050523

Messieurs, nous sommes en guerre [1]

par Michel Thibeault

2005

Madame Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec affirme que « les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe mais seulement en tant qu'individus [2] ». Il est absolument incroyable qu'une femme occupant sa fonction, qu'une femme ayant aussi facilement accès aux résultats de recherches sociologiques, qu'une femme ayant le privilège d'être en contact avec les acteurs les plus influents en matière de structures sociales... puisse affirmer publiquement que les hommes ne vivent pas de problème en tant que groupe.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Je ne perdrai pas de mon précieux temps à expliquer à madame Asselin ce qu'elle sait déjà mais nie pour des raisons évidentes de volonté de progression en ligne droite vers le pouvoir et de conscience que l'argent se fait plutôt rare actuellement. Quand les hommes seront reconnus comme groupe vivant des problèmes, les groupes de femmes devront partager leurs ressources. Je suis fatigué de perdre mon temps à essayer de convaincre celles qui ne veulent pas être convaincues. Je ne crois pas que nous soyons à l'heure de convaincre ni de comprendre. Nous sommes à l'heure d'affirmer et de combattre.

Les paroles de madame Asselin devraient nous faire réaliser une chose importante, nous ne pouvons pas compter sur les femmes pour améliorer notre condition. Nous devons plutôt, et c'est bien malheureux, considérer les femmes comme des ennemies. Madame Asselin est la voix des femmes, elle est une affiche grandeur de société qui nous indique dans quelle direction idéologique les femmes se sont engagées. Madame Asselin n'oserait jamais faire une telle affirmation si elle n'était pas persuadée qu'une majorité de femmes est en accord avec son opinion.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Nous devons nous rendre à l'évidence, les femmes ne peuvent pas comprendre ce que nous vivons en tant que groupe, puisque leur présidente affirme publiquement que nous ne vivons rien. Et sincèrement, pourquoi devrions-nous exiger des femmes qu'elles comprennent? Pourquoi devrions-nous « quêter » leur appui? Pourquoi faudrait-il obtenir leur autorisation pour que la société s'adapte et répondre plus adéquatement à nos besoins et nos intérêts en tant que groupe? Qu'elles acceptent serait amplement suffisant mais illusoire. Qu'elles perdent une guerre ne devrait pas être nécessaire mais ça arrivera.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Si cette phrase n'est pas en mesure de nous faire réaliser que nous sommes malheureusement en présence d'une ennemie en la personne de madame Asselin... nous méritons de stagner encore quelques décennies messieurs. Une des femmes les plus influentes au Québec actuellement se permet d'affirmer publiquement que nous ne vivons pas de problèmes en tant que groupe. Nous savons donc qu'elle le répète en coulisse, partout, dans un souper avec untel, un colloque avec un autre et une réunion avec monsieur le ministre.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Nier les problèmes que vivent les hommes en tant que groupe est grave et ça me fait mal de constater que si des hommes sont assez naïfs pour tendre la main vers la présidente de la Fédération des femmes du Québec... elle devient dangereuse au lieu d'être aidante. Michèle Asselin est une femme dangereuse en matière de santé publique. Qu'elle fasse une telle affirmation tout en sachant qu'elle blessera profondément des milliers d'hommes me fait beaucoup de peine parce qu'elle semble être prête à sacrifier 50% de la population pour gagner sa guerre.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Pendant que vous lisez ces lignes, un homme vient peut-être de se tirer une balle dans la tête. Peut-être que vous-même avez déjà pensé à vous pendre ou à vous faire sauter la cervelle. Peut-être que vous n'avez jamais envisagé le pire mais que, simplement en tant qu'homme, vous vivez des injustices évidentes et vous accumulez des frustrations. Tant que vous penserez que vos problèmes ne sont que les vôtres, que vous êtes seuls et isolés, que vous n'avez pas le droit de devenir un membre d'un groupe parce que vous êtes le seul « fucké » de ce genre... vous vous sentirez mal. Tant que des femmes affirmeront que les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... des hommes mourront parce qu'ils se pensent seuls. Ça serait une bien drôle de guerre si les ennemies réussissaient à ce que leurs opposants s'éliminent par eux-mêmes hein?

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Ce que madame Asselin souhaite, c'est que sa phrase entre dans nos têtes et s'incruste. Cette phrase est une véritable déclaration de guerre puisque cette phrase est l'équivalent d'une bombe larguée sur les plus faibles et les plus fragiles d'entre-nous. Sacrifier des hommes au profit des femmes... ça s'appelle être en guerre. L'affirmation de Michèle Asselin appuie la pensée que ceux qui se suicident laissent derrière eux des gens persuadés qu'ils étaient seuls, qu'ils ne pouvaient pas constituer un groupe... qu'ils méritaient quasiment de crever. Si madame Asselin n'était pas consciente des conséquences de ses paroles, j'aurai le mérite d'avoir essayé de la conscientiser.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Une présidente d'une Fédération de femmes n'est certainement pas une imbécile. Sa déclaration n'est donc pas lancée sans raison, cette déclaration a été réfléchie et pensée. Cette affirmation découle d'une réflexion qui vise à protéger les acquis des femmes et l'argent associé à ces acquis. Peu importe ce que ça aura comme résultats sur la santé et la condition des hommes. À première vue, nous pouvons penser que madame Asselin est dure envers les hommes mais finalement, elle fait simplement son travail. Son travail de combattante. Son travail de guerrière. Michèle Asselin a de la graine de mercenaire... elle est capable de faire ce qu'il faut si le compte y est. Il y a beaucoup d'argent dans le milieu communautaire féminin (féministe), Rambo Asselin tire sur quiconque a l'air de s'approcher des fonds et subventions disponibles. Les femmes sont en guerre depuis longtemps et si nous pensions que cette guerre était terminée... bienvenue dans l'vrai monde.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Aussi choquante et insensée puisse être cette affirmation, paradoxalement, j'ai beaucoup de respect pour celle qui en fait son opinion... même si elle ment consciemment. Madame Asselin se bat pour « ses femmes », elle est prête à dire des énormités, des stupidités, elle est prête à sacrifier des hommes pour défendre la cause de ses membres. Maudit que j'ai hâte que nous devenions capables d'être solidaires comme Michèle Asselin. Solidaires jusqu'à l'insensé. Solidaires jusqu'à la déclaration de guerre contre les femmes... en tant que groupe. Reprenons l'affirmation de Michèle Asselin en y accordant une partie de vérité : oui chère madame nous n'avons pas encore suffisamment démontré jusqu'à quel point les hommes – en tant que groupe – sont écœurés, fatigués... rassemblés. Mais ça ne veut pas dire que nous ne vivons pas de problèmes pour autant. Merci chère madame d'avoir fait avancer ma réflexion et de m'avoir fait fouiller plus profondément dans mon groupe.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Je réalise aujourd'hui l'importance de gars comme Yves Pageau de www.garscontent.com et de Gilbert Claes de l'Après-Rupture qui sont représentatifs de beaucoup d'hommes et surtout... qui confirment que nous vivons des problèmes en tant que groupe. Si nous rassemblons les visiteurs de Garscontent.com, de l'Après-Rupture.com et de Entregars.com [3] ... ça fait plusieurs centaines de milliers d'hommes québécois qui affirment vivre des problèmes en tant que groupe. Nous sommes la preuve que Madame Asselin ment pour protéger ses membres. Claes et Pageau ont aussi compris depuis longtemps que la guerre est ouverte, ils ont compris depuis bien plus longtemps que moi. Messieurs, milles excuses, mais ça aura pris une déclaration d'une féministe pour m'ouvrir vraiment les yeux. Continuez votre travail les gars, moi je n'oserai plus jamais vous empêcher de sacrifier la réputation de certaines femmes au profit de l'avancement de la condition masculine. Je vous annonce même que vous avez mon appui... et l'appui de milliers de québécois. Les femmes sont en guerre... faudra bien combattre. Pas le choix. Quand l'ennemie tire, reste juste à répliquer ou à crever. Le deuxième choix à tendance à me faire peur. J'ai la certitude que les femmes sont mes égales et si j'ai à combattre, elles seront considérées à ce titre... une guerre est une guerre. Voilà pourquoi Claes et Pageau sont durs, justement parce qu'ils savent que les femmes sont leurs égales... pourquoi faudrait-il les traiter comme des p'tites pitounes fragiles?

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Je m'identifie aux autres hommes qui subissent des injustices et des problèmes. Madame Asselin aurait pu se limiter à questionner les hommes, mais elle est en guerre. Madame Asselin, je suis un homme, entouré d'hommes, je travaille quotidiennement avec des hommes et j'ai côtoyé plus de 200 hommes depuis trois ans. Nous vivons des problèmes en tant que groupe, le nier publiquement fait de vous une « politicienne » bien peu subtile mais tout à fait prévisible. J'apprécie cependant votre transparence. Madame Asselin, vous avez de géantes couilles pour oser faire une telle affirmation. Ou bedon vous savez que vous êtes magnifiquement armée pour continuer d'être en guerre ou vous prenez les hommes pour des pee-wee qui ne sauront pas se défendre. Moi je pense que les hommes enseigneront aux femmes comment combattre différemment.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

De grâce, messieurs les Dallaire et Corneau de ce monde, admettez donc que les femmes sont nos ennemies en matière d'amélioration de la condition masculine. Au mieux, elles sont des freins. Dans le plus idéal des idéaux... elles sont d'excellentes spectatrices. J'utiliserai une formulation digne de madame Asselin. Les femmes peuvent être nos alliées à titre individuel, mais en tant que groupe, vous venez de nous confirmer que vous êtes nos ennemies. Individuellement, je coucherai avec mon ennemie parce que dans mon lit, elle ne l'est plus. Individuellement, j'éduquerai ma fille avec mon ennemie parce que dans son rôle de mère, ma blonde n'est pas une menace. Mais lorsque ma blonde, ma sœur, ma cousine, ma voisine voudront me parler de leur vision de femme de ma condition masculine... elles verront que je suis en guerre contre son groupe. Ma blonde verra que si jamais nous nous séparons et qu'elle veut me faire la vie dure... elle aura devant elle un combattant féroce. Elle verra que le groupe d'hommes que je suis devenu a comme mission d'aller chercher de l'argent pour ses boys, peu importe que les femmes battues ou monoparentales perdent des ressources. Maintenant, je dois penser juste pour mes boys, copier les femmes qui ne pensent qu'à elles. Ça marche pour madame, pourquoi ne pas reproduire la stratégie pour monsieur. Je comprends mieux mon rôle, je serai égoïste. La représentante des femmes québécoises m'a montré le chemin en déclarant la guerre à ceux qui souffrent et qu'elle sacrifie pour les siennes. Mesdames, sacrez-moi patience avec vos femmes battues et vos mères monoparentales, j'ai du travail à faire dans ma cour. Désolé pour vous mesdames, mais la ligne sera occupée à partir de maintenant.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Messieurs, nous n'avons pas besoin des femmes comme alliées puisqu'il est maintenant évident qu'elles ne veulent pas nous aider. Impossible d'être des deux côtés de la clôture, d'occuper les deux camps opposés sur le champ de bataille. Depuis plusieurs années, les hommes sont déchirés entre leur volonté de conserver la paix sociale et la réponse à leurs besoins vitaux. Je pense que les besoins de mes boys passent avant la fausse paix sociale actuelle. Nous pensions être en paix, Michèle Asselin confirme qu'elle est toujours en guerre. Ça tire sur moi, ça explose autour de moi, des hommes souffrent, crient et meurent... je dois certainement être en guerre.

Un jour, les femmes se sont levées et sont allées à la guerre. Leur guerre. Pour leurs raisons. Pour leurs besoins. La guerre des femmes en tant que groupe. Elles le méritaient et elles ont mérité de gagner leurs batailles qui aujourd'hui, font de notre société un endroit où être une femme est meilleur qu'il y a 40 ans.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

C'est à notre tour messieurs. Nous devons gagner notre guerre. Pour répondre à nos besoins, pour nos raisons. C'est la nôtre et ce que les femmes en pensent ne devra pas nous atteindre. Je n'ai pas de remord à faire la guerre ; je suis en guerre contre la pornographie, en guerre contre le sexisme et en guerre contre les stéréotypes et je suis fier d'être capable de me battre pour défendre mes valeurs. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais me sentir coupable de répliquer lorsque je suis attaqué.

Messieurs, faudra assumer notre besoin vital de déclarer la guerre contre celles qui se mettront en travers de notre voie vers l'amélioration de notre condition masculine. Je me balance d'être perçu comme un masculiniste ou un hoministe... jouer sur les mots... je laisse ça à ceux qui aiment perdre leur temps. Moi, je suis masculiniste pi hoministe quand j'accueille un des boys qui me dit qu'il a envie de se suicider parce qu'il verra ses enfants juste 8 jours par mois. Je suis un hoministe et masculiniste quand j'anime un groupe de pères qui s'entraident magnifiquement entre eux. Lâchez-moi avec les mots... passons s.v.p. à l'action. Je veux maintenant plus d'argent, plus de ressources pour mes boys... et si les des femmes doivent en payer le prix, tant pis. Merci Michèle Asselin de m'avoir réveillé sur la façon de combattre. Merci pour le coup de genou dans les gosses madame Asselin, maintenant que je sais que les règles n'existent plus, la partie sera probablement plus serrée...

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Après une affirmation comme celle-là, les femmes nous font réaliser ce que nos yeux fermés nous empêchent de voir depuis longtemps. Cette affirmation démontre toute l'absurdité de la situation actuelle. Les femmes sont déjà en guerre contre l'amélioration de la condition masculine avant même que nous, nous soyons prêts à nous battre pour faire avancer notre condition. Michèle Asselin frappe sur les hommes qui sont déjà à terre... qu'attendons-nous pour réagir?

Les femmes sont en train d'essayer de faire avorter la naissance des hommes en tant que groupe. Faudra être vigilant les boys, faudra être forts, durs, cruels et insensibles envers nos ennemies car les femmes sont des expertes en matière d'avortement.

« ... les hommes ne vivent pas de problèmes en tant que groupe... »

Messieurs, nous sommes en guerre.


[1] Source reproduite : http://www.entregars.com/edito.htm. Défunt site devenu maintenant Fondation pour Hommes.

[2] « La question n'est pas de savoir si les hommes aussi vivent des difficultés, explique Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec. C'est là une évidence, mais on ne doit pas porter la même attention à leurs problèmes qu'à ceux des femmes. Parce que les hommes ne peuvent pas être discriminés en tant qu'hommes, ils ne vivent pas de problèmes en tant que groupe, mais en tant qu'individus. Donc, on s'oppose aux masculinistes qui nient que les femmes subissent de la discrimination à cause de leur sexe. »
Source : Frédéric Denoncourt, Les sexes forts, Journal Voir 19 mai 2005 http://www.entregars.com/conditionasselinvoir.htm
(voir note 1)

[3] Voir note 1.


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