux de mes camarades, que inquiet d'avoir été bluffé. Je pensais que pour être si galvaudée, la philosophie devait contenir des trésors, et que si l'on avait essayé de me les cacher, on ne s'y serait pas pris autrement.

Je suis donc resté systématiquement après les cours pour questionner le professeur qui ne demandait pas mieux que d'instruire le seul élève enthousiaste de ses classes. Ces nombreuses rencontres tenaient lieu de cours particuliers. Mon fil d'Ariane était l'énoncé de la preuve ontologique de l'existence de Dieu formulée par René Descartes. J'étais stupéfié qu'un philosophe d'une telle notoriété puisse avoir trouvé une preuve « rationnelle » de l'existence de Dieu. Je pensais qu'il y avait anguille sous roche, et j'ai entrepris une enquête approfondie par la lecture de plusieurs de ses oeuvres et biographies [1].

De fil en aiguille, en ajoutant d'autres textes et conversations auxquels m'exposait le professeur P. B., loin de se résoudre, l'énigme se compliquait. En effet, j'ai dû remonter aux maîtres spirituels de René Descartes, dont Thomas d'Aquin le pionnier de la formulation des preuves «  rationnelles » de l'existence de Dieu. Il m'aurait été facile de conclure, à première vue, que, vivant dans une époque où l'Inquisition sévissait, un esprit fécond comme Descartes aurait accepté volontiers une entorse à la rationalité dans son système philosophique pour éviter les foudres de l'Église. À l'époque (1596 – 1650), les mécréants pouvaient encore être brûlés vivants sur le bûcher s'ils professaient des idées contraires au dogme officiel. Les images de l'enfer n'avaient alors rien d'imaginaire. Mais ayant appris que Descartes avait choisi de vivre en Hollande, pays plus tolérant, je pensai donc qu'il n'avait aucune raison d'inclure une entorse à son système philosophique en faveur de Dieu ; qu'il y eût cru ou non, il ne risquait rien.

Mais qu'est-ce qui poussait René Descartes à tant vouloir que Dieu existe ? J'ai donc approfondi ma recherche en lisant ses Méditations métaphysiques. Dieu était posé comme un postulat masqué de « rationalité », si inattaquable que je n'ai trouvé là rien pour m'éclairer. Monsieur P. B. m'avait alors expliqué que la question d'établir rationnellement l'existence de Dieu avait peu d'importance puisqu'en philosophie, Dieu est nécessaire. J'étais alors loin d'être ouvert à l'idée de nécessité de Dieu. Je savais, pour l'avoir entendu dire par Léo Ferré, qu' « à force d'en parler, le néant finit par avoir de la consistance », mais même si la maxime constituait une piste intéressante, je ne voulais pas brûler les étapes. Pour le moment, je m'arrêtais à croire que si Descartes, esprit innovateur et respectable, avait passé sa vie convaincu de l'existence de Dieu, il valait la peine que je fasse quelques efforts pour le comprendre.

Je suis alors tombé sur un formidable petit Atlas de la philosophie[2] qui m'a permis d'approfondir mes recherches. Ce fut ma première source de références pour mes fiches sur Les Philosophes que vous trouverez sur le site. Les courants philosophiques sont aussi présentés de façon chronologique de l'Antiquité à nos jours. Tous les systèmes philosophiques et les philosophes y passent, y compris les grandes philosophies orientales et religieuses. Je cherchais une perspective plus vaste de la notion de Dieu à travers les âges, et à mieux saisir le besoin que Descartes pouvait avoir de l'idée de Dieu.

L'immatérialisme de Berkeley m'a procuré la première clef pour comprendre la nécessité de Dieu : si rien n'existe en dehors de l'esprit, on a besoin d'une assise solide pour expliquer l'univers. J'ai alors compris que Descartes avait eu le génie de reprendre une explication rationnelle de l'existence de Dieu pour asseoir solidement un système né du doute. Il voulait arriver à des certitudes. La seule qui se présentait était celle de sa propre existence, le cogito : Je pense, donc je suis.

Comme un être seul ne peut être convaincu de sa propre existence qu'à partir d'un miroir, le miroir idéal pour l'esprit c'est l'idée d'un Dieu, pur esprit et parfait. Voilà donc la base de tout l'édifice cartésien bien assise et inébranlable. Du coup, nul besoin de la foi puisque Dieu devient une nécessité. Il n'est plus nécessaire de croire lorsque Dieu s'impose comme quelque chose d'indispensable.

Dieu existe-t-il ? Peu importe ; en le postulant, l'univers de Descartes de même que celui de la majorité des philosophes devient possible et cohérent. Je me suis donc, par la philosophie, réconcilié avec l'idée de Dieu. Je ne croyais toujours pas en Dieu, mais je comprenais pourquoi l'entité était si importante. Toute la pensée occidentale s'effondre si nous enlevons cette assise. En fait, l'idée de Dieu est avant tout un principe de supériorité absolue. Après tout, qui n'érige pas sa propre existence sur des valeurs qu'il croit indispensable ?

Mes textes (voir plus bas) retracent la chronique suivie de l'enquête qui m'a permis d'en arriver là.

2. Les vrais penseurs de notre temps

En même temps que ces recherches m'absorbaient, j'ai eu la chance de mettre la main sur un livre de Guy Sorman : Les vrais penseurs de notre temps[3]. L'auteur, à travers la rencontre de 28 des plus illustres personnalités du monde scientifique du XXe siècle, met en lumière les rouages de la pensée scientifique en présentant, tour à tour, les thèses souvent contradictoires, mais aussi scientifiques les unes que les autres. Sorman fait la fascinante démonstration que le monde scientifique s'accommode parfaitement de la contradiction. Après la nécessité de Dieu, voilà que science et contradiction font bon ménage. Décidément, la philosophie avait de quoi m'étonner.

3. Penser par soi-même

La dernière fois que j'ai vu mon professeur de philosophie P. B., il m'a enfin livré le morceau. Il m'a recommandé de lire Michel Tozzi, Penser par soi-même[4] : une initiation à la philosophie. C'est dans ce livre que j'ai découvert les mécanismes de la pensée humaine. Tout y est : Quelles sont mes opinions ? D'où viennent-elles ? Comment se forment-elles ? Quels en sont les présupposés ? Quels sont les arguments qui les fondent ? Tout ceci illustré d'exemples contemporains, et accompagné d'exercices de réflexion basés sur les enjeux qui préoccupent la société actuelle : Quelles sont les valeurs des différentes cultures, et comment les comparer ? Faut-il rétablir la peine de mort pour les criminels ? Comment se positionner face à l'euthanasie ? Les revendications féministes sont-elles légitimes ? Le Christ a-t-il historiquement existé ? Etc.

Avec cette dernière référence, j'avais enfin obtenu ce que je cherchais d'un cours de philosophie. Je ne me sentais plus arnaqué. Monsieur P. B. m'avait instruit comme personne n'aurait pu le faire dans le cadre institutionnel. Je lui serai reconnaissant à jamais de m'avoir donné les clefs de la philosophie avec tant de générosité. Un monde — que dis-je ! — une myriade de mondes fantastiques se sont révélés : autant de philosophes, autant de visions originales. Mes principaux blocages dépassés, il ne me restait qu'à les découvrir.

4. Des philosophes vivants

Mon voyage en philosophie n'aurait pas été complet s'il s'était limité aux livres et aux professeurs. Je me devais de rencontrer de vrais philosophes, des philosophes vivants, des constructeurs de systèmes philosophiques, accessibles en personne.

Premièrement, j'ai eu la chance de rencontrer le philosophe québécois bien connu et controversé, André Moreau. Docteur en philosophie de la Sorbonne (1967), il travaille à la construction du système jovialiste depuis lors. Il a la très grande qualité d'être disponible et accessible. Au contraire de nombreux intellectuels, il aime les gens, est enthousiaste et communique beaucoup d'énergie. C'est un type coloré possédant une connaissance approfondie des philosophes. Il possède la volonté d'aimer qu'il exerce, malgré l'adversité, de façon touchante et parfois troublante. Je vous invite à le rencontrer d'abord sur son site officiel, et aussi par le texte suivant : André Moreau, l'irrévérencieux.

J'ai ensuite connu feu Manuel de Diéguez, philosophe français connu pour ses nombreuses publications. Il a le mérite d'être accessible et d'une grande générosité. Il publiait sur son site personnel de nombreux textes qui permettaient de suivre sa philosophie personnelle à mesure qu'elle se développait.

Richard Dawkins est venu s'ajouter pour ses travaux sur la mémétique, philosophie qui me semble très prometteuse. Il formule une idée révolutionnaire concevant la pensée comme des entités autonomes appelées mèmes, qui se propagent à la manière des virus. Le site Société Francophone de Mémétique fait état de ses recherches et de l'effervescence philosophique qui jaillit autour de ce nouveau concept.

5. Mes textes

Pour terminer, le site comprend une partie des textes écrits depuis 1988. Ils sont présentés chronologiquement : an-mois-jour. Ex. : [990810], mis pour [10 août 1999]. Indexés selon 5 thèmes : Dieu, Philosophie, Poésie, Réflexions personnelles et Critique sociale. Dans les deux derniers, vous trouverez souvent un François Brooks combatif, et même parfois belliqueux, qui cherche à régler ses comptes avec l'altérité. Dans Philosophie et Poésie, vous me trouverez, à l'opposé, en quête d'harmonie avec moi-même.

J'ai parfois hésité à les publier. Comme un journal intime, ils me mettent à nu ; en les lisant, vous verrez mes pensées telles que je les vis. Je m'interroge souvent sur la nécessité d'un tel exhibitionnisme, mais j'ai toujours l'impression que les pensées qui m'envahissent ne m'appartiennent pas. Même que je ne suis pas toujours d'accord avec ce que je pense. Je n'y peux rien. Mes convictions changent avec le temps. Ce n'est pas moi qui pense ; ça pense malgré moi. Moi, je souffre ou je jouis, mais ça pense en moi, tout seul, sans que j'intervienne. Écrire me fait du bien, me libère, comme une thérapie.

[1] Voir la chronique des réflexions de l'enquête dans Je pense, donc j'écris.

[2] Kunzmann, Burkard et Weidmann, Atlas de la philosophie, Éditions LGF © 1993-1999.

[3] Guy Sorman, Les vrais penseurs de notre temps, Éditions Arthème Fayard, Le Livre de Poche © 1989.

[4] Michel Tozzi, Penser par soi-même, Éditions de la Chronique Sociale © 1996.

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