080512

Féminisme et Masculisme comme disciplines universitaires

par François Brooks

« Au début on t'ignore, ensuite on te ridiculise, après on te combat, et puis tu as gagné. » disait le Mahātmā Gandhi. Nous sommes rendu à la troisième étape, la victoire approche.

Nous avons ici un livre majeur sur le féminisme d'ici qui pourrait contribuer à faire avancer la cause des hommes plus que tout autre écrit. Il a le mérite de représenter la quintessence de la pensée féministe actuelle au Québec : la pensée universitaire. Il peut être utilisé comme un puits de critique inépuisable, mais il est bien plus que cela : il signe notre acte de naissance. Les féministes nous reconnaissent désormais sous le vocable « masculiniste ». Mieux, elles nous constituent en mouvement. Bravo! Et ce sont les féministes les mieux qualifié-e-s pour le dire puisqu'ils et elles sont tous des spécialistes universitaires en la matière. À moins qu'une autorité très influente se lève immédiatement pour le désavouer et que ses auteurs le désavouent aussi eux-mêmes, il sera pour nous un levier très efficace. Comment? Réfléchissons...

Ce livre nous rappelle que le féminisme est un mouvement politique qui est aussi (curieusement) une discipline enseignée à l'université qui lui consacre une chaire d'étude particulière : rien de moins qu'un Institut de recherches et d'études féministes (IREF). (À ce titre, on se demande pourquoi l'UQÀM n'héberge pas aussi un Institut de recherche et d'études Libérales (ou Conservateurs)?) Mais voilà que le cours « Men and Masculist Theory » existe à l'Université Concordia. Il était donné par le professeur Anthony Synnott (Expert at Concordia University). On constate que ce cours cadrait dans la faculté de Sociologie et d'Anthropologie, et non en Science Politique, Juridique ou Service Social qui sont les facultés d'où proviennent les auteurs de notre livre. Nous pouvons donc faire des représentations afin que les universités francophones du Québec donnent maintenant aussi une place à l'enseignement du masculisme dans leur cursus au même titre qu'elles le font pour le féminisme. Comme l'Université est une institution Scientifique non partisane qui ne fait pas de place particulière à un parti dans sa faculté de Science Politique, il n'y a donc pas de raison pour que le masculisme soit rejeté. Et comme les féministes universitaires les plus qualifiées viennent de publier un livre qui reconnaît publiquement notre importance effective, la porte s'ouvre donc pour un mouvement qui lutte en faveur de la cause des hommes. Mais cette reconnaissance est négative, me direz-vous, si le « masculinisme » est un démon à combattre, comment peut-on croire que nous pouvons entrer à l'université et y ouvrir un Institut de recherches et d'études masculistes si facilement? Tout simplement en s'identifiant au « masculism » enseigné par le professeur Synnott et qui est reconnu par l'Université Concordia.

L'erreur à éviter dans ce débat, est d'attacher trop d'importance aux considérations morales des universitaires qui ont écrit ce livre. On peut critiquer leurs interprétations sur toutes les coutures mais il faut reconnaître qu'ils et elles ont bien le droit d'émettre leur opinion, aussi peu scientifique soit-elle. Ils et elles voient les groupes d'hommes comme un mal à combattre. Très bien. Voilà leur point de vue moral. Mais le masculisme est un mouvement sans lequel le féminisme n'a pas sa raison d'être. Voilà leur position ontologique. Et celle-ci est beaucoup plus importante puisqu'elle nous pose – tous les groupes d'hommes et individus oeuvrant pour notre cause – comme l'adversaire qui justifie leur existence même. Sans hommes à combattre, point de féminisme. Un Scientifique peut bien affirmer qu'il n'aime pas le pôle négatif, mais il sait très bien que s'il veut que le courant passe, il n'arrivera à rien s'il ne se sert que d'une borne positive. Le fait même que ce livre ait été écrit par les autorités les plus compétentes en féminisme prouve et justifie de toute évidence la nécessité masculiste. Voilà qu'elles nous tendent les bras (ou le poing) pour nous dire combien elles ont besoin de nous pour justifier leur combat. Ne devrait-on pas nous réjouir? Comme l'Université est une institution scientifique, elle devra, maintenant, à un plus haut niveau, reconnaître la légitimité du masculisme tout comme elle reconnaît celle du féminisme et nous octroyer la place qui nous revient. Ou bien désavouer l'un et l'autre.

Certains dénoncent une telle démonstration de manichéisme en réclamant des mesures punitives contre les auteurs qui font parti d'un corpus universitaire qui leur apporte toute leur crédibilité et dont ils trahissent l'esprit scientifique. À la direction d'en juger. Mais ils ont démontré qu'un tel déraillement est inévitable quand un groupe occupe tout l'espace idéologique et refuse de reconnaître une contrepartie qui s'opposerait à de tels débordements. Le féminisme est comme un parti élu sans opposition. Comme il a pris un immense pouvoir, il ne peut plus être considéré seulement sous ses aspects bénéfiques. À l'instar de toute force non contrôlée, il tend à prendre toujours plus d'expansion.  Le masculisme doit naître et obtenir une reconnaissance officielle. Non seulement il s'opposera à de tels débordements mais aura pour tâche de réfléchir sur la condition masculine.

Quant à savoir quelle polarité vous préférez, masculine ou féminine, ceci est une considération secondaire. L'important est d'avoir reconnu l'autre comme votre propre source ontologique, ce qui est maintenant chose faite. Ensuite, nous laisserons à notre Institut de recherches et d'études masculistes le soin de se pencher sur les particularités masculines. Hominisme, humanisme, virilisme, masculinisme etc. seront des modalités reconnues comme autant de manières, plus ou moins radicales, d'oeuvrer pour la cause des hommes.

Philo5
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