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Nancy Sheehan |
1995-11-18 |
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Reader's Digest © May 1996 |
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Câlin sauveur [1]
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* * * Les jumelles de Heidi et Paul Jackson, Brielle et Kyrie, sont nées le 17 octobre 1995, avant terme de 12 semaines. La pratique hospitalière courante consiste à placer les jumeaux prématurés dans des couveuses séparées afin de réduire les risques d'infection ; c'est ce qui fut fait pour les filles Jackson au sein de l'unité de soins intensifs néonatals du Medical Center of Central Massachusetts, à Worcester. Kyrie, la plus vigoureuse des deux soeurs — pesant environ 1 kg (2 livres et 3 onces) —, prit rapidement du poids et passa les premiers jours de sa vie à dormir paisiblement. En revanche, Brielle, qui ne pesait que 900 grammes (2 livres) à la naissance, peinait à suivre le rythme. Elle souffrait de problèmes respiratoires et cardiaques ; son taux d'oxygène sanguin était bas et sa prise de poids restait lente. Soudain, le 12 novembre, l'état de Brielle devint critique. Elle se mit à haleter ; son visage ainsi que ses bras et ses jambes, d'une maigreur extrême, prirent une teinte gris-bleu. Son rythme cardiaque s'envola et elle eut le hoquet, signe inquiétant que son organisme subissait un stress intense. Ses parents observaient la scène, terrifiés à l'idée qu'elle puisse mourir. L'infirmière Gayle Kasparian tenta tout ce qui était en son pouvoir pour stabiliser Brielle. Elle aspira les sécrétions de ses voies respiratoires et augmenta le débit d'oxygène de la couveuse. Malgré cela, Brielle continuait de s'agiter et de manifester son inconfort alors que son taux d'oxygène chutait brutalement et que son rythme cardiaque s'emballait. Kasparian se souvint alors d'une chose qu'elle avait apprise au collègue. Il s'agissait d'une pratique courante dans certaines régions d'Europe, mais quasi inconnue ici, qui consistait à placer ensemble dans le même lit des bébés issus de grossesses multiples, en particulier les prématurés. La cadre infirmière de Kasparian, Susan Fitzback, était en conférence. La décision enfreignait le règlement, mais Kasparian prit le risque. « Essayons de placer Brielle avec sa soeur pour voir si ça l'aide », dit-elle aux parents inquiets. « Je ne sais pas quoi faire d'autre. » Les Jackson donnèrent rapidement leur accord, et Kasparian glissa le bébé qui se tortillait dans la couveuse où se trouvait sa soeur, qu'elle n'avait pas vue depuis la naissance. Puis, Kasparian et les Jackson les observèrent. À peine la porte de la couveuse refermée, Brielle se blottit contre Kyrie et s'apaisa aussitôt. En quelques minutes, le taux d'oxygène dans le sang de Brielle atteignit le meilleur niveau depuis sa naissance. Alors qu'elle somnolait, Kyrie passa son petit bras autour de sa soeur. Par coïncidence, la conférence à laquelle assistait Fitzback comprenait une présentation sur le partage du même lit pour les nouveau-nés. « C'est ce que je veux voir se mettre en place au Centre Médical », pensa-t-elle. Mais ça risque d'être difficile. À son retour, alors qu'elle effectuait sa tournée, l'infirmière chargée des jumelles ce matin-là lui dit : « Sue, jette un oeil à cette couveuse, là-bas. » « C'est incroyable ! », dit Fitzback. « C'est magnifique ! » « Vous voulez dire qu'on peut le faire ? » demanda l'infirmière. « Bien sûr que nous le pouvons », répondit Fitzback. Aujourd'hui, quelques d'établissements à travers le pays adoptent la pratique du partage de lit, qui semble réduire la durée d'hospitalisation. Cette méthode se répand rapidement, alors même que les premières études scientifiques à son sujet n'ont débuté qu'en janvier dernier. Mais Heidi et Paul Jackson n'ont pas besoin d'études pour savoir que le partage de lit a été bénéfique pour Brielle. Elle se porte à merveille. D'ailleurs, maintenant que les deux fillettes sont rentrées à la maison, elles continuent de dormir ensemble — et de se blottir l'une contre l'autre. |
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[1]
Article de Nancy Sheehan du Reader's Digest de mai 1996,
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