Extrait de « De la division de la Nature (Periphyseon) »
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Maître |
— La nature est donc, comme nous l'avons dit, un nom général désignant toutes les choses qui sont et qui ne sont pas. |
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Disciple |
— En effet ; car rien dans l'univers ne peut se présenter à notre pensée, qui ne tombe pas sous cette appellation. |
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Maître |
— Étant donc d'accord sur le caractère général de ce vocable, Je voudrais que tu me dises le principe qui nous permette de la diviser en espèces par ses différences (spécifiques). Ou plutôt, si tu veux, j'essayerai cette division ; ton rôle sera de l'apprécier. |
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Disciple |
— Commences, je t'en prie ; car je suis impatient d'entendre de ta part la vraie doctrine sur ce point. |
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Maître |
— À mon avis, la nature se divise en quatre espèces par quatre différences :
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Tout dans la nature, ne crée que par l'action de Dieu. Les créatures invisibles (ou spirituelles) et les créatures visibles (ou matérielles) sont, selon leur place dans la hiérarchie de l'être, les diverses manifestations de Dieu (théophanies). Dieu, comme fin ultime qui attire vers lui toute la création, est « la nature, qui ne crée pas et qui n'est pas créée. »
[1] Jean Scot Érigène, De divisione naturae : livre 1, n. 1, cf. texte latin, P. L. de Migne, t. 122, col. 441. Extrait de F.-J. Thonnard, Extraits des grands philosophes, Desclée & Cie © 1946, page 289.
[2] Jean Scot Érigène, De divisione naturae. Extrait de George Ghanotakis, Philosophe-minute, Éd. LEI © 1996 p.80.