Texte référence 050804

Rhétorique, définitions [1]

Petit Larousse illustré © 1979 et 1998

RHÉTORIQUE n. f. (gr. rhêtorikê)

* * *

On distingue, dans les figures de rhétorique :

1. Les figures de mots, (trope) qui consistent à détourner le sens des mots :

* une allégorie : (gr. allegoria). Expression d'une idée par une image, un tableau, un être vivant, etc. ; œuvre littéraire ou artistique utilisant cette forme d'expression : le « Roman de la Rose », le tableau de Delacroix « La Liberté guidant le peuple » sont des allégories. Représentation, expression d'une idée par une figure dotée d'attributs symboliques (dans l'art) ou par le développement continu et rigoureux d'une métaphore (dans la littérature).

* une antiphrase : Manière de s'exprimer, figure de style, qui consiste à dire le contraire de ce qu'on pense, par ironie ou euphémisme : C'est par antiphrase que l'on a surnommé « Philopator » (qui aime son père) celui des Ptolémées qui fit périr son père.

* une antonomase : Procédé par lequel un nom propre est pris pour un nom commun (un Harpagon [ou Séraphin] pour un avare) ou par lequel un individu est désigné par un nom commun (le Troyen pour Énée), énoncent ainsi sa qualité essentielle, [et réciproquement, la qualité pour le nommer (l'avare pour Séraphin).

* une catachrèse : (gr. katakhrêsis, abus). Utilisation, souvent involontaire, d'un mot pour un autre (ex. : confondre conjoncture et conjecture) ; métaphore passée dans la langue qui emploie un mot au-delà de son sens strict (ex. : les pieds d'une table, à cheval sur un mur).

* une ellipse : Sous-entendu, raccourci dans l'expression de la pensée. – [LING.] Fait de syntaxe ou de style qui consiste à omettre un ou plusieurs éléments de la phrase considérés comme n'étant pas indispensables pour sa compréhension : ellipse du sujet, du verbe.

* un euphémisme : (gr. euphêmismos, emploi d'un mot favorable) Adoucissement d'une expression jugée trop crue, trop choquante. Par euphémisme, on dit « n'être plus jeune », pour « être vieux » ou « il nous a quittés » pour « il est mort ».

* une hypallage : (gr. hupallagê , échange) [STYL. ] Procédé par lequel on attribue à certains mots d'une phrase ce qui convient à d'autres. (Ex. : Ce marchand accoudé sur son comptoir avide [V. Hugo]. Ou encore : Rendre quelqu'un à la vie pour rendre la vie à quelqu'un.)

* une inversion : Toute construction par laquelle on donne aux mots un autre ordre que l'ordre considéré comme normal ou habituel : inversion du sujet dans les phrases interrogatives.

* une métaphore : (gr. metaphora, transport) Procédé par lequel on transporte la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une analogie, d'une comparaison sous-entendue. [Ex. : la lumière de l'esprit, la fleur de l'âge, brûler de désir, etc.]. – Métaphore morte : métaphore lexicalisée, dont la qualité figurative et poétique n'est plus ressentie. - Métaphore filée : métaphore longuement développée par une suite d'associations métonymiques.

* une métonymie : (gr. metônumia, changement de nom) Procédé par lequel un concept est désigné par un terme désignant un autre concept qui lui est relié par une relation nécessaire (l'effet par la cause, le contenu par le contenant, le tout par la partie, etc.). Ex. : il s'est fait refroidir (tuer); toute la ville dort (les habitants); une fine lame (escrimeur).

* un pléonasme : (gr. pleonasmos) Répétition de mots dont le sens est identique, inconsciente (monter en haut), ou voulue pour donner plus de force à la pensée (je l'ai vu de mes yeux).

* une régression : (lat. regressio) (1765) Inversion de l'ordre des mots. [Le Petit Robert].

* une syllepse : (gr. sullêpsis, compréhension) [GRAMM. ] Accord des mots dans la phrase selon le sens, et non selon les règles grammaticales. (Ex. : Une personne [fém.] me disait qu'un jour il [masc., puisqu'on parle d'un homme] avait eu une grande joie.)

* une synecdoque : (gr. sunekdokhê , compréhension simultanée) Procédé de style qui consiste à prendre la partie pour le tout (« payer tant par tête », c'est-à-dire « par personne »), le tout pour la partie (« acheter un vison » pour « un manteau fait de la peau de cet animal »), le genre pour l'espèce, l'espèce pour le genre, etc.

etc.

2. Les figures de pensée, qui consistent en certains tours de pensée indépendants de l'expression :

* une antithèse : Figure de style opposant dans un même énoncé deux mots ou expressions contraires afin de souligner une idée par effet de contraste. (Ex. : Grand jusque dans les plus petites choses.)

* une apostrophe : Figure de style par laquelle un locuteur s'adresse directement à une personne, à un animal ou à une chose personnifiée. Ô cendres d'un époux ! ô Troyens ! ô mon père !(Racine) [Le pronom « toi » est en apostrophe dans l'expression « Toi, viens ici! »]

* une apposition : (lat. appositio) Procédé par lequel un terme (nom, adj.) ou .une proposition qualifient un nom ou un pronom en leur étant juxtaposés ; le mot ou la proposition ainsi juxtaposés (Ex. : Paris, capitale de la France.)

* une énumération : Action d'énoncer successivement les parties d'un tout ; passer en revue. Énumérer ses griefs.

* une exclamation : 1. Cri de joie, de surprise, d'indignation. 2. Phrase, parfois réduite à une interjection, exprimant une émotion vive ou un jugement affectif.

* une gradation : Progression par degrés successifs, par valeurs croissantes ou décroissantes. Gradation des efforts. Disposition de plusieurs mots suivant une progression ascendante ou descendante : les mots VA, COURS, VOLE forment une gradation ascendante.

* un hyperbate : (gr. huperbaton, inversion) Figure consistant à modifier l'ordre habituel des mots d'une phrase. (Ex. : Là coule un clair ruisseau).

* une hyperbole : (gr. huperbolê, excès) Procédé qui consiste à exagérer l'expression pour produire une forte impression (Ex. : un géant pour un homme de haute taille [une taille microscopique pour un petit homme]).

* une interrogation : Demande, question ou ensemble de questions. Répondre à une interrogation.

* une litote : (gr. litotés, simplicité) Figure consistant à dire moins pour faire entendre plus. (Ex. : Je ne te hais point pour signifier « je t'aime ».

* une périphrase : Circonlocution dont on se sert pour exprimer ce qu'on ne veut pas dire en termes propres. (Ex. : La messagère du printemps, pour l'hirondelle ; l'astre de la nuit, pour la Lune.)

* une prosopopée : (gr. prosôpon, personne et poieîn, faire) Procédé par lequel l'orateur ou l'écrivain prête la parole à des êtres inanimés, à des morts ou à des absents. Platon a fait parler les lois dans une belle prosopopée. [Aujourd'hui, Jésus nous dit :« Vous êtes sauvés ».]

* une régression : (lat. regressio) (1765) Inversion de l'ordre des mots.

* une répétition : (lat. repetitio) Retour de la même idée, du même mot ; redite.

* une réticence : (du lat. reticere, taire) 1. Omission volontaire de quelque chose qu'on devrait ou qu'on pourrait dire. Parler sans réticence. 2. Attitude de quelqu'un qui hésite à dire sa pensée, à prendre une décision.

etc.


[1] Définitions tirées du Petit Larousse illustré, © 1979 et 1998.
Voir le philosophe Gorgias, et consulter aussi les 135 définitions...

[2] Au Québec, le cours classique d'autrefois, (d'avant la Révolution Tranquille de 1968) comportait huit années de formation :

1re : Éléments latins

2: Syntaxe

3: Méthode

4: Versification

5: Belles-lettres

6: Rhétorique

7: Philosophie 1

8: Philosophie 2


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