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2005-03-21 |
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U of T © 2005 |
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Se sentir bien vs bien faire [1] |
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* * * Contrairement aux Nord-Américains actuels, les anciens Grecs croyaient que la seule manière de parvenir au bonheur était de devenir une bonne personne ; ceci n'avait rien à voir avec « se sentir bien ».
Aristote
a brossé le tableau le plus complet des points de vue des anciens sur le bien-être.
Il affirmait que le bonheur ne pouvait être atteint que par un comportement vertueux et une réflexion rigoureuse.
Le professeur
Les premiers érudits chrétiens ont intégré dans leurs doctrines cette notion de souffrance en vue du bonheur. Saint Augustin, théologien du IVe siècle, affirmait que le péché originel empêchait d'atteindre le bonheur parfait dans cette vie, mais que les fidèles seraient récompensés après la mort. Les théoriciens de la Réforme pensaient que les plaisirs terrestres pouvaient être un signe de la grâce de Dieu, une récompense pour bonne conduite en prémisse du bonheur véritable au paradis. Une rupture radicale s'est produite au XVIIe siècle lorsque le philosophe anglais John Locke a suggéré que se sentir bien était intrinsèquement bon parce que Dieu souhaite que ses créatures soient heureuses. La bonne action fut désormais celle qui générait les sentiments les plus agréables. L'utilitarisme, une philosophie florissante au XVIIIe siècle, étendit cette théorie à la vie publique. Il affirmait que le gouvernement devait juger ses politiques en fonction de celles qui procuraient le plus grand bonheur au plus grand nombre. Au XIXe siècle, le philosophe anglais John Stuart Mill proposa une version raffinée de l'utilitarisme dans laquelle il distinguait les plaisirs « supérieurs » des plaisirs « inférieurs ». Selon lui, la satisfaction intellectuelle devait primer sur le plaisir purement physique, accessible à tous les animaux.
L'idée que le bonheur consiste à se sentir bien plutôt que bien agir a ses défenseurs actuels.
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[1]
Megan Easton, Feeling Good vs. Doing Good, University of Toronto Magazine © Spring 2005, p. 23
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