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Rob Rosenberger |
1995-01-01 |
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Rob Rosenberger © 1995 |
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Virus informatique |
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J'ai identifié un phénomène que je nomme le syndrome de la suffisance — cette tendance où des individus se croient compétents en matière de virus informatiques simplement parce qu'ils détiennent un titre, possèdent une expertise dans un domaine connexe, ou savent utiliser un ordinateur. La réalité est que la plupart de ceux qui parlent avec autorité sur ce sujet technique obscur ont peu ou pas d'expérience pertinente. J'ai moi-même été témoin du phénomène dans un magasin Software Etc. en Illinois. Un vendeur, probablement embauché deux semaines plus tôt, et provenant de chez McDonald's, affirmait avec assurance qu'un client avait contracté un « nouveau virus ». Il s'agissait en fait d'un canular bien connu, démenti par les principales sociétés de sécurité. L'employé se croyait informé parce que sa maison mère lui avait envoyé un avis par courriel. Voilà le problème : la confiance sans fondement. Les pseudo-experts pullulent. Les vendeurs, consultants, techniciens, professeurs, administrateurs réseau — tous peuvent succomber. Un titre imposant ne vaut que si la description de tâches inclut réellement la sécurité informatique. Or, la plupart des administrateurs réseau n'ont jamais étudié cette discipline ; leur expérience en réseaux leur donne une confiance déplacée sur un sujet qu'ils ne maîtrisent pas. Les experts généralistes en sécurité informatique ne sont pas épargnés. Leur expertise en pare-feu ou en cryptographie ne se transfère pas automatiquement aux virus. Pourtant, ils se prononcent, écrivent des articles, assurent des consultations — diffusant peurs et mythes. Les médias amplifient le phénomène : pressés par les délais, ils contactent le premier « expert » disponible, vérifient à peine ses références, et créent des paniques mondiales. J'ai prédit en 1992 que le virus Michelangelo n'infecterait que 10 000 ordinateurs. J'avais pourtant raison contre les médias qui annonçaient cinq millions, et même jusqu'à quinze millions seulement aux États-Unis. Il existe aussi l'effet « peinture verte » : un produit se vend mieux s'il est associé au concept à la mode. Les éditeurs de logiciels ajoutent des modules « anti-virus » à des produits sans rapport, surfant sur la peur. Les réparateurs d'ordinateurs diagnostiquent systématiquement « virus » pour des pannes matérielles — c'est plus vendeur, plus rentable. Et puis il y a « Ti-Joe connaissant », cet utilisateur qui « connaît quelqu'un dont le cousin a perdu toutes ses données » : anecdote devenue fait établi, répétée sans vérification. Les implications sont graves. De fausses alertes paralysent des réseaux entiers. Des employés perdent leur emploi sur de fausses accusations. Des ressources sont gaspillées, des décisions stratégiques prises sur des bases erronées. La méfiance s'installe entre collègues, entre employés et direction. Ma conclusion est simple et directe : questionnez les références de tous ceux qui parlent de virus — moi y compris. Exigez des preuves concrètes, vérifiez les sources, méfiez-vous des affirmations péremptoires fondées sur « l'expérience » ou le titre. Le syndrome de la suffisance ne disparaîtra pas ; seule une vigilance constante peut en limiter les dégâts. |
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Résumé produit avec l'IA et F. B. (2026) de la
traduction de Benoît Bouchard.
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