080409

Dédramatisons : il y a donc drame, mais espoir

par François Brooks

À propos du texte de la conférence de Diane Bouffard : Dédramatisons.

Texte très habile qui a le mérite d'allier brièveté et exhaustivité. En quelques lignes il fait le tour de tous les problèmes de la vie masculine au Québec : liberté de la vie de l'homme, engagement forcé, triste sexualité, séparation, parenté floue, pension alimentaire, garde des enfants, inégalité, avortement, condition masculine, hébergement, agression, suicide, éducation, romance perdue, tout y est.

Pour l'exprimer, Madame Bouffard a choisi le ton de la dédramatisation. Pourquoi un ton badin devant une si triste réalité? En y regardant de plus près, il devient évident que les drames évoqués sont si tragiques qu'on se demande comment la speakerine aurait pu en parler autrement sans plonger toute la salle dans une déprime insupportable... Et le désespoir n'est pas une option. Si une femme a osé ouvrir ainsi son cœur en public pour dénoncer le tort fait aux femmes sur les hommes, d'autres suivront pour dire que le féminisme est devenu aussi insupportable pour elles. Avec le témoignage de Diane Bouffard, démonstration est faite que le féminisme a détruit toute possibilité de romantisme entre hommes et femmes. Et le romantisme n'est-il pas avant toute chose d'apanage féminin? Un rayon de soleil a pointé dans le triste ciel de la conjugalité québécoise.

Le propre d'une guerre, c'est que la population arrête de faire des enfants. Au Québec, on ne se reproduit plus. Serait-ce la prémisse de la fin de notre guerre? » Mais notre animatrice peut parler la tête haute. Elle a laissé le soin au père de son fils de jouer sainement son rôle. Diane Bouffard n'a rien à se reprocher. Elle en récolte d'ailleurs les fruits, d'où sa fierté de son fils viril et bien polarisé. Mais à la fin d'une guerre, il y a toujours les règlements de compte. Forte résistance est encore à prévoir. Par contre, à mesure que la situation perdure, chaque femme devra annoncer ses couleurs en répondant à la question: « Qu'avez-vous fait de nos fils? ». La situation est si dramatique qu'elle deviendra intenable. Chaque femme devra se positionner.

Françoise Dolto, célèbre psychanalyste, n'a jamais cessé de mettre les femmes en garde contre leur propre pédophilie. Si on parle abondamment de la pédophilie masculine, et que bien des femmes ont usé de ces accusations pour s'approprier la garde exclusive de leurs fils, on connaît très peu de choses sur la pédophilie féminine. C'est qu'elle est d'une toute autre nature, mais non moins destructive. Nos fils « ritalinisés », dévirilisés et désorientés en sont le résultat. Dolto le disait souvent comme dans cette expression imagée jadis bien connue au Québec : le père doit sortir le garçon des jupes de sa mère. Quand les divorces se soldent par la dissolution de la famille, l'autre parent ne peut plus jouer son rôle de surveillance. Quand les enfants ne vivent qu'en compagnie de leur seule mère les abus s'étirent pendant des années avant de découvrir les dégâts. On a stigmatisé le père pour protéger les enfants et on a oublié que les mères sont des êtres humains susceptibles des mêmes perversions lorsque la famille est en déséquilibre.

Des femmes saines se lèvent et commencent à se positionner. Il y a drame mais aussi espoir. Les années féministes tirent-elles à leur fin?

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