Texte référence 041000

Les quatre évangélistes

par Émilie Rauscher

Extrait de « Les Cahiers de Science et Vie »[1]

Les évangélistes ont des noms que l'on relie traditionnellement à des personnages prestigieux... Toutefois, il est bon de se rappeler que ce n'est qu'à partir du IIe siècle que l'on jugea bon d'attribuer des noms à ceux qui écrivirent ces textes fondamentaux pour tout chrétien. « Marc » fut vraisemblablement le premier à écrire son texte, le plus court des quatre, vers 65 à Rome. Il est généralement considéré comme un proche disciple de Pierre, l'apôtre, comme en témoigneraient les textes de Papias, évêque de Hierapolis de la première moitié du IIe siècle. Son Évangile est d'ailleurs peut-être mentionné par Justin sous le nom de « Mémoires de Pierre ». Il était destiné à un public assez peu informé sur le judaïsme.

« Luc » fut rédigé un peu plus tard, vers 70-80, en Asie mineure et sa rédaction fut attribuée à un médecin, compagnon de Paul. Il est possible qu'il fut un « gentil » devenu « craignant Dieu » avant de se convertir finalement au catholicisme. Son texte, ainsi que les Actes des Apôtres qui le complètent, vise un public grec et est un premier essai sur « l'histoire du christianisme » à ses débuts. « Matthieu » daterait des années 80 également. L'auteur n'est pas le Matthieu des Douze, contrairement à ce que dit la tradition, mais plutôt un judéo-chrétien de culture grecque. Son Évangile découpe l'enseignement du Christ en cinq parties et souligne que sa venue marque l'accomplissement des Écritures. « Luc » et « Matthieu » se seraient inspirés de « Marc » ainsi que d'une autre source, aujourd'hui perdue (dite « Q »). Ces trois premiers Évangiles sont dits « synoptiques » (de syn optikos, sous un même regard), car peuvent être lus en parallèle, ayant de nombreux passages largement comparables même si rédigés dans un ordre différent. Le cas de « Jean », plus tardif (vers 95, de la région d'Ephèse), est plus complexe et sa forme différente. L'auteur est fréquemment associé au disciple Jean, fils de Zébédée, ou au « disciple que Jésus aimait » ou encore à « Jean l'Ancien ». En fait, cet Évangile serait le travail d'une école appartenant à la tradition de ce disciple aimé de Jésus, plutôt que celui d'un seul homme. Il livre le résultat d'une interprétation poussée des paroles du Christ et situe son enseignement dans la durée.


[1] Les Cahiers de Science et Vie N˚83 octobre 2004, p.107.


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