EXISTENTIALISME 

Kierkegaard

18131855

Théologien danois

Précurseur de l'existentialisme

 Existentialisme chrétien

* EXISTENCE *

 L'existence passe par trois stades : 1. esthétique, 2. éthique et 3. religieux.

 Il est impossible de vivre sans être chrétien, et pourtant, être chrétien est impossible.

L'existence est le surgissement de la liberté responsable d'un sujet. En agissant, l'homme ne se laisse pas seulement insérer dans la série des causes et des effets, il devient une sorte d'absolu commencement. Il insère dans la texture des causes et des effets, son acte libre ; il accomplit une rupture existentielle.

Les « vérités objectives » de l'hégélianisme ne peuvent pas s'appliquer à l'existence individuelle. « Pendant que l'imposant professeur explique le grand mystère de la vie, il a oublié, tout à ses préoccupations, son propre nom, qu'il est un homme, ni plus, ni moins, et non la fantastique trente-huitième ligne d'un paragraphe. » Chaque homme n'est intéressé que par sa « propre existence ». C'est seulement quand on agit et surtout lorsque l'on fait des choix significatifs que nous avons pleinement conscience de notre existence.

Dans la société urbaine moderne, l'individu va devenir « le public » et le signe distinctif de la foule et des masses est de « parler » sans se compromettre. C'est ce qui se passe quand les gens « pensent » et « adhèrent » exactement aux mêmes choses sans avoir aucune opinion particulière sur le sujet. La vérité est « subjective ». Ce qui ne veut pas dire que toutes les opinions et les croyances se valent.

Le péché (la faute) c'est de ne pas vouloir être soi-même devant Dieu : l'hypocrisie. Comment puis-je, en tant que sujet existant, accéder à Dieu ? Si je suis capable d'atteindre Dieu objectivement, alors je n'ai pas la foi, mais c'est précisément parce que je ne peux pas le faire que je dois avoir la foi. Si je veux garder la foi, je dois veiller sans cesse à maintenir ferme l'objectif comme incertitude. Je veux que Dieu existe, et non, je sais que Dieu existe. L'essentiel n'est pas de savoir si le christianisme est objectivement vrai ou non, mais s'il est vrai pour toi subjectivement. Il est impossible de vivre sans être chrétien, et pourtant, être chrétien est impossible.

L'individu chemine vers la foi en passant par trois stades de l'existence :

  1. Le stade esthétique (qui mène au désespoir) :
    L'individu recherche le plaisir et oscille entre l'amusement et l'ennui. Il n'y a pas d'engagement à ce stade et le vain caractère de la vie apparaît comme désespéré. Dans le monde des sens, l'individu est esclave de ses désirs et de ses émotions.

  2. Le saut dans le stade éthique (se choisir soi-même et se reconnaître pécheur)
    se produit lorsque, dans son désespoir, l'individu se reconnaît comme dominé par de vains penchants et choisit l'engagement et la fidélité. C'est, par exemple, le choix du mariage, par opposition à celui de Don Juan. Ce choix absolu de moi-même constitue ma liberté.

  3. Le stade religieux (se libérer du péché par la foi en Dieu)
    suit parce que l'individu reconnaît qu'il a besoin de la foi en Dieu pour se libérer du péché qui le domine. Grâce à la répétition (la méditation, la prière, le rituel) du moment présent il devient possible d'atteindre ce qui nous est refusé : l'éternité. À travers la répétition s'établit, entre l'instant et l'éternité, une relation dialectique. Pour nous qui vivons dans le temps, le stade religieux est à la fois exigé et refusé.

Le concept d'ironie

Le concept d'ironie permet de parler sans mentir lorsqu'on parle de ce dont il est impossible de parler. Car celui qui parle là où parler est impossible ne saurait éviter de mentir. « Lorsque l'on parle de Dieu, ce n'est presque jamais de Dieu qu'on parle. » (voir Gabriel Marcel) surtout si la voix s'élève jusqu'aux accents de la conviction. L'humour, d'autre part, sert à préserver l'incognito du religieux. Chacun de nous doit travailler sans trêve à devenir toujours plus subjectif. C'est-à-dire, s'approcher davantage de l'origine à travers laquelle Dieu nous a donné la condition humaine : la liberté. C'est à elle que nous devons de pouvoir, en tant que sujet subjectif, dire « je ».

Sources

Philo5
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