par Giordano Bruno
Extrait de « Le Banquet des Cendres »
Mais nous qui prêtons attention non pas aux ombres de l’imagination, mais aux choses mêmes, nous qui considérons un corps aérien, éthéré, spirituel, liquide, un vaste réservoir de mouvement et de repos, immense même et infini ― il nous faut au moins l’affirmer, puisque ni les sens ni la raison ne nous en font voir la fin ―, nous savons avec certitude qu’étant l’effet et le produit d’une cause infinie et d’un principe infini il doit être infiniment infini quant à sa capacité physique et quant à son mode d’être. Et je suis certain que Nundinio[2], non plus que ceux qui exercent le magistère de l’entendement, ne pourra jamais établir (fût-ce avec une demi-probabilité) que notre univers corporel ait une limite, et que par conséquent les astres contenus dans son espace soient en nombre fini. Ni que cet univers connaisse un centre et milieu naturellement déterminé.