par H.P. Lovecraft [1]
Porté
à mon attention par William
Garth Hopkins
Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde
en ce monde, c'est l’incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout
ce qu'il renferme. Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des
noirs océans de l'infini, et nous n’avons pas été destinés à de longs voyages.
Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont
pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse
de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur
la réalité et la place effroyable que nous y occupons : alors cette
révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la
sécurité d'un nouvel âge de ténèbres.
[1]
Le mythe de Cthulhu,
H.P. Lovecraft, traduction Jacques Papy, Simone Lamblin et Yves Rivière,
Éditions Denoël © 1928, J’ai lu fantastique # 4176, pages 5 et 6.
Premier paragraphe du premier chapitre : L’a