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Philo5

Site animé par François Brooks

Comment est né le site ?

« Connais-toi toi-même » disait Socrate. Mais quand je pense, qui pense ? D'où viennent ces idées auxquelles on s'identifie et pour lesquelles on ose dire « je » ? À partir des philosophes grecs de l'antiquité jusqu'à vous-même aujourd'hui, Philo5 vous invite à explorer les sources de votre pensée et à découvrir les centaines de personnes qui s'expriment à travers vous lorsque vous dites « Je pense ».

  1. Mon introduction à la philosophie

  2. Les vrais penseurs de notre temps

  3. Penser par soi-même

  4. Des philosophes vivants

  5. Mes textes

* * *

1. Mon introduction à la philosophie : Les Philosophes

La philosophie est une discipline qui me passionne. Je la pratique en amateur comme un aviateur hobbyiste fait voler des avions miniatures.

J'ai eu la chance d'y être introduit au cégep. Il est difficile d'enseigner la philosophie dans l'atmosphère cadrante d'une institution officielle ; on doit répondre à des impératifs administratifs qui galvaudent l'essence même de la philosophie. En effet, comment peut-on penser qu'une telle discipline puisse être imposée obligatoirement ? J'étais inscrit au Diplôme d'Études Collégiales (DEC) en électronique dans l'école privée la mieux cotée de Montréal. La direction avait décidé de mettre la pédale douce pour les techniciens en herbe que nous étions.  On avait demandé à mon professeur de philo, de ne « couler » personne, car on estimait que, bien qu'obligatoire, la philosophie n'était pas importante pour un postulant au DEC en électronique. Dévalorisé et démotivé, il donna la même note à tous les élèves de la classe.

De nature combative, après avoir obtenu 90% ex aequo avec tous mes camarades de classe, j'avais l'impression d'avoir été arnaqué. Certains n'avaient produit qu'un petit paragraphe sur une feuille remise le dernier jour sans jamais s'être re-présentés aux cours. Ils n'avaient peut-être même jamais lu un seul chapitre du livre que Monsieur B. nous avait imposé. J'avais, pour ma part, assisté à tous les cours, lu attentivement tout le livre et produit un travail de dix pages. Le livre contenait une foule de concepts avec lesquels je n'étais pas familier et des tonnes de mots que je ne connaissais pas. Je devais sans cesse aller fouiller dans le dictionnaire pour essayer de comprendre la signification de ce que je lisais. Cette matière me prenait au moins la moitié de tout le temps que j'allouais à mes études. Étant de nature assez individualiste et un peu parano, je n'étais pas tant jaloux de mes camarades de classe, qu'inquiet d'avoir pu être bluffé. Je pensais que pour être si galvaudée, la philosophie devait contenir des trésors, et que si on avait essayé de me les cacher, on ne s'y serait pas pris autrement.

Je suis donc resté systématiquement après les cours pour questionner le professeur qui ne demandait pas mieux que d'instruire le seul élève enthousiaste de ses classes. Ces nombreuses rencontres tenaient lieu de cours privés. Mon fil d'Ariane était l'énoncé de la preuve ontologique de l'existence de Dieu par René Descartes. J'étais stupéfié qu'un philosophe d'une telle notoriété puisse avoir trouvé une preuve « rationnelle » de l'existence de Dieu. Je pensais qu'il y avait anguille sous roche et j'ai entrepris une enquête approfondie par la lecture de plusieurs de ses oeuvres et biographies [1].

De fil en aiguille, en ajoutant d'autres textes et conversations auxquels m'exposait le professeur P. B., loin de se résoudre, l'énigme se compliquait. En effet, j'ai dû remonter aux maîtres spirituels de Descartes, dont Thomas d'Aquin qui avait été le premier à formuler des preuves « rationnelles » de l'existence de Dieu. Il m'aurait été facile de conclure, à première vue, que, vivant dans une époque où l'Inquisition sévissait, un esprit fécond comme René Descartes aurait accepté volontiers cette entorse à la rationalité dans son système philosophique pour éviter les foudres de l'Église. Faut-il rappeler qu'à l'époque (1596 – 1650), les mécréants pouvaient encore être brûlés vivants sur un bûcher simplement à cause de leurs idées. Les images de l'enfer n'avaient alors rien d'imaginaire. Mais ayant appris que Descartes avait choisi de vivre en Hollande où des pratiques aussi barbares n'avaient pas cours, je pensai donc qu'il n'avait aucune raison d'inclure une « entorse » à son système philosophique en faveur de Dieu. Qu'il y crût ou non, il ne risquait rien.

Mais qu'est-ce qui poussait Descartes à tant vouloir que Dieu existe ? J'ai donc approfondi ma recherche en lisant ses Méditations métaphysiques. Dieu était posé comme un postulat masqué de « rationalité », si inattaquable que je n'ai trouvé là rien pour m'éclairer. Monsieur P. B. m'avait alors expliqué que la question d'établir rationnellement l'existence de Dieu avait peu d'importance puisqu'en philosophie, Dieu est « nécessaire ». À ce moment-là, j'étais loin d'être ouvert à cette idée de nécessité de Dieu.  Je savais, pour l'avoir entendu dire par Léo Ferré, qu' « à force d'en parler, le néant finit par avoir de la consistance » mais, même si cette maxime était une bonne piste, je ne voulais pas brûler les étapes. Pour le moment, je m'arrêtais à croire que si Descartes, en grand esprit innovateur et respectable que je voulais qu'il soit, avait passé sa vie convaincu de l'existence de Dieu, il valait la peine que je fasse quelques efforts pour le comprendre.

Je suis alors tombé sur un formidable petit Atlas de la philosophie [2] dans lequel j'ai pu approfondir mes recherches. Il a été ma première source de références pour mes fiches sur Les philosophes [3] que vous retrouverez sur ce site. La philosophie y est présentée de façon chronologique de l'Antiquité à nos jours. Tous les systèmes philosophiques et les philosophes y passent, y compris les grandes philosophies orientales. Je pouvais avoir une perspective plus vaste de la notion de Dieu à travers les âges et mieux saisir le besoin que Descartes avait de l'idée de Dieu. C'est par l'immatérialisme de Berkeley que j'ai pu comprendre la nécessité de Dieu : si rien n'existe en dehors de l'esprit, on a besoin d'une assise solide pour expliquer l'univers. À ce moment-là, j'ai compris que Descartes avait eu le génie de reprendre une explication rationnelle de l'existence de Dieu pour asseoir solidement un système né du doute. Descartes voulait arriver à des certitudes. La seule qui se présentait était celle de sa propre existence, le cogito : Je pense, donc je suis. Comme un être seul ne peut être convaincu de sa propre existence qu'à partir d'un miroir, le miroir idéal pour l'esprit c'est l'idée d'un Dieu, pur esprit et parfait. Voilà donc la base de tout l'édifice cartésien bien assise et inébranlable. Du coup, nul n'est plus besoin de la foi puisque Dieu devient une nécessité. Il n'est plus nécessaire de croire puisque Dieu s'impose comme quelque chose d'indispensable. Dieu n'existe pas ? Qu'à cela ne tienne, il n'y a qu'à postuler son existence pour que l'univers devienne possible et cohérent. Je me suis donc, par la philosophie, réconcilié avec l'idée de Dieu. Je ne croyais pas en Dieu, mais je comprenais désormais pourquoi cette entité était si importante pour Descartes. Toute sa pensée qui s'effondre si nous lui enlevons cette assise.

Vous retrouverez dans mes textes (voir plus bas), entre autres choses, le fantastique cheminement de pensée que la philosophie m'a permis de faire pour en arriver là.

2. Les vrais penseurs de notre temps

En même temps que ces recherches m'absorbaient, j'ai eu la chance de mettre la main sur un livre de Guy Sorman : Les vrais penseurs de notre temps [4]. L'auteur, à travers la rencontre de 28 des plus illustres personnalités du monde scientifique du XXe siècle, met en lumière les rouages de la pensée scientifique en présentant, tour à tour, les thèses souvent contradictoires, mais aussi scientifiques les unes que les autres. Sorman fait la fascinante démonstration que le monde scientifique s'accommode parfaitement de la contradiction. Après la nécessité de Dieu, voilà que science et contradiction font bon ménage. Décidément, la philosophie avait de quoi m'étonner ; plus que je ne l'aurais jamais cru.

3. Penser par soi-même

La dernière fois que je l'ai vu, mon professeur de philosophie P. B., m'a enfin « livré le morceau ». Il m'a recommandé de lire Michel Tozzi, Penser par soi-même [5] : une initiation à la philosophie. C'est dans ce livre que j'ai découvert les mécanismes de la pensée humaine. Tout y est : quelles sont mes opinions ? D'où viennent-elles ? Comment se forment-elles ? Quels en sont les présupposés ? Quels sont les arguments qui les fondent ? Tout ceci illustré d'exemples très contemporains, et accompagné d'exercices de réflexions basés sur les enjeux qui préoccupent la société actuelle : Quelles sont les valeurs des différentes cultures et comment les comparer ? Faut-il rétablir la peine de mort pour les criminels ? Comment se positionner face à l'euthanasie ? Les revendications féministes sont-elles légitimes ? Le Christ a-t-il historiquement existé ? Etc. Avec cette dernière référence, j'avais enfin obtenu ce que je cherchais d'un cours de philosophie. Je ne me sentais plus arnaqué. Monsieur P. B. m'avait instruit comme personne n'aurait pu le faire dans le cadre institutionnel. Je lui serai reconnaissant à jamais de m'avoir donné les clefs de la philosophie avec tant de générosité. Un monde, que dis-je, une myriade de mondes fantastiques se sont ouverts à mon entendement : autant de philosophes, autant de visions originales. Mes principaux blocages dépassés, il ne me restait qu'à les découvrir.

4. Des philosophes vivants

Mon voyage en philosophie n'aurait pas été complet s'il ne s'était fait qu'avec des livres et des professeurs. Je me devais de rencontrer de vrais philosophes, des philosophes vivants, des constructeurs de systèmes philosophiques, accessibles en personne.

Premièrement, j'ai eu la chance de rencontrer le philosophe québécois bien connu et controversé, André Moreau. Docteur en philosophie de la Sorbonne (1967), il travaille à la construction de son système jovialiste depuis lors. Il a la très grande qualité d'être disponible et accessible. Au contraire de nombreux intellectuels, il aime les gens, est enthousiaste et communique beaucoup d'énergie. C'est un type coloré possédant une connaissance approfondie des philosophes. Il a une volonté d'aimer qu'il exerce, malgré l'adversité, d'une façon parfois troublante et touchante. Je vous invite à le rencontrer d'abord sur son site promotionnel, et aussi par le texte suivant : André Moreau, l'irrévérencieux.

Ensuite, j'ai connu Manuel de Diéguez, philosophe français connu pour ses nombreuses publications. Il a le mérite d'être d'une grande générosité et accessibilité. En effet, il publie sur son site personnel de nombreux textes qui permettent de suivre, à mesure qu'elle se développe, sa philosophie personnelle.

Finalement, Richard Dawkins est venu s'ajouter amenant ses travaux sur la mémétique, philosophie qui me semble très prometteuse. Il est plutôt discret, mais ce philosophe a avancé une notion révolutionnaire concevant la pensée comme des entités autonomes appelées mèmes, et se propageant à la manière des virus. Le site Société Francophone de Mémétique fait état de ses recherches et de l'effervescence philosophique qui jaillit autour de ce nouveau concept.

5. Mes textes

Pour terminer, ce site comprend tous les textes que j'ai écrits depuis 1988. Ils sont présentés chronologiquement : an-mois-jour. Ex : [990810], mis pour [10 août 1999]. Ils sont indexés selon 5 thèmes qui me sont chers : Dieu, la philosophie, la poésie, mes réflexions personnelles et la critique sociale. Dans  réflexions personnelles et critique sociale, vous trouverez souvent un François Brooks combatif et même parfois belliqueux qui cherche à régler ses comptes avec l'altérité. Dans philosophie et poésie, vous me trouverez, à l'opposé, en quête d'harmonie avec moi-même.  J'ai longtemps hésité à les publier. Comme un journal intime, ils me mettent à nu, pire encore, en les lisant vous verrez mes pensées telles que je les vis. Je me demande encore si je n'aurai pas à regretter de me livrer à un tel exhibitionnisme. Pourtant, j'ai confiance que vous saurez faire la part des choses et comprendre que je ne suis pas toujours d'accord avec ce que je pense. Je n'y peux rien. Ce n'est pas moi qui pense ; ça pense. Moi, je souffre ou je jouis, mais ça pense en moi, tout seul, sans que j'intervienne. Le dire me fait du bien, me libère. J'ai aussi un ardent désir de rencontrer et d'échanger avec des gens qui cogitent dans les profondeurs spirituelles. Aussi, j'espère que ma sincérité sera appréciée et me sera rendue. Je vous invite cordialement à vous introduire dans mes pensées. Si le coeur vous en dit, sentez-vous à l'aise de m'écrire. Un coucou, si court soit-il, me fera plaisir. Je me ferai un plaisir de vous répondre.

 Bienvenue sur le site Philo5 ! J'espère que vous y passerez des heures aussi agréables que celles que j'ai vécues à le cogiter.

 

[1] On peut trouver une « chronique » des réflexions que m'a inspirée cette « enquête » dans mon premier recueil de textes Je pense, donc j'écris (voir l'Index sous la rubrique Dieu).

[2] Peter Kunzmann, Franz-Peter Burkard et Franz Weidmann, Atlas de la philosophie, Librairie Générale Française, La Pochothèque, Collection Encyclopédies d'aujourd'hui, Le Livre de Poche © 1993-1999.

[3] Les philosophes, par François Brooks, Philo5 © 1998-2007.

[4] Guy Sorman, Les vrais penseurs de notre temps, Arthème Fayard, Le Livre de Poche # 6962, © 1989.

[5] Michel Tozzi, Penser par soi-même, Éditions de la Chronique Sociale © 1996.

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