Mouvement Vasectomie Québec

 Féminisme-Masculisme 

 

François Brooks

2004-05-12

Essais personnels

 

Mouvement Vasectomie Québec

 

 

La fête des pères poires
ou Plaidoyer pour la vasectomie

Le fait d’encourager la procréation dans une société qui brime l'homme d'être un partenaire égal dans l'éducation des ses enfants, est une hérésie masochiste qui doit être combattue par tous ceux qui ont connu l'horreur de n'être pas reconnu comme père par une société féministe hypocrite à outrance.

L'équivalent mâle aux grandes manifestations de déchirements de brassières des féministes des années '70, et au militantisme pro-avortement des années '80 pourrait bien être l'initiation de grandes campagnes hoministes en faveur de cliniques de vasectomie libres et gratuites !

J'en appelle donc aux mâles de cette espèce qui ont subi la désillusion de réaliser que la « justice » pour laquelle ils paient des impôts ne s'applique pas à eux, en tout cas, pas dans le sens d'une justice équitable, de se rallier pour sensibiliser les nouvelles générations de garçons aux risques énormes pour leur santé mentale et financière que constitue le fait d'accepter d'être les géniteurs d'enfants malheureux pour lesquels ils ne seront, en bout de piste, que des pourvoyeurs démunis et aigris.

Nul homme sensé ne peut accepter le risque de se voir ainsi brimé sans prévenir les jeunes générations d'hommes de l'issue fatale de leur inconscience à l'égard de femmes qui les manipuleront plus ou moins consciemment, pour ensuite profiter des mesures généreuses mises en place pour qu'elles puissent récolter le butin de leur incurie aux dépens de l'équilibre de leur enfant.

Une telle campagne peut s'organiser en deux temps, le premier étant la production d'un dépliant explicatif, relatant des cas réels d'injustices à l'égard de pères, et établissant la liste des cliniques « participantes ».

Des marches qui seront sans doute très médiatisées peuvent par la suite s'organiser devant des cégeps ou des universités, et des manifestations de « sensibilisation » à cette intervention chirurgicale mineure à 90 % réversible peuvent être tenues dans une clinique bien en vue du centre-ville.

Bref, il est temps de lancer le MVQ (Mouvement Vasectomie Québec) !

La fête des « poires » imminente pourrait bien être une occasion providentielle pour obtenir l'attention médiatique que mérite cette cause...

Qui osera relever le défi ?
Antoine Barbour
Pointe-Claire, 11 mai 2004

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Bonjour Monsieur Barbour,

Votre invitation à créer le Mouvement Vasectomie Québec m'émeut. Je me suis fait vasectomiser il y a quelques années pour des raisons qui gravitent autour de l'appel que vous lancez, mais aussi pour d'autres raisons. Je suis touché par votre réquisitoire qui manifeste éloquemment le deuil que notre époque inflige aux Québécois en âge d'entrer dans la paternité, mais je vais tenter d'expliquer pourquoi je ne serais pas d'accord pour aider à entraîner d'autres hommes dans ce geste de désespoir bien légitime.

Le stratagème me fait penser aux « Ellen-Jamesiennes » du film Le monde selon Garp. Celles-ci s'amputaient de la langue en guise de protestation pour appuyer Ellen James qui s'était fait violer à 11 ans par deux hommes qui lui avaient cruellement coupé la langue pour l'empêcher de les dénoncer. Récupérer ce viol comme événement pour tremplin au féminisme était si bête que la première victime finit par demander aux femmes de cesser la pratique. [1]

Je suis d'avis que, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Qui sait si dans dix ans, des groupes de femmes n'auront pas renoué avec des valeurs plus hoministes, plus familiales, plus responsables ? Pourquoi s'empresser ? D'ici là, je vous appuierai volontiers pour encourager les hommes qui sentent que leur progéniture n'a pas les chances idéales de s'épanouir, de s'abstenir de procréer. D'autre part, il est temps que les hommes revendiquent leur propriété génétique. Une femme n'a aucun droit d'utiliser la semence d'un homme sans son consentement. Si le corps de la femme lui appartient, les spermatozoïdes appartiennent au mâle qui les produit. [2] Les hommes doivent se réapproprier cette prérogative trop souvent sacrifiée négligemment sur l'autel de la jouissance éphémère d'une nuit d'étreinte.

Mais, vous serez peut-être intéressé par ceci. Juste avant de passer au bistouri, j'en avais ouvertement parlé dans mon milieu de travail pour savoir si quelqu'un avait vécu l'expérience. J'avais besoin de conseils. J'ai été surpris de constater le nombre d'hommes, avec qui je travaillais tous les jours sans jamais avoir abordé le sujet, qui, tout à coup, se sont intéressés à la conversation et ont révélé spontanément qu'ils avaient déjà subi l'opération. Sur dix hommes en pleine santé et d'âge mûr entre 30 et 55 ans, nous étions sept à avoir choisi de ne plus jamais mettre d'enfant au monde. Nous savons que le taux de natalité est déjà très bas au Québec. La vasectomie est une décision personnelle dont je ne connais pas les statistiques exactes, mais nous serions peut-être surpris d'apprendre que, sans avoir répondu à aucun appel revendicateur, une quantité impressionnante d'hommes ont peut-être déjà pris cette décision dans l'état féministe actuel des choses.

Enfanter est une responsabilité à assumer, mais décider de ne plus jamais être père est un triste deuil. Pourquoi s'imposer un deuil alors que tout n'est pas perdu ?

Si l'ennemi vous coince, allez-vous vous donner la mort vous-même, ou n'allez-vous pas lui laisser l'entière responsabilité de son odieux dessein ? Je suis en faveur de la vie et si l'on doit me tuer, je ne ferai rien pour collaborer, et surtout pas me tuer moi-même.

Où est le courage de celui qui choisit d'abdiquer alors qu'il y a tant à faire pour améliorer la situation ? Ce n'est sûrement pas facile, mais il nous reste une foule de moyens de pression alternatifs, et nous avons la vie devant nous.

Le pouvoir de la frange déviante de l'idéologie féministe [3] a saccagé les relations matrimoniales. Il faut les reconstruire, et plus encore, trouver le moyen d'obtenir la collaboration des femmes qui, de plus en plus, reconnaissent l'immense tort que ces déviances ont causé à la famille. Je m'opposerai toujours à cette destruction, mais je suis tout disposé à recommander aux hommes de temporiser leur désir de paternité et à encourager la revendication de nos droits sur notre patrimoine génétique.

Merci, Monsieur Barbour, de m'avoir fourni l'occasion de cette réflexion. Je vous souhaite bon courage.

François Brooks
www.philo5.com

[1] Soulignons ici que Ellen James est un personnage aussi fictif que les Ellen-Jamesiennes. Celles-ci n'ont jamais existé ailleurs que dans l'imagination du romancier John Irving.

[2] Voir le texte Paternité non désirée.

[3] Voir le texte Les 5 pôles du féminisme.

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