010117

La vie est inutile, la mort n'existe pas ni Dieu non plus

par François Brooks

Il n'y a rien après la mort, la mort elle-même n'est rien... [...] Où vont ces morts? Ils vont là où sont ceux qui ne sont pas nés.[1]

 

La vie ne sert à rien et Dieu n'existe pas. Je n'ai pourtant pas envie de me suicider pour autant puisque je me sens bien. J'ai bien baisé la nuit dernière, j'ai mangé à ma faim ce matin et je relaxe au chaud dans un endroit paisible[2]. Pour avoir envie de se suicider, il faut être souffrant ou angoissé. Être en vie sans raison d'être ne m'angoisse pas. Il suffit de se faire à l'idée.

 

La mort ne m'inquiète pas non plus puisque je ne la connaîtrai jamais. Il faut être en vie pour connaître quelque chose. La mort des êtres qui me sont chers me préoccupera, pas la mienne. Mon agonie me préoccupe, mais elle fait partie de la vie et non de la mort.

 

C'est quand je souffre et que je pense au suicide que j'ai besoin de Dieu pour donner un sens à ma vie. Autrement, je m'en fous.

 

La vie ne sert à rien, à rien d'autre que de se la rendre le plus agréable possible.

 



[1] Sénèque le Philosophe, (Cordoue ~ –4 av. J.C. - Rome 65 apr. J.C.), Les Troyennes, (le chœur des Troyennes). Relaté par Jorge Semprun, dans son livre La mort qu'il faut, à l'émission Bouillon de culture du 2 avril 2001.

[2] J'ai écrit ce texte dans le décor paradisiaque de l'Ovarium.