MES LECTURES - Passages choisis 

Stephen Covey

2005-03-15

Éd. J'ai lu © 2019

Les 7 habitudes (+8e)[1]
de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent

SOMMAIRE

Échelle de la maturité

LA VICTOIRE PRIVÉE

1. Soyez proactifs ! [AGISSEZ !]

2. Sachez dès le départ où vous voulez aller

3. Donnez la priorité aux priorités

LA VICTOIRE PUBLIQUE

4. Pensez gagnant/gagnant

5. Cherchez d'abord à comprendre, ensuite à être compris

6. Profitez de la synergie

LE RENOUVELLEMENT

7. Aiguisez vos facultés

DE L'EFFICACITÉ À LA GRANDEUR

8. Trouvez votre voie et soyez une source d'inspiration pour les autres

Nous sommes ce que nous répétons chaque jour. L'excellence n'est alors plus un acte, mais une habitude.

Aristote

* * *

Échelle de la maturité

Les sept habitudes ne sont pas une succession de formules isolées de dynamisation, de remèdes miracles. De façon progressive et mesurée, elles offrent, selon les lois naturelles de la croissance, une approche globale qui mène chacun à un développement individuel et social positif. Elles conduisent petit à petit, par une sorte d'échelle de la maturité — de la dépendance vers l'indépendance, puis vers l'interdépendance.

Nous commençons tous notre vie par le stade de la dépendance. On nous dirige, on nous nourrit, on nous porte. Sans cette aide, nous ne vivrions que quelques heures, quelques jours tout au plus.

Au fil des mois et des années, nous devenons de plus en plus indépendants (physiquement, intellectuellement, affectivement et financièrement) jusqu'à nous suffire à nous-mêmes. Nous nous prenons alors totalement en charge.

En évoluant, nous nous apercevons que tout, dans la nature, est interdépendant, et constitue un système écologique qui nous gouverne — et dont fait partie la société. Nous découvrons encore que les plus grands succès dont nous sommes capables se situent dans le domaine des relations humaines, là où règne l'interdépendance.

Notre développement, depuis la première enfance jusqu'à l'âge adulte, suit les lois de la nature. Et il s'effectue sur de nombreux plans. Ainsi, ce n'est pas parce que l'on a atteint la maturité physique que l'on est également parvenu à une maturité intellectuelle et psychologique. De la même façon qu'une personne physiquement dépendante n'est pas forcément immature sur le plan affectif et spirituel.

Dans l'échelle de la maturité, la dépendance s'exprime par le paradigme du « vous » : vous prenez soin de moi, vous vous sacrifiez pour moi, et si vous ne vous sacrifiez pas pour moi, je vous reprocherai le résultat.

L'indépendance s'exprime par le paradigme du « je » : je peux faire cela ; je suis responsable ; je suffis à mes besoins ; je peux choisir.

L'interdépendance s'exprime par le paradigme du « nous » : nous pouvons faire cela ; nous pouvons associer nos efforts, nos talents, nos capacités pour produire quelque chose de mieux.

LA VICTOIRE PRIVÉE

1. Soyez proactifs ! [AGISSEZ !]

[...] en tant qu'êtres humains, nous sommes responsables de nos propres vies. Notre comportement découle de nos décisions, et non de notre condition. Nous pouvons faire passer nos sentiments après nos valeurs. Nous avons l'initiative et la responsabilité de provoquer les choses.

[...]

Les réactifs dépendent également de leur environnement social, de la « météo sociale ». Quand on les traite bien, ils se sentent bien ; quand on les traite mal, ils deviennent défensifs et se referment. Les réactifs fondent leur vie psychologique sur le comportement de leur entourage, autorisant ainsi les faiblesses des autres à gouverner leur vie.

La faculté de subordonner une impulsion à une valeur constitue l'essence même de l'individu proactif. Les réactifs se laissent piloter par leurs impressions, les circonstances, les conditions, l'environnement. Les proactifs se dirigent en fonction de valeurs auxquelles ils ont sérieusement réfléchi, qu'ils ont sélectionnées, et qui sont devenues des valeurs internes.

Ils restent toujours influencés par des stimuli extérieurs physiques, sociaux ou psychologiques, mais leur réponse à ces stimuli, qu'elle soit consciente ou non, constitue un choix ou une réaction fondée sur des valeurs.

Eléonore Roosevelt faisait remarquer à juste titre que personne ne peut nous blesser sans notre consentement, ou comme le disait en d'autres termes Gandhi : « Ils ne peuvent pas nous enlever notre dignité si nous ne la leur cédons pas. » C'est notre consentement, notre volonté d'autoriser qu'il nous arrive ce qui nous arrive, qui nous blesse en premier lieu.

Je reconnais qu'accepter cela est une épreuve difficile, surtout si, depuis des années, on a pris l'habitude d'expliquer notre misère par les circonstances et le comportement d'une autre personne. Mais, tant qu'un individu n'a pas eu la force de se dire honnêtement qu'il est aujourd'hui ce qu'il est à cause des choix qu'il a faits hier, et tant qu'il ne s'en persuade pas profondément, alors il se trouve dans l'incapacité de choisir autre chose.

2. Sachez dès le départ où vous voulez aller

Il est très facile de se laisser prendre au piège d'une activité, de ce que propose la vie, et de travailler de plus en plus pour gravir les échelons de la réussite, pour finalement découvrir que l'échelle ne s'appuie pas sur le bon mur. Il est possible d'entreprendre beaucoup sans pour autant produire quoi que ce soit.

On remporte souvent des victoires vides de sens, des succès pour lesquels on a sacrifié certaines choses qui, on s'en aperçoit plus tard, nous étaient en définitive bien plus précieuses. Les gens luttent souvent pour augmenter leurs revenus, mériter plus de reconnaissance sociale, atteindre un certain degré de compétence professionnelle et se rendent compte finalement que la poursuite de ces buts les a rendus aveugles à ce qui leur importait vraiment et qui a maintenant disparu.

Comme nos vies seraient différentes si nous savions ce qui nous tient à coeur et si, cette image en tête, nous nous attachions à être et à faire ce qu'il nous importe vraiment d'être ou de faire. Si l'échelle s'appuie sur le mauvais mur, chaque échelon nous engage davantage sur une fausse route. Nous avons beau être efficaces, nous ne serons constructifs que dans la mesure où nous commençons avec la conclusion en tête.

[...]

L'habitude 2, « sachez dès le départ où vous voulez aller », se fonde sur le principe que toute chose naît deux fois. Pour chaque chose, il existe une première création spirituelle, puis une création physique. Prenons pour exemple une maison. Vous la concevez dans tous ses détails avant même de donner le premier coup de pelle pour creuser les fondations. Vous vous efforcez de définir clairement le type de maison que vous voulez. Si vous désirez une maison pour votre famille, vous projetez de construire une salle commune où la famille se rassemblera naturellement. Vous imaginez des portes coulissantes ou encore un patio pour que les enfants puissent jouer à l'air libre. Vous réfléchissez jusqu'à obtenir une image précise de ce que vous construirez.

Vous couchez cela sur papier et dessinez des plans avant même de remuer le moindre grain de sable. Si vous ne faites pas ce travail, il vous faudra, lors de la deuxième phase, la création physique, apporter des modifications coûteuses qui doubleront le coût de votre maison. Vous devez être sûr que vos plans retracent bien ce que vous voulez, que vous avez pensé à tout. Vous les concrétisez ensuite avec des briques et du mortier. Chaque jour, vous allez sur le chantier et donnez les ordres pour la journée à partir de ces plans. Vous commencez avec la conclusion à l'esprit.

PRINCIPES

Si nous sommes bel et bien limités, nous pouvons toutefois repousser nos limites. En comprenant mieux le principe de notre propre croissance, nous nous donnons le moyen de rechercher de justes principes. Cela nous permet de mieux contrôler nos perceptions à mesure que nous découvrons de nouveaux principes. Les principes ne changent pas, mais notre compréhension de ces principes, elle, évolue.

La sagesse et l'autodétermination, qui vont de pair avec une vie axée sur des principes, nous sont fournies par des cartes précises décrivant les choses telles qu'elles existent, existaient et existeront réellement. Ces cartes nous permettent de définir clairement l'endroit que nous voulons atteindre et le chemin pour nous y rendre. Nous pouvons prendre des décisions à partir de ces données, des données exactes qui rendront possible et utile l'exécution de nos décisions.

[...]

Souvenez-vous que votre paradigme constitue la source d'où découlent vos attitudes et vos comportements. Un paradigme ressemble à des jumelles, à une longue vue : il modifie votre façon de voir votre vie. Si vous la regardez à travers un paradigme formé de justes principes, elle vous apparaîtra totalement différente de ce que vous imaginiez à travers d'autres paradigmes.

Étudions pour un problème spécifique les visions que nous en donnent les différents types de paradigmes. À la lecture, essayez de regarder à chaque fois à travers des lunettes différentes, essayez de sentir la réponse liée à chaque axe de vie.

Supposons que vous ayez prévu d'aller ce soir au concert avec votre femme. Elle se réjouit à cette idée. Vous avez déjà réservé les places. Il est seize heures. Mais votre directeur vous demande soudain dans son bureau et vous annonce qu'il a besoin de votre aide pendant toute la soirée afin de préparer une réunion qui aura lieu demain à neuf heures.

Si vous axez votre vie sur votre conjoint ou votre famille, vous serez avant tout préoccupé de faire plaisir à votre femme. Vous direz à votre directeur que vous ne pouvez pas rester et vous vous rendrez, avec votre femme, au concert. Vous aurez peut-être l'impression que vous devez rester pour protéger votre emploi, mais, dans ce cas, vous le ferez à contrecoeur, et craindrez les protestations de votre femme. Vous chercherez à justifier votre décision et à vous protéger de sa déception ou de sa colère.

Si vos jumelles sont focalisées sur l'argent, vous penserez en priorité à la rémunération des heures supplémentaires ou à l'impact que pourrait avoir votre travail sur une éventuelle augmentation. Vous appellerez votre femme pour l'avertir que vous restez. Vous présumerez qu'elle comprendra d'elle-même que les obligations économiques ont la priorité.

Si vous êtes axé sur le travail, vous penserez à la chance qui s'offre à vous d'en apprendre plus sur votre métier. Vous ferez un effort pour votre directeur et pour votre carrière. Vous vous congratulerez à l'idée de toutes ces heures supplémentaires que vous allez consacrer au travail et qui prouveront que vous êtes un bon employé. Votre femme devrait en éprouver de la fierté !

Si vous êtes centré sur les possessions, vous penserez à tout ce que vous achèterez avec la rémunération des heures supplémentaires. Vous penserez aussi peut-être que vous acquerrez ainsi une bonne réputation au sein de votre service. Demain, tout le monde sera au courant de votre noble geste, de votre dévouement, de votre sacrifice.

Si votre plaisir représente votre axe principal, vous expédierez votre travail et irez au concert, même si, pourtant, votre femme aurait souhaité que vous restiez avec le directeur ce soir-là. Après tout, vous avez déjà décidé que vous méritez bien cette petite soirée.

Si vous axez votre vie sur l'amitié, votre décision dépendra du fait que vous ayez ou non invité des amis au concert, ou que vos amis restent ou non à travailler ce soir-là avec vous.

Si l'adversité est au centre de votre vie, vous resterez au bureau parce que cela vous donne un avantage sur cette personne du service qui prétend être la perle rare de toute l'entreprise. Pendant qu'il, ou elle, profitera de sa soirée, vous travaillerez d'arrache-pied, vous effectuerez non seulement votre travail, mais aussi le sien, sacrifiant votre plaisir personnel pour le bien de l'entreprise qu'il ou elle ignore allègrement.

Si vous êtes axé sur la religion, vous serez influencé par les projets des membres de votre communauté qui devaient également se rendre au concert, par la présence de certains membres dans votre équipe de travail, ou par la nature du concert (Le Messie de Haendel vous importera plus qu'un concert de rock). Votre décision dépendra aussi de ce que vous pensez être la réaction d'un « bon fidèle ». Que représentent pour vous ces heures supplémentaires : un moyen de rendre service ou un moyen purement matérialiste de s'enrichir ?

Si vous êtes centré sur votre propre personne, vous vous occuperez de savoir ce qui vous fera le plus de bien. Serait-il mieux pour vous de sortir ce soir ? Vaudrait-il mieux que vous vous sacrifiez un peu pour votre directeur ? Vous chercherez à savoir comment les différentes options influeront sur votre personne.

Vous constatez à travers ce simple exemple qu'il n'y a rien d'étonnant à percevoir de manière différente toutes nos interactions. Vous rendez-vous maintenant compte de l'impact que peuvent avoir nos différents axes ? Comment tout cela influe sur nos intentions mêmes, nos décisions, nos actions (ou trop souvent, nos réactions), notre interprétation des événements ? C'est pour cela qu'il est si important de reconnaître votre propre axe. Et, si ce centre ne vous permet pas d'agir de manière proactive, il devient alors essentiel de réaliser un changement de paradigme pour recréer un nouvel axe.

DIRIGER, GÉRER : DEUX NIVEAUX DE CRÉATIONS

L'Habitude 2 se base sur les principes d'orientation interne, c'est la première création. Diriger n'équivaut pas à gérer. La gestion correspond au niveau de la deuxième création (voir le chapitre consacré à l'habitude 3). Mais la notion de direction, d'orientation passe en premier.

La gestion est tournée vers le résultat : comment puis-je accomplir certaines tâches ? Mais diriger revient à réfléchir à ces tâches que l'on veut mener à bien. Comme le disaient Peter Drucker et Warren Bennis : « Gérer, c'est faire les choses comme il faut ; diriger, c'est faire ce qu'il faut. » Gérer, c'est se montrer efficace en gravissant les échelons ; diriger, c'est décider du meilleur endroit où appuyer l'échelle.

ÉNONCÉ DE MISSION PERSONNEL

Pour garder à l'esprit la conclusion qui vous guide, la manière la plus efficace consiste à rédiger un « énoncé de mission personnel », une sorte de philosophie, de credo personnel exprimant ce que vous voulez être (caractère) et faire (actions et projets à réaliser), les valeurs et les principes sur lesquels vous basez ce devenir et ces actions.

Chaque individu est unique. En conséquence, chaque énoncé de mission reflétera cette spécificité dans le fond comme dans la forme. Mon ami Rolf Kerr exposait sa mission en ces termes :

Rechercher d'abord le succès chez moi.

Ne jamais jouer avec l'honnêteté.

Ne pas oublier les personnes concernées.

Entendre les parties avant de juger.

Rechercher les conseils de mon entourage.

Défendre les absents.

Être sûr de soi-même, mais sincère.

Développer une nouvelle aptitude chaque année.

Programmer aujourd'hui le travail de demain.

Me dépêcher si l'on m'attend.

Garder une attitude positive.

Garder un certain sens de l'humour.

Être ordonné dans ma personne et dans mon travail.

Ne pas avoir peur des erreurs, ne craindre que l'absence de réponses créatives, constructives et correctrices.

Faciliter la réussite des employés subalternes.

Écouter au moins deux fois plus que je ne parle.

Consacrer toutes mes capacités et mes efforts à la tâche présente sans se soucier du prochain travail ou de la prochaine promotion.

 

Vous pourriez donner à votre énoncé de mission le nom de constitution, comme la constitution d'un pays démocratique qui sert d'étalon pour juger toute loi dans ce pays et qui accorde les droits de citoyen à ses ressortissants et leur permet de surmonter les épreuves difficiles que peut traverser leur pays.

Un énoncé de mission rédigé selon de justes principes devient de la même façon une norme pour l'individu. Il devient sa constitution privée, les fondations sur lesquelles établir les décisions essentielles de son existence, la base de ses décisions quotidiennes quand il se trouve plongé dans les situations et les émotions que la vie met sur sa route. Son énoncé de mission lui donne cette même force intemporelle face aux bouleversements de la vie.

3. Donnez la priorité aux priorités

L'habitude 3 représente la deuxième phase de la création, la naissance physique. Elle est l'accomplissement, la concrétisation, le résultat naturel des habitudes 1 et 2. Elle met en jeu notre troisième don, la volonté indépendante, par laquelle nous parvenons à axer nos vies sur des principes. C'est une action de tous les jours, de tous les instants.

Les habitudes 1 et 2 sont essentielles, indispensables pour acquérir l'habitude 3. Vous ne pouvez pas axer votre existence sur vos principes tant que vous ne prenez pas d'abord conscience de votre proactivité et que vous ne développez pas cette qualité. Vous ne pouvez pas vous centrer sur des principes si vous n'avez pas conscience de vos paradigmes, si vous ne savez pas comment les modifier ni les ajuster à vos principes. Vous ne pouvez pas faire de ces principes votre axe de vie si vous n'avez pas une idée de la contribution qu'il vous appartient d'apporter, d'offrir, et si vous ne vous consacrez pas à cette idée. Mais, quand ces conditions seront réunies, vous serez en mesure de gérer votre personne de façon efficace.

[...]

Gérer revient à fragmenter, à analyser chaque élément l'un après l'autre, à s'adapter à chaque situation spécifique. [...]

Outre la conscience de soi, l'imagination et la conscience morale, nous avons besoin, pour gérer efficacement notre vie, du quatrième don typiquement humain : la volonté, c'est-à-dire notre capacité à prendre des décisions, à choisir et à agir en fonction de nos choix, c'est notre capacité d'agir de façon autonome plutôt que de nous laisser guider. Nous pouvons appliquer de manière proactive le programme que nous avons conçu grâce à nos trois premiers dons.

[...]

Pour gérer de manière efficace, il faut donner la priorité aux priorités. Il faut suivre avec discipline, jour après jour, la direction que nous avons choisie. Étymologiquement parlant, discipline est issue de la même famille de mots que disciple : nous sommes disciples d'une philosophie, disciples d'un ensemble de principes, d'un ensemble de valeurs, d'un objectif premier, d'un but suprême ou d'une personne qui représente ce but. En d'autres termes, si vous assurez efficacement la gestion de votre personne, votre discipline provient de votre for intérieur, elle dépend de votre volonté personnelle. Vous devenez le disciple de vos plus profondes valeurs et de leur source. Vous disposez de la volonté et de l'intégrité voulues pour subordonner vos sentiments, vos impulsions et vos humeurs à ces valeurs.

Nous utilisons, grosso modo, notre temps de quatre façons différentes.

LA GESTION DE NOTRE TEMPS

Urgent

Non urgent

I

ACTIVITÉS

Crises

Problèmes pressants

Projets soumis avec échéance

II

ACTIVITÉS

Prévention, activités relatives à nos capacités de production

Approfondissement des relations

Recherche de nouvelles opportunités

Planification, détente

III

ACTIVITÉS

Interruptions, appels téléphoniques quelconques, courrier et rapports, certaines réunions

Diverses questions à régler rapidement

Diverses activités gratifiantes

IV

ACTIVITÉS

Activités futiles

Courrier

Certains appels téléphoniques « gaspille-temps »

Passe-temps agréables


[...] Si nous ne nous entraînons pas à appliquer l'habitude 2, si nous ne détenons pas une idée précise de ce qui importe réellement, des résultats que nous désirons pour notre vie, nous avons tendance à nous laisser distraire par l'urgence.

[...]

Le Cadre II est au coeur d'une méthode de gestion efficace de la personne. Les activités qu'il comprend n'ont aucun caractère d'urgence, mais elles sont importantes : relations humaines, énoncé de mission, planification à long terme, exercice, révision préventive, préparation, c'est-à-dire toutes ces choses dont nous savons qu'il nous faut les faire, mais auxquelles nous « échappons » trop souvent, simplement parce qu'elles ne sont pas urgentes.

Les personnes efficaces nourrissent leurs chances et laissent leurs problèmes sur leur faim. Elles pensent de manière préventive. Elles affrontent aussi de réelles crises, des situations d'urgence, qui appartiennent au Cadre I et exigent leur vigilance sur l'heure, mais le nombre de ces événements est relativement peu élevé. Elles maintiennent un équilibre entre la production et les capacités de production en se concentrant sur des activités importantes, rentables et qui accroissent leurs capacités. Ces activités entrent dans le Cadre II.

LA VICTOIRE PUBLIQUE

4. Pensez gagnant / gagnant

Ce paradigme suppose que les individus veulent, dans leur coeur et dans leur esprit, que toutes leurs interactions débouchent sur des bénéfices mutuels, sur des satisfactions mutuelles. Lorsqu'un problème trouve une solution, les deux partis ressortent, tous deux, vainqueurs. Pour ceux qui veulent gagner ensemble, la vie n'est pas le théâtre d'un combat, mais un immense terrain d'entente. La plupart des gens voient la vie par dichotomies : le faible et le fort, gagner ou perdre, la manière douce ou la manière forte. Mais ce mode de pensée est défectueux à la base. Il repose sur le pouvoir, et non sur des principes. Au contraire, lorsque l'on pense à partager la victoire avec autrui, on part du principe qu'« il y en aura pour tout le monde », que le succès des uns ne dépend pas de l'échec des autres.

La mentalité d'abondance

La plupart des gens ont ce que j'appelle la mentalité du rationnement. Ils ont l'impression qu'il n'y a jamais assez de tout pour tout le monde. Cette mentalité représente le point zéro de la vie. Lorsqu'ils effectuent un travail de collaboration, ces personnes ont du mal à partager la reconnaissance, le pouvoir ou le mérite attribués à tout le groupe. Elles éprouvent aussi du mal à apprécier réellement la réussite des autres, et parfois plus spécialement le succès de leurs proches. On a l'impression que ce succès leur enlève quelque chose, même si oralement elles expriment une certaine joie. Elles ne ressentent leur valeur qu'en comparaison avec celle d'autrui. Le succès d'autrui signifie leur échec.

Les individus possédant cette mentalité ruminent en secret leur désir de voir les autres subir des échecs, pas de gros échecs, mais des échecs suffisants pour qu'ils puissent, de leur côté, se maintenir à une place honorable. Ils dépensent leur énergie à l'acquisition de biens ou à la conquête de personnes afin de sentir leur propre valeur augmenter. Ils préfèrent s'entourer d'amis qui acceptent toujours leurs idées et ne les concurrencent pas, des gens plus faibles qu'eux. Au contraire, si je pense qu'« il y en aura assez pour tout le monde », et même davantage, je peux partager la reconnaissance, les bénéfices, les décisions... Les possibilités d'interactions, de développement et de croissance, et les solutions communes sont ainsi plus nombreuses et plus créatives. Cette mentalité s'appuie sur la satisfaction, le bonheur et l'épanouissement que procurent les trois premières victoires intérieures. Elle débouche sur l'extérieur. Elle permet de reconnaître le caractère unique de chacun, le sens que chacun donne à sa vie et sa proactivité.

Lorsque je parle de victoire publique, je n'entends pas par là une victoire sur les autres, mais des relations constructives qui entraînent des résultats positifs pour toutes les parties engagées. Cela signifie apprendre à travailler ensemble, à communiquer ensemble, à agir ensemble pour réaliser ce que chaque personne ne peut réaliser en agissant indépendamment. Ces victoires publiques émanent du paradigme de l'abondance. Un individu pourvu d'un caractère intègre et mûr et qui suit ce paradigme possède une sincérité de loin plus efficace que toutes les techniques de communication interactive.

Pour les personnes ayant l'habitude de penser « gagnant / perdant », il me semble utile d'avoir un modèle sur lequel prendre exemple pour acquérir cette mentalité. Lorsque l'on vit dans un univers où tout fonctionne sur la concurrence, il est parfois difficile de trouver un tel modèle. C'est pourquoi je recommande de lire des ouvrages tels que la biographie d'Anouar el Sadate ou Les Misérables, ou encore de voir des films comme Les Chariots de feu. Ces oeuvres donnent un bon exemple de ce qu'est une personne qui souhaite gagner avec les autres.

5. Cherchez d'abord à comprendre, ensuite à être compris

Imaginez que vous ayez des problèmes de vue. Vous vous rendez chez l'ophtalmologue. Vous lui expliquez brièvement votre cas. Il ôte alors ses lunettes et vous dit : « Tenez ! Prenez celles-ci. J'en ai une paire de rechange à la maison. Elles m'ont rendu de très grands services. »

Vous chaussez ses lunettes et, bien entendu, vous répliquez aussitôt : « C'est pire que tout, je n'y vois rien. » L'ophtalmologue aura beau insister en vous répétant que ses lunettes lui étaient très utiles et qu'elles vont vous rendre la vue, vous n'y verrez pas plus clair pour autant. Vous repartirez en éprouvant une certaine méfiance. Un ophtalmologue qui prescrit des verres sans même avoir fait de diagnostic ? C'est impensable.

[...]

ÉCOUTE PAR EMPATHIE

Pour chercher d'abord à comprendre, il nous faut opérer un changement de paradigme considérable. En effet, la plupart du temps, nous essayons d'abord de nous faire comprendre. Nous écoutons trop souvent dans l'intention de pouvoir ensuite répondre : nous parlons ou nous nous préparons à parler. Nous filtrons, à travers nos propres paradigmes, ce que nous entendons et nous projetons notre autobiographie sur les expériences de ceux que nous prétendons écouter. Nous projetons nos propres expériences sur les comportements des autres. Nous prescrivons aux personnes avec lesquelles nous interagissons de porter notre paire de lunettes. Lorsque nous avons un problème avec quelqu'un (enfant, conjoint, collègue de travail... ), notre attitude consiste à penser : « Il (ou elle) ne peut pas comprendre. »

Un adulte me disait un jour : « Je ne comprends pas ce qu'a mon fils. Il ne veut plus m'écouter. » Je répondais en reformulant sa pensée :

— Si je vous comprends bien, vous ne comprenez pas votre fils parce qu'il ne vous écoute plus.

— Oui, c'est ce que je veux dire, répliquait le père impatient.

— Je pensais que, pour comprendre quelqu'un, c'était à vous d'écouter cette personne. Il réfléchit un long moment et reprit : « En fait, je le comprends, je suis passé par là moi aussi. Mais, ce que je ne comprends pas, je crois, c'est la raison pour laquelle il ne veut plus m'écouter. »

En réalité, cet homme n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait dans la tête de son fils. Il ne cherchait la réponse que dans sa tête à lui, et il croyait y voir le monde et les pensées de son fils.

Nous avons tous tendance à écouter de cette manière. On compte en général quatre niveaux d'écoute. On peut ignorer l'autre, c'est-à-dire ne pas écouter du tout. On peut faire semblant d'écouter, en acquiesçant de temps à autre. On peut procéder par écoute sélective, et ne retenir que certains passages de la conversation. Ceci est très courant lorsque nous « écoutons » les bavardages continuels des jeunes enfants. On peut également écouter attentivement, mais ne prêter attention qu'aux mots. Il existe pourtant un cinquième niveau d'écoute : l'écoute par empathie, par laquelle vous vous identifiez à votre interlocuteur pour le comprendre.

Attention, quand je parle d'identification, je ne pense pas à toutes ces techniques d'écoute qui préconisent que l'on imite le discours de son interlocuteur. Ce type d'écoute repose sur des tactiques qui font peu de cas du caractère de chacun et de l'état des relations. Souvent, écouter de cette manière représente une sorte d'insulte pour celui qui est écouté. Même si vous n'interprétez pas sciemment ses paroles selon votre propre vécu, votre intérêt dans la conversation est cependant personnel : vous écoutez pour répondre, contrôler, voire manipuler.

Lorsque je parle d'identification, je veux dire qu'il faut véritablement se mettre à la place de l'interlocuteur pour le comprendre. Le paradigme est totalement différent. Vous vous imprégnez du point de vue de votre interlocuteur pour voir le monde à sa façon, pour comprendre son mode de pensée, et ce qu'il ressent.

Empathie ne signifie pas non plus sympathie. La sympathie, et le sentiment de compassion qui l'accompagne, constituent une forme d'acceptation, de jugement. Effectivement, dans certaines situations c'est la seule réponse possible. Mais on se raccroche trop souvent à ce sentiment. On en devient dépendant. Lorsque vous essayez de véritablement comprendre quelqu'un en vous mettant à sa place, vous n'avez pas à être d'accord avec lui. Mais vous devez chercher à comprendre cette personne en profondeur, à saisir ses sentiments, son raisonnement. Et cela exige bien plus que de simplement entendre, retenir ou même comprendre les mots prononcés. Les spécialistes en communication estiment que seuls 10 % de la communication passent par les mots, 30 % passent par les divers autres sons que nous émettons, 60 % par notre corps. Il nous faut donc écouter avec nos oreilles, mais aussi, et surtout avec nos yeux et notre coeur. [...]

6. Profitez de la synergie

Que signifie exactement synergie ? Dans le contexte des relations humaines, cela signifie que les rapports entre deux parties constituent en eux-mêmes une troisième partie, plus puissante : la combinaison des possibilités aboutit à un résultat plus grand que la somme arithmétique de ces possibilités. La réunion d'individus crée de nouvelles possibilités.

[...]

La synergie se rencontre partout. Dans la nature, particulièrement : si vous plantez deux arbres, leurs racines s'enlaceront pour fertiliser le sol ; l'assemblage de deux pièces procure plus de solidité à une construction que le montage de ces deux éléments séparément ; la conception même d'un enfant par un homme et une femme représente en soi une forme de synergie : un plus un n'égale plus deux, mais trois ou plus encore.

Dans les relations humaines, le concept de synergie repose sur le respect de nos différences afin de développer nos forces et de compenser ainsi nos faiblesses.

Nous respectons et apprécions les différences physiques entre un homme et une femme. Mais qu'en est-il des différences sociales, intellectuelles ou psychologiques ? Pourquoi ne pourraient-elles pas aussi être à l'origine de nouvelles formes de vie ? Pourquoi ne pourraient-elles pas engendrer un climat où chacun s'épanouirait à sa façon, ce qui conforterait la valeur et l'assurance de chacun et qui permettrait à tous d'atteindre la maturité en tendant d'abord vers l'indépendance, puis vers l'interdépendance ? Pourquoi cette synergie ne pourrait-elle pas créer un nouveau modèle pour les générations à venir ? Un modèle tourné vers la coopération, l'entraide, un modèle moins défensif, moins agressif, moins politique, moins égoïste, plus ouvert, plus confiant, plus généreux qui reposerait sur l'amour et le respect d'autrui, plutôt que sur la possession et le jugement.

LE RENOUVELLEMENT

7. Aiguisez vos facultés

Imaginez que vous vous promenez dans une forêt. Vous rencontrez quelqu'un qui s'affaire autour d'un arbre :

— Que faites-vous ? lui demandez-vous.

— Vous ne voyez pas que je scie un arbre !

— Mais, vous avez l'air épuisé. Depuis combien d'heures travaillez-vous ?

— Plus de cinq heures et je n'en peux plus. Ce n'est pas un travail de tout repos.

— Pourquoi ne prendriez-vous pas une petite pause ? Vous pourriez aiguiser votre scie. Je suis sûr que vous iriez plus vite ensuite.

— Je n'ai pas le temps de m'arrêter. Je suis bien trop occupé à scier.

L'habitude 7 vous propose de prendre le temps d'aiguiser vos facultés. Elle englobe toutes les précédentes, car c'est elle qui les rend possibles.

L'habitude 7 constitue votre capacité de production personnelle. Elle préserve et renforce le meilleur atout dont vous disposiez : vous-même. Elle renouvelle votre nature dans ses quatre aspects : physique, socio-émotionnel, spirituel et mental.

LE RENOUVELLEMENT EN QUATRE DIMENSIONS

Bien que les termes utilisés ne soient pas toujours les mêmes, la plupart des philosophies intègrent ces quatre dimensions. Les théories sur la vie en entreprise et la motivation des employés ne font pas exception : l'aspect physique correspond au contexte économique ; l'aspect social, à la manière dont on traite le personnel ; l'aspect mental et intellectuel, à la manière dont on développe et utilise les capacités des individus ; et 1'aspect spirituel correspond au fonctionnement de l'entreprise, à sa contribution à la vie.

Lorsque je vous propose d'aiguiser vos facultés, je veux dire par là qu'il est bon de cultiver ces quatre aspects de votre nature, de manière régulière, constante et équilibrée. Pour cela, vous devez faire preuve de proactivité, car ces activités appartiennent sans aucun doute au Cadre II. Il faut vous conformer à ce cadre, insister sur le développement de vos capacités de production jusqu'à ce qu'elles deviennent votre seconde nature, une bienfaisante accoutumance. Or, comme ces capacités se trouvent en plein centre de votre cercle d'influence, personne ne peut les développer à votre place.

Ce travail représente le meilleur investissement que nous puissions faire de notre vie : un investissement sur nous-mêmes.

DE L'EFFICACITÉ À LA GRANDEUR

8. Trouvez votre voie et soyez une source d'inspiration pour les autres

[1] Stephen R. Covey, Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent, J'ai lu © 2019.
Stephen R. Covey, La 8e habitude, J'ai lu © 2013.

* * *

La réussite ne s'atteint pas avec des recettes d'un jour. Elle se construit peu à peu sur des principes justes et immuables.

« Chacun de nous vit selon des schémas, des habitudes qui sont autant de traits de caractère acquis. Ainsi, nous adoptons souvent des habitudes inefficaces, destructrices, négatives qui mènent à l'échec professionnel et personnel.

Dans ce livre, je vous présente 7 habitudes de gagnants. Ce ne sont pas des formules de dynamisation ; ni des remèdes miracles ; surtout pas des trucs ; mais la possibilité globale qui vous mènera à un développement individuel et social positif.

Les 7 habitudes conduisent petit à petit à une sorte d'échelle de la maturité. Vous allez intégrer des principes d'équité, d'intégrité et de dignité humaine. Vous apprendrez à accepter les changements qui touchent votre vie familiale et professionnelle et donc à gagner la sagesse et le pouvoir de saisir de nouvelles opportunités.

Les 7 habitudes vous permettront d'agir en harmonie avec vos propres valeurs. Vous communiquerez mieux avec les autres. Vous réglerez vos problèmes personnels, familiaux et professionnels. En somme, vous découvrirez que votre bonheur est entre vos mains. »

Stephen R. Covey
Diplômé de Harvard et président du Covey Leadership Center, Stephen R. Covey a été le conseiller du Président Clinton. Cinq de ses livres ont été publiés chez First dont Priorité aux priorités qui développe et enrichit la plus utile des 7 habitudes, celle qui vous apprendra à gérer votre temps.

Philo5
                À quelle source choisissez-vous d'alimenter votre esprit ?