Philo5
Il est rare que notre esprit soit vacant. L’esprit, c’est un peu comme la respiration. Nous pouvons volontairement forcer notre respiration, mais quand nous sommes occupés à autre chose, nous respirons tout seul, sans y penser ; ça respire. Notre esprit fonctionne de façon analogue : si nous ne l’employons pas volontairement, il pense tout seul, il rêvasse, rêve, erre… Mais à quoi vos pensées s’occupent-elles? Volontairement ou non, quelles sont les pensées qui vous effleurent l’esprit le plus souvent? Est-ce ce dont on a parlé récemment dans le dernier média auquel vous avez été exposé, vos études, le sport, votre amant, vos parents, votre automobile ; à quoi vous occupez-vous l’esprit?
Les philosophes, eux, chérissent huit thèmes. Ces thèmes sont utilisés à différents degrés par chacun pour expliquer l’univers et le rapport de l’être humain à celui-ci. Comme le font les musiciens avec les sept notes de base, ils nous composent des symphonies ontologiques qui nous permettent de connaître différentes perspectives sur ce que nous sommes.
|
1. Être |
l'Être, l’existence, l’objet, le sujet, les sens, la conscience. |
|
2. Physique |
la matière et les phénomènes qui la régissent, l’espace, le temps, l’atome, le corps, la quantité. |
|
3. Éthique |
le bien, le mal, la morale, le devoir, la liberté. |
|
4. Dieu |
la métaphysique, la foi, les doctrines, le sublime, l’infini, l'absolu. |
|
5. Bonheur |
l’individu, son comportement, ses tendances. |
|
6. Politique |
l’État, la société, la famille, les relations sociales, l’histoire. |
|
7. Logique |
la pensée, l’esprit, le raisonnement, les idées, les concepts, les mathématiques. |
|
8. Ordre |
dans chacun des 7 thèmes qui précèdent. Les causes : [causes premières, finales, efficientes, matérielles, formelles], le sens. |
On se demande parfois si notre intérêt du moment est « philosophique ». Si on peut déceler l'un ou l'autre de ces 8 thèmes dans la conversation, on peut lui trouver un rapport philosophique. Ce n'est pas tant le « contenu » de la conversation qui est philosophique que le « regard porté » sur celle-ci. Pour qu'une conversation soit philosophique, il faut qu'elle donne de l'espace à ma pensée. Si je dis « passe-moi le beurre » et que vous agissez selon ma demande, il n'y a rien là de philosophique. Mais si la question « Pourquoi le ferais-je? » se présente à votre esprit, vous entrez dans le champ philosophique. Si je regarde la télévision et reste en mode veille passive laissant les émotions suggérées me bercer sans résister, il n'y a rien là de philosophique. Mais si mes pensées réagissent par le questionnement, je sors de l'espace proposé pour élargir le champ du contenu télévisuel, j'entre dans le champ philosophique.
Dans notre monde culturel hypermédiatisé, comme mon esprit fonctionne toujours, qu'il soit en mode veille passive ou active, à tout moment il est sollicité. Chacun essaie de s'en emparer et de le faire agir selon des intérêts qui ne sont pas toujours les miens. M'interroger à savoir si ce qu'on me propose est dans mon intérêt ou non n'a rien de philosophique. C'est comme « passer le beurre » puisque, quand on me propose quelque chose, on me demande précisément de m'interroger si c'est dans mon intérêt ou non de consentir. Nous sommes ici dans le champ commercial. Le champ philosophique est beaucoup plus large, c'est le seul où je puisse exercer une totale liberté d'esprit et véritablement m'appartenir.
Pour rester dans le champ philosophique, je n'ai qu'à me demander : à quelle source est-ce que je choisis d'alimenter mon esprit?
Philo5...
… à quelle
source choisissez-vous d’alimenter votre esprit?