Voici une liste de questions, ci dessous. Amusez-vous à identifier le type de question :
d'ordre philosophique (P) c'est-à-dire portant sur le sens ou la légitimité
des questions de fait (F), scientifique (S), techniques (T) ou juridiques (J)
Justifiez chacun de vos choix, surtout si vous attribuez plus d'un qualificatif à une phrase.
Les réponses en vert sont le sens privilégié par l'auteur Michel Tozzi
Question |
Caté- gorie |
Justification du choix |
Quelques réponses des philosophes et autres sources |
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P F |
Quel est le sens du mal? Le mal nuit-il à la vie? |
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2. Quel est l'écart moyen de
salaire entre une femme et un homme?
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P F |
Pourquoi l'écart de salaire...? Quel est l'écart statistique? |
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P F |
Quel est le sens de la mort? Comment mourir? |
« Suicide, mode d'emploi » |
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P F |
Quel sens a le rap et le tag? À quoi les reconnaît-on? |
(Définition de l'art de Bertrand Vergely) |
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5. Lors de la formation de l'univers, quel a été le mécanisme du Big Bang?
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P F-S |
Est-ce que ça change nos vies? Est-ce un fait démontrable? |
La Bible |
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6. Comment stocker, sans danger
pour l'environnement présent et à venir, les déchets nucléaires?
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F-T P |
Quelle technique utiliser? Pourquoi tant d'énergie? |
Bouddhisme |
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P F-J |
Devrait-elle? Pourrait-elle dans les faits? |
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F P |
Qui a dit : « L'homme... »? Cette pensée origine-t-elle véritablement de lui? |
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P
T |
Quel sens donner à ma vie pour être heureux?
Que faire pour être heureux? |
Antisthène - Épicure - Zénon de Citium - Cicéron - Sénèque - Marc Aurèle - Thomas d'Aquin - Karl Marx - John Stuart Mill Acheter! Posséder! |
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10. Qui doit être le père de l'enfant qu'une femme a eu avec son amant?
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P F+T +J |
Qui est le père spirituel? De qui vient le sperme? Qui en a la responsabilité légale? |
Religion, culture, idéologie Copulation, insémination Famille, société |
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P F+T |
Pourquoi? Comment? |
Mythologie, Bible, création Progrès des techniques médicales |
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12. Les fichiers informatiques sont-ils
une menace pour les libertés?
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P+J F |
Les registres nous exposent-ils? Les fichiers sont-ils que des bits? |
Libertés fondamentales Technologie |
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13. Peut-on vivre séparément sans être juridiquement divorcé?
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P F+J |
Doit-on vivre ensemble? Peut-on se séparer? |
Valeurs religieuses et culturelles Fait de vivre séparés |
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P F+S |
Le messie a-t-il existé? Ieschoua a-t-il existé? |
Foi religieuse Fait historique |
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15. Peut-on avorter?
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P F+T+J |
Est-il moral d'avorter? Y a-t-il moyen d'avorter |
Valeur sacrée de la vie Possibilité d'avorter |
Voici le développement de chacune de mes réponses schématisées dans ce tableau.
À moins de circonstances bien spécifiques, j'ai beaucoup de difficulté à accepter des questions telles quelles. Le sens de la question appartient à celui qui l'interprète. Michel Tozzi me semble avoir à dessein formulé des questions qui laissent libre cours à l'interprétation pour mieux susciter la réflexion philosophique.
Pour la plupart des questions, il me semble pouvoir leur donner autant un sens philosophique que factuel. C'est pourquoi, dans chacune de mes réponses, vous trouverez, selon la manière dont j'ai interprété la question, une réponse d'ordre philosophique (P) ou d'ordre factuelle (F). S'il est vrai que nous pouvons penser par nous-même, le sens d'une question n'appartient plus à celui qui la pose dès qu'un interlocuteur s'en empare pour y répondre. Marcel Proust l'avait bien compris : voir la citation # 143.
(P) Entendue comme ceci : « Quel est le sens du mal? », elle est philosophique. Machiavel nous a démontré dans « Le Prince » comment le mal pouvait servir le bien commun. On peut être d'accord ou non, et c'est bien là où cette question prend tout son sens philosophique puisque dans chaque cas particulier, chacun apportera sa vision personnelle de ce qui est ou non acceptable. Machiavel pose la question suivante « Dans quelles circonstances le mal est-il acceptable pour le bien commun? ». Leibniz avait répondu que le mal n'existait pas du point de vue de Dieu puisqu'il avait créé le meilleur des mondes possibles. Voltaire n'était pas du tout d'accord et il répond à Leibniz par son roman « Candide ou l'optimisme » (que je vous recommande de lire).
(F) Entendue comme ceci : « Est-ce que le mal pourrait être considéré comme un fait objectif? ». Dans le sens où nous considérons notre propre vie comme un fait indiscutable, toute attente à celle-ci, nous porte à nous protéger instinctivement. Prise dans ce sens, il n'y a aucune interprétation philosophique qui tienne. Je l'ai compris un jour où, pendant mon travail (je gagne ma vie en pratiquant le métier d'électricien), monté dans une nacelle à 8 mètres au dessus du sol un court circuit a provoqué une explosion qui m'a projeté un jet d'étincelles continu à la figure. À ce moment, je fus pris de panique. Par tous les moyens je devais m'en sortir. Le Pourquoi le mal, dans cette circonstance devenait une question absurde. Tout ce qui attente à la vie est perçu par cette vie comme un mal factuel.
(P) Entendue comme ceci : « Pourquoi l'écart de salaire à travail égal? », elle est philosophique. Simone de Beauvoir ne voyait pas de différence entre les hommes et les femmes. Le sens philosophique qu'elle donnait à cette question était celui-ci : ce fait est un mal qu'il faut combattre puisque la femme est l'égale de l'homme. Schopenhauer vous aurait répondu que la femme est inférieure à l'homme et que, ce faisant, il est naturel que son salaire soit moindre. Posée ainsi, il se cache derrière cette question tout le sens philosophique du féminisme qui questionne l'inégalité, et non pas seulement un écart salarial.
(F) Entendue au pied de la lettre ainsi : « Quel est l'écart statistique? », elle est factuelle. Mais ce fait mène à une interprétation sans laquelle il n'a aucun intérêt. Ainsi il introduit la question suivante : « Comment interprétez-vous cet écart? ». Encore une fois, cette interprétation sera philosophique ou factuelle, selon...
(P) Entendue comme ceci : « Quel est le sens de la mort? », elle est philosophique. Socrate disait que vivre, c'est apprendre à mourir. Le sens de la vie et de la mort est une question essentielle en philosophie.
(F) Entendue comme ceci : « Comment mourir? » elle est factuelle. Dans le livre Suicide, mode d'emploi Claude Guillon et Yves Le Bonniec (Éditions Alain Moreau © 1982) expliquent les aspects historiques et techniques de la mort vue comme un exercice à réussir. Pour ma part, je pense que la mort est impossible pour un être vivant. Vous trouverez ma démonstration dans les deux textes suivants : « Quand on est mort, le temps passe vite » et « La fin du monde ».
(P) Si nous définissons l'art comme le fait Bertrand Vergely : « L'art est produit par l'homme et par la technique, par opposition à ce qui est produit par la nature. », cette question est d'ordre philosophique puisque c'est dans le sens que donne l'homme à cette ‘production' que se trouve sa raison d'être. Le rap et le tag sont donc nécessairement de l'art. Même celui qui prétend qu'ils ne sont pas de l'art se positionne philosophiquement. Mais ce dernier répond peut être à une autre question : « Est-ce que le rap et le tag vous plaisent? ».
(F) Si nous définissons l'art comme une ensemble de techniques auxquelles il faut se conformer et qu'il faut maîtriser pour produire un effet esthétique, l'art du rap et du tag seront reconnus dans la mesure où ils se conformeront à certaines règles définies et reconnues comme tel. Mais il faudrait poser alors la question de la façon suivante : « À quoi reconnaît-on la pratique du rap et du tag? »
(P) Entendue comme ceci : « Le Big Bang est-il une explication acceptable de la genèse de l'Univers? », elle est philosophique. C'est parce que l'homme cherche à donner un sens à son existence qu'il se questionne sur ses origines et celles de l'Univers. La Bible nous a donné une genèse qui n'a cessé d'être remise en question mais la question de la genèse de l'Univers n'a pas pris une ride. Elle est toujours débattue vivement et les réponses apportées par la science amènent sans cesse de nouvelles questions.
(F-S) Entendue comme ceci : « Le Big Bang est-il un fait que l'on peut expliquer scientifiquement? », elle se veut factuelle. Carl Sagan nous a démontré que l'observation de faits astronomiques fiables s'expliquent par la théorie du Big Bang. Mais Karl Popper le rappelle à l'ordre aussitôt en lui rappelant que ce qui est ‘scientifique' doit être réfutable sinon, nous serions dans le domaine de la foi. C'est ici que la ‘science' rejoint la philosophie qui nous rappelle que même un fait a besoin qu'on y croit pour être validé... Éternelle opposition entre la foi et la science...
(F-T) Voici la première question qui ne me semble pas pouvoir prêter à l'interprétation. Nous avons observé de nombreux faits qui démontrent hors de tout doute que les déchets nucléaires sont dangereux pour l'homme et l'environnement. Cette question se résume à « Quelle technique utiliser? ».
(P) Mais une question me vient : « Ne pourrions-nous pas éliminer le problème à sa source en bannissant l'utilisation du nucléaire? ». Cette question semble technique mais elle conduit à des questions essentiellement philosophiques comme « Ne pourrions-nous pas vivre aussi bien en réduisant notre consommation énergétique? » ou « Pourquoi notre bien-être doit-il être lié à une si grande consommation énergétique ». Les Bouddhistes trouvent leur bonheur en restant assis à méditer sans consommer d'énergie. Ne pourrions-nous pas nous inspirer de leur pratique du bonheur pour devenir moins ‘énergivore'? Voila comment une question purement technique peut trouver des avenues de réponses en s'inspirant d'un questionnement philosophique qui remet en question le sens que l'on a donné à notre existence et les moyens que nous utilisons pour parvenir au bonheur.
(P) Entendue comme ceci : « La femme devrait-elle être l'égale de l'homme? », elle est philosophique. Quel sens la femme moderne a-t-elle voulu donner à son existence? Si la femme veut donner à son existence le même sens que les hommes donnent à la leur, elle veut donc être l'égale de l'homme. Mais est-ce possible sans renier sa propre nature? Simone de Beauvoir disait qu'on ne naît pas femme mais qu'on le devient. Les féministes actuelles ont compris que cette forme de pensée les privait des prérogatives spécifiques à leur sexe et se sont distancées de cette vision sans toutefois cesser de revendiquer l'accès à tout ce que les hommes ont accès. Ainsi, elles veulent n'être privé de rien de ce à quoi un homme peut avoir accès (l'égalité), mais en plus, elles veulent que leur spécificité féminine leur donne droit à des privilèges supplémentaires (reconnaissance des droits des femmes). Mais si la femme est l'égale de l'homme, ne se prive-t-elle pas de quelque chose d'essentiel lorsqu'elle choisit de vivre sa vie en fonction des critères de réussite masculins?
(F-J) Entendue comme ceci : « La femme est-elle l'égale de l'homme », elle est factuelle. « Si la femme était l'égale de l'homme, alors elle serait un homme. », nous dit avec raison mon ami Thomas Mostkowy. Les lois tiennent compte des particularités spécifiques des femmes dans de nombreux domaines. Par exemple, on leur reconnaît la légitimité de leurs regroupements, des services de santé appropriés à leur sexe, des toilettes pour femmes, etc. Elles ont donc quelque chose de différent qui est un fait reconnu.
(F) Aucune interprétation possible ; c'est un fait ; Pascal a dit ça. C'est sa pensée.
(P) Mais cette pensée origine-t-elle véritablement de lui? Ha! ha! Voilà une bifurcation philosophique! puisque l'origine pourrait en modifier le sens... Notre société moderne accorde tant d'importance à la propriété individuelle qu'elle a inventé ce qu'on appelle la propriété intellectuelle. En regard d'une société marchande qui transforme tout ce qu'elle produit en biens de consommation, ceci a une importance capitale puisque cette notion va permettre à ceux qui ont des idées ‘originales' de pouvoir les vendre et en tirer bénéfice. Mais qui peut véritablement prétendre être à l'origine de ses propres idées alors que celles-ci fusent de partout et se forment et se déforment au fil des associations qui nous sont suggérées par notre environnement intellectuel, social et culturel? Pascal aurait-il pu citer sa source?
(P) Entendue comme ceci : « Quel sens donner à ma vie pour être heureux? », c'est bien sûr une question philosophique. La recherche du bonheur est en tête de liste des préoccupations philosophiques et, bonne nouvelle! elle ne semble pas être vaine puisque nombreux sont les philosophes qui nous disent l'avoir trouvé en nous proposant une voie pour y parvenir. Antisthène, Épicure, Zénon de Citium, Cicéron, Sénèque, Marc Aurèle, Thomas d'Aquin, Karl Marx et John Stuart Mill, pour ne citer que ceux là, ont chacun conçu les valeurs à adopter pour atteindre le bonheur qu'ils ont trouvé ou planifié. Cependant, les avis sont tellement partagés et souvent si contradictoires que cette question se pose toujours avec autant d'acuité. Socrate disait : « Connais-toi toi-même ». C'est à chacun de trouver sa propre voie.
(F) Entendue comme ceci : « Que dois-je faire pour être heureux? », c'est une question de fait. La propagande publicitaire ne cesse de nous présenter les objets que nous devons posséder pour être heureux. Cette recette est toute simple : il s'agit de se rendre maître d'un univers composé des choses et des gens que nous pouvons mettre à notre disposition exclusive. L'argent fait le bonheur puisqu'il peut tout acheter. Comment un être maître de son monde pourrait-il ne pas être heureux? Mais nous devons avoir auparavant résolu la question philosophique « Qu'est-ce que le bonheur pour nous? » avant de pouvoir y accéder de cette façon.
(P) Entendue comme ceci : « À qui devrait-on attribuer la paternité de l'enfant né de l'amour libre? », c'est une question philosophique. La paternité se reconnaît par les influences morales. En ce sens, dans une société libre et libertine, c'est l'enfant qui choisira son père à partir des valeurs qui lui plairont dans celles qui lui seront présentées. Le résultat peut être discutable puisque ça revient à dire que c'est l'enfant qui doit être son propre père. Est-ce vraiment souhaitable? Comment peut-on s'auto générer?
(F+T) Entendue comme ceci : « Qui à fécondé cette femme amoureuse? », C'est une question technique. Elle a été fécondée par le sperme de son amant.
(F+J) Entendue comme ceci : « Qui devrait être le père de l'enfant illégitime? », c'est une question juridique. La loi prévoit ce cas et l'État s'en porte garant. La notion d'enfant bâtard est aujourd'hui disparue du code civil. Tout enfant se voit reconnaître le droit à la vie, la protection et l'éducation. Ainsi, une femme peut avoir recours à l'aide sociale pour élever seule son enfant et l'école publique lui enseignera les valeurs de la culture du pays où il est né. Entendue comme ceci : « Qui est le père d'un enfant né du mariage ou d'une union de fait? », c'est aussi une question juridique. Le mariage et l'union de fait donnent au Québec un statut légal qui reconnaît le père de cet enfant.
(P) Entendue comme ceci : « Un homme peut-il enfanter? », au sens philosophique, il faut être un dieu ou Dieu lui-même pour enfanter, tant il est que Dieu soit un homme. Dans la mythologie grecque, Dionysos est né de la cuisse de Zeus. Dans la Bible Ève est née d'une côte d'Adam. Dans un autre contexte, un homme n'accouche-t-il pas de ses idées lorsqu'il dresse les plans de sa maison et la construit? Le sens d'enfanter n'est-il pas rejoint dans ce cas-là?
(F+T) Entendue telle quelle : « Comment un homme pourrait-il être enceint? », c'est une question de fait. Il se peut que les techniques chirurgicales et biologiques permettent un jour un tel exercice, tout comme les transplantations d'organes sont aujourd'hui monnaie courante. Mais ainsi transformé(e), pourrait-on encore désigner cet homme d'homme si, au sens biologique, il était doté de tous les attributs féminins? Lorsqu'un transsexuel homme change de sexe par opération chirurgicale et hormonale, les modifications corporelles et psychologiques qui s'en suivent nous permettent-elles de le considérer encore comme un homme? Voudrait-il (elle) seulement qu'il en soit ainsi? De même, quelle part factuelle sociale y a-t-il dans l'attribution des rôles psychologiques des hommes et des femmes?
(P) Entendue comme ceci : « Les registres informatiques menacent-ils les libertés fondamentales? », c'est une question philosophique. Dans l'éventualité d'une divulgation libre d'informations confidentielles, le citoyen peut-il craindre de voir ses libertés fondamentales diminuées? Qu'est-ce que la liberté? Quelle valeur lui attachons-nous? La confidentialité d'une information donne un sens à celle-ci. Elle la pose comme sacrée. C'est-à-dire qu'il est interdit d'y toucher sans se soumettre à un protocole d'utilisation qui respecte la liberté du citoyen. Si le citoyen est contrôlé, s'il perd en quelque sorte son caractère mystérieux, il pourra donc être l'objet de manipulations comme les masses qui se soumettent aux sondages. Un exemple simple nous est donné par la facilité avec laquelle notre boîte de courriels est envahie par tous les messages provenant de ceux qui s'emparent de notre adresse et sollicitent notre attention par les dizaines d'envois de publicités et virus de toutes sortes. Si je dois lire 10 messages pourriels pour un message pertinent, le temps que je perds est une limitation effective de ma liberté?
(F) Entendue comme ceci : « Les fichiers sont-ils une menace pour la liberté? », au sens pratique, c'est tout le contraire. La facilité d'accès à l'information et la multiplication des fichiers de données simplifient des tâches qui autrefois étaient colossales. Les fichiers permettent la libre circulation de l'information et nous libèrent des limitations traditionnelles du papier.
(P) Entendue comme
ceci : « Doit-on
être juridiquement divorcé pour pouvoir se permettre de ne plus vivre sous le
même toit que son époux-se? », est une question philosophique si
les valeurs religieuses auxquelles on est attachées nous obligent à rester avec
notre conjoint. Mais aujourd'hui, il y a belle lurette que ces valeurs sont
désuètes et on se demande quelle force pourrait retenir quelqu'un à habiter
avec un conjoint contre sa volonté? Les valeurs de notre société tiennent
l'amour romantique comme sacré. C'est cette ‘sainte' valeur qui nous dicte de
nous séparer lorsque
Cupidon
est parti.
(F) Entendue comme ceci : « Est-ce nécessaire d'être divorcé juridiquement pour vivre séparé? », c'est une question de fait. La séparation de corps est un fait, tout comme le jugement déclarant le divorce.
(P) Entendue comme ceci : « Le Christ, en tant que messie annoncé par les prophètes, a-t-il historiquement existé? », c'est une question philosophique et théologique. Le messie est un libérateur envoyé par Dieu. Si nos valeurs religieuses nous portent à le croire, ou à le refuser, ceci va imprimer dans notre vie un sens différent. Les Chrétiens y croient ; les Juifs n'y croient pas.
(F+S) Entendue comme ceci : « Ieschoua (le vrai nom de Jésus en araméen) a-t-il historiquement existé? », c'est une question de fait.
(P) Entendue comme ceci : « Est-il moral d'avorter? », c'est une question philosophique et éthique. Nos valeurs nous permettent-elles de le faire? Quel sens a pour nous l'avortement et quel sens notre vie revêtira-t-elle après un tel événement? Est-il moral d'avorter quand l'enfant à naître est le fruit d'un viol, d'une maternité ou une paternité non désirée? Quand il y a des risques graves pour la santé de la mère ou une infirmité de l'enfant? Chacun fait selon sa conscience mais chacun devra assumer.
(F+T+J) Entendue comme ceci : « Avons-nous les moyens techniques de nous assurer un avortement sécuritaire pour la mère? », « Peut-on avorter sans représailles judiciaires? », « Avons-nous l'argent pour défrayer les coûts? », c'est une question de fait.
[1] Ces questions sont extraites du livre de Michel Tozzi, Penser par soi-même, Éditions EVO et Chronique Sociale © 1996 (exercice 11, page 56).
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