par René
Tregouet
trouvé
ici : http://www.lyonne-republicaine.fr/dossiers/chroniques/oepweb/20041212.YON_D6809.html
La vie sur la Terre et tout l’univers pourraient n’être
qu’une simulation informatique gigantesque, un rêve de super-ordinateur,
supputent dans leurs derniers écrits deux scientifiques britanniques renommés,
le physicien
L’univers,
dans ce cas, ne serait pas un tout mais une partie
d’un ensemble que
Selon lui, la croissance de
l’univers à son origine aurait obéi à un modèle d’« inflation
chaotique ». Alors que la théorie classique du Big Bang décrit un univers
semblable à une bulle de savon se gonflant graduellement, la théorie de Linde décrit un univers semblable à
une bulle qui produirait des bulles identiques, et ainsi de suite. L’univers décrit par Linde enfanterait de nouveaux univers par
autoreproduction et selon une
arborescence empruntée aux mathématiques fractales découverte par Benoit
Mandelbrot. Pour Linde,
il faudrait imaginer l’univers comme un ensemble de bulles interreliées qui se
dévelo
« On sait depuis longtemps
que des civilisations techniques à peine plus avancées que les nôtres auront la
capacité de simuler des univers dans lesquels des entités conscientes pourront
émerger et communiquer entre
elles », ra
D’autres scientifiques refusent d’envisager l’hypothèse d’un monde créé par les machines. Seth Lloyd, un physicien du Massachusetts Institute of Technology (MIT) cité par le Sunday Times du 14 novembre, avance comme principale objection qu’un ordinateur capable de simuler la vie terrestre devrait être « inimaginablement puissant ». Mais pour réfuter cette objection John Barrow ne s’appuie pas que sur l’informatique. Pour étayer sa thèse d’un univers simulé il souligne un fait extrêmement troublant : l’équilibre infiniment subtil des conditions naturelles rendant la vie possible sur Terre. Un équilibre, suggère le chercheur, qui pourrait même s’avérer trop délicat pour se perpétuer sans que « de légers changements » lui soient apportés de temps à autre.
Cette question fondamentale du «
réglage » des grandes constantes de l’univers dans un sens qui permet
l’apparition de la vie est développée de manière remarquable dans un
passionnant article intitulé « L’ajustement fin des constantes de
l’univers » et publié dans
le dernier numéro hors série de la revue « Sciences&Avenir ».
Dans cet article (non disponible en ligne), Dominique Lambert, Professeur à
l’Université de Namur, souligne de manière pertinente que le processus qui
produit le carbone dépend de manière très fine des valeurs des constantes de
couplage de l’interaction forte et
de l’interaction électromagnétique. Il suffirait que ces constantes de couplage
soient très légèrement modifiées pour détruire toute possibilité de produire du
carbone, élément indispensable à la vie. S’agissant de l’interaction faible
(qui intervient dans les processus de désintégration), Dominique Lambert ra
Enfin, à l’échelle cosmique, il est troublant de constater que la fameuse constante cosmologique possède exactement la valeur nécessaire à l’apparition des structures cosmiques telles que les galaxies, les étoiles et les planètes. Une valeur plus élevée rendrait impossible la formation de ces structures liées par la force de gravitation. Une valeur plus faible entraînerait une contraction trop rapide de l’univers, empêchant les étoiles de se former.
On voit donc que, sans céder aux explications métaphysiques ou religieuses, un nombre croissant de scientifiques tout à fait rigoureux et attachés à la rationalité, tentent d’éclairer d’une manière nouvelle le fait troublant que toutes les constantes et forces fondamentales de l’univers sont très exactement réglées de manière à permettre l’apparition de la vie. Face à un univers dont toutes les lois et les constantes permettent une organisation de plus en plus complexe de la matière, jusqu’à l’irruption du vivant puis de la conscience, cette hypothèse d’un univers simulé, qui serait voulu et conçu par une intelligence cosmique d’une puissance presque incommensurable, mérite d’être examinée et sera de plus en plus incontournable dans les décennies à venir.