Passages choisis 860424
par Éric Berne
Éditions Stock © 1975
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pages 13 à 20
1. Rapports sociaux.
La théorie des rapports sociaux, exposée assez longuement dans l'Analyse transactionnelle [2], peut se résumer comme suit.
Spitz a découvert [3] que les nourrissons que l'on ne manipulait pas durant une période prolongée avaient finalement tendance à décliner de manière irréversible, et finissaient par succomber à la maladie qui se déclarait. Cela signifie, en fait, que ce qu'il appelle privation émotive peut provoquer une issue fatale. Ces observations font naître l'idée de l'appétit du stimulus, et indiquent que les formés préférées de stimuli sont celles que fournit l'intimité physique, conclusion qu'il n'est pas difficile d'accepter sur la base de l'expérience quotidienne.
Un phénomène apparenté s'observe chez les adultes en butte à la privation sensorielle. De manière expérimentale une telle privation peut susciter une psychose momentanée, ou du moins des troubles mentaux temporaires. Dans le passé l'on constate que la privation sociale et sensorielle a provoqué des effets similaires chez des individus condamnés à de longues périodes d'emprisonnement solitaire. En fait l'incarcération solitaire est l'un des châtiments les plus redoutés, fût-ce par des prisonniers aguerris à la brutalité physique [4] [5], et constitue aujourd'hui un procédé connu pour entraîner la soumission politique. (Inversement, la meilleure arme connue contre la soumission politique est l'organisation sociale [6].)
Sur le plan biologique, il est probable que la privation émotive et sensorielle a tendance à faire naître, ou bien à encourager, certaines modifications organiques. Si le système réticulaire d'activation [7] de la tige cérébrale ne se trouve pas stimulé suffisamment, il peut s'ensuivre, au moins de manière indirecte, une dégénérescence des cellules nerveuses. Cela peut représenter un effet secondaire, provoqué par une pauvre nutrition ; mais cette pauvre nutrition même peut constituer un produit de l'apathie, ainsi qu'il en va chez les nourrissons qui souffrent de marasme. On peut donc postuler l'existence d'une chaîne biologique, menant de la privation émotive et sensorielle, par l'intermédiaire de l'apathie, à la dégénérescence et à la mort. En ce sens, l'appétit de stimulus présente avec la survie de l'organisme humain la même relation que l'appétit de nourriture.
En réalité, non seulement de façon biologique, mais aussi de façon psychologique et sociale, l'appétit de stimulus est sous maints aspects parallèle à l'appétit de nourriture. Des termes tels que malnutrition, satiété, gourmet, gourmand, maniaque, ascète, arts culinaires, bon cuisinier, sont faciles à transférer du domaine de la nutrition dans celui de la sensation. Le gavage trouve son parallèle dans l'excès de stimulation. Dans les deux sphères, sous des conditions ordinaires d'approvisionnement abondant qui rend possible un menu varié, les choix seront fortement influencés par les idiosyncrasies de l'individu. Il se peut que certaines ou beaucoup de ces idiosyncrasies soient déterminées par la constitution, mais cela ne concerne pas les problèmes étudiés ici.
Ce qui intéresse en l'occurrence le psychiatre social, c'est ce qui se produit après la séparation du petit enfant d'avec sa mère, dans le cours normal de la croissance. Ce que nous avons dit jusqu'ici peut se résumer dans 1'« expression familière [8]» : « Si l'on ne te caresse pas, ta moelle épinière se flétrira. » Ainsi, une fois passée la phase d'étroite intimité avec la mère, l'individu pendant le reste de sa vie devra faire face à un dilemme entre les deux termes duquel sa destinée et sa survie seront continuellement ballottées. L'un des termes est constitué par les forces sociales, psychologiques et biologiques s'opposant à la continuation d'une intimité physique du modèle infantile ; l'autre terme, c'est le perpétuel effort en vue d'atteindre à cette intimité. Dans la majorité des cas, un compromis se produira. L'individu apprendra à se contenter de formes plus subtiles, voir symboliques, de manipulation, au point que le plus léger signe de reconnaissance en arrive dans une certaine mesure à faire l'affaire, bien que la soif originelle de contact physique puisse être demeurée entière.
Ce processus de compromis peut être appelé de différents termes, tels que sublimation ; mais quel que soit le terme, le résultat est une transformation partielle de l'appétit infantile de stimulus en quelque chose que l'on peut nommer appétit de reconnaissance. À mesure qu'augmentent les complexités du compromis, chaque personne fait preuve d'un individualisme de plus en plus grand dans sa quête en vue de la reconnaissance ; ce sont ces différences qui donnent de la diversité aux rapports sociaux, et qui déterminent la destinée individuelle. Un acteur de cinéma peut chaque semaine avoir besoin de centaines de « caresses », émanant d'admirateurs anonymes et indifférenciés, pour « empêcher sa moelle épinière de se flétrir », tandis qu'un savant peut se maintenir en bonne santé physique et mentale avec une caresse annuelle, provenant d'un maître qu'il respecte.
« Caresse » peut servir de terme général désignant un contact physique intime ; en pratique, ce dernier peut prendre diverses formes. Certaines personnes caressent véritablement le nourrisson ; d'autres l'embrassent ou le flattent, alors que certains le pincent par jeu ou lui font des pichenettes. Tous ces actes ont dans la conversation leurs analogues, si bien qu'il semble qu'on pourrait prédire comment tel individu manipulerait un bébé rien qu'en écoutant parler cet individu. Par extension de sens il est permis d'employer familièrement le mot « caresse » afin de désigner tout acte impliquant la reconnaissance de la présence d'autrui. Par conséquent la caresse peut servir d'unité fondamentale à l'action sociale. Un échange de caresses constitue une transaction, unité des rapports sociaux.
Sur le plan de la théorie des jeux, le principe qui se fait jour ici, c'est que n'importe quel rapport social présente un avantage biologique sur l'absence totale de rapports. Ce fait a été prouvé dans le cas des rats grâce à de remarquables expériences réalisées par S. Levine [9], et dans lesquelles non seulement le développement physique, mental et émotif, mais aussi la biochimie du cerveau et même la résistance à la leucémie étaient favorisés par la manipulation. Le trait significatif de ces expériences fut que la manipulation modérée et les douloureux chocs électriques présentaient une égale efficacité dans l'amélioration de la santé des animaux.
Cette validation de ce qui a été dit plus haut nous encourage à passer avec une confiance accrue à la section suivante.
2. La structuration du temps.
Admettons que la manipulation des nourrissons, et son équivalent symbolique chez les adultes, la reconnaissance, aient une valeur de survie. La question qui se pose est : Et après? En termes de tous les jours, que peut-on faire après avoir échangé des salutations, qu'elles soient le « Hey! » des collégiens américains, ou bien un rituel oriental durant plusieurs heures? Après l'appétit de stimulus et l'appétit de reconnaissance vient l'appétit de structure. Le perpétuel problème de l'adolescence est : « Que lui dit-on (à lui ou à elle) dans ce cas-là? » Et pour bien des gens qui ne sont plus des adolescents rien n'est plus inconfortable qu'un hiatus d'ordre social, un laps de temps silencieux, non structuré, où nulle personne présente ne trouve à dire quoi que ce soit de plus intéressant que : « N'est-ce pas que les murs sont perpendiculaires, ce soir? » Le problème éternel qui se pose à l'être humain consiste à savoir comment structurer ses heures de veille. En ce sens existentiel, la fonction de toute vie sociale est de se prêter mutuellement assistance à cet effet.
L'aspect opérationnel de la structuration du temps peut être appelé programmation. Elle a trois faces : [1.] matérielle, [2.] sociale, [3.] individuelle. La méthode la plus commune, la plus commode, la plus confortable et la plus utilitaire de structurer le temps, c'est au moyen d'un projet destiné à agir sur les matériaux fournis par la réalité extérieure : ce qu'on entend généralement par travail. Un pareil projet se nomme en langage technique une activité ; le mot « travail » est impropre, car une théorie générale de psychiatrie sociale doit reconnaître que les rapports sociaux constituent également une forme de travail.
[1.] La programmation matérielle naît des vicissitudes rencontrées dans les rapports avec la réalité extérieure ; ce genre de programmation n'offre ici d'intérêt que dans la mesure où les activités donnent matière à « caresse » et reconnaissance, entre autres formes plus complexes de rapports sociaux. La programmation matérielle ne constitue pas un problème essentiellement social ; en son essence elle est fondée sur un processus de données. L'activité consistant à construire un bateau repose sur une longue série de mensurations et d'estimations de probabilités, auxquelles tout échange social qui se produit doit se subordonner pour qu'avance la construction.
[2.] La programmation sociale a comme résultats des échanges traditionnels, ritualistes ou semi-ritualistes. Son critère principal est l'acceptabilité locale, appelée vulgairement « bonnes manières ». Dans toutes les parties du monde, les parents enseignent à leurs enfants les bonnes manières, ce qui revient à dire qu'ils connaissent les rituels propres aux salutations, à l'alimentation, aux sécrétions, à la cour amoureuse, au deuil, ainsi que la façon de mener à bien les conversations qui s'imposent, avec les réticences et les renforcements qui conviennent. Réticences et renforcements constituent le tact ou la diplomatie, en partie universels, en partie locaux. Roter à table ou demander des nouvelles de l'épouse d'un autre homme, voilà deux actions encouragées ou défendues par une ancestrale tradition locale ; il existe en fait, et dans une large mesure, une corrélation inverse entre ces transactions particulières. D'ordinaire, aux endroits où les gens rotent à table il est peu sage de demander des nouvelles des femmes ; et là où les gens demandent des nouvelles des femmes, il est peu sage de roter à table. Le plus souvent les rites formels précèdent les conversations d'ordre général, à demi ritualistes ; on peut distinguer ces dernières en les nommant passe-temps.
[3.] À mesure que les gens se connaissent davantage, il s'infiltre, avec une abondance croissante, de la programmation individuelle, en sorte que des « incidents » commencent à se produire. À l'examen superficiel, ces incidents paraissent fortuits ; il se peut que les parties concernées les décrivent ainsi, mais une attentive observation révèle qu'ils ont tendance à se conformer à des types définis, susceptibles d'être classifiés, et que leur succession est régie par des lois et règlements tacites. Ces règlements demeurent latents aussi longtemps que les amitiés ou les hostilités se déroulent conformément à Hoyle, mais deviennent manifestes à la suite d'un coup illicite, suscitant le cri symbolique, verbal ou légal, de « Tricheur! ». De telles successions, lesquelles, contrairement aux passe-temps, sont fondées sur la programmation individuelle plus que sur la programmation sociale, peuvent être appelées des jeux. La vie familiale et la vie conjugale, aussi bien que la vie menée en des organisations de différentes sortes, peuvent reposer année après année sur des variantes du même jeu.
Déclarer qu'en gros l'activité sociale consiste à jouer à des jeux ne signifie pas nécessairement qu'elle soit « drôle » en majeure partie, ni que les joueurs ne soient point sérieusement engagés dans la relation. D'une part, « jouer » au football ainsi qu'à d'autres « jeux » athlétiques peut n'être pas amusant du tout, et les joueurs peuvent avoir une expression d'intensité sinistre ; ce genre de « jeux » partagent avec les « jeux » de hasard, entre autres, la faculté de devenir fort graves, funestes parfois. D'autre part certains auteurs, Huizinga [10] par exemple, comprennent parmi les « jeux » des choses aussi sérieuses que les festins de cannibales. Ainsi le fait d'appeler « jeux » des comportements aussi tragiques que le suicide, l'alcoolisme et l'abandon aux drogues, le crime ou la schizophrénie, n'est ni fou, ni facétieux, ni barbare. La caractéristique essentielle du jeu humain n'est pas que les émotions soient fausses, mais qu'elles soient réglementées. Cela se révèle quand des sanctions punissent un déploiement illégitime d'émotions. Le jeu peut être d'un sérieux sinistre ou même fatal, mais les sanctions sociales ne seront sérieuses que si les règles sont transgressées.
Passe-temps et jeux se substituent à la pratique réelle d'une intimité réelle. Voilà pourquoi l'on peut les considérer comme des fiançailles préliminaires plutôt que comme des unions ; d'où leur caractère poignant. L'intimité commence lorsque la programmation individuelle (en général instinctive) croît en intensité, et que les schèmes sociaux, ainsi que les restrictions et les motifs secrets, se mettent à céder. L'intimité constitue la seule réponse entièrement satisfaisante à l'appétit du stimulus, à l'appétit de reconnaissance, à l'appétit de structure. Le prototype de l'intimité, c'est l'acte de fécondation amoureuse.
L'appétit de structure a la même valeur de survie que l'appétit de stimulus. L'appétit de stimulus et l'appétit de reconnaissance expriment le besoin d'éviter la famine sensorielle et émotive, l'une et l'autre aboutissant à la détérioration biologique. L'appétit de structure exprime le besoin d'éviter l'ennui, et Kierkegaard [11] a signalé quels maux résultaient d'un temps non structuré. S'il persiste un certain temps, l'ennui devient synonyme de famine émotive, et risque d'entraîner les mêmes conséquences.
L'individu solitaire a deux moyens de structurer son temps : l'activité ; la fantaisie. Un individu peut demeurer solitaire en présence même d'autrui, comme le savent tous les maîtres d'école. Quand on fait partie d'un agrégat social de deux personnes ou davantage, on a le choix entre plusieurs façons de structurer le temps. Par ordre de complexité ce sont : 1) les rites, 2) les passe-temps, 3) les jeux, 4) l'intimité, 5) l'activité, qui peut donner matière à l'une quelconque des autres façons de structurer le temps. Le but de chaque membre de l'agrégat consiste à tirer de ses transactions avec d'autres membres autant de satisfactions que possible. Plus il est accessible, et plus il peut tirer de satisfactions. La programmation de ses opérations sociales est en majeure partie automatique. Certaines des « satisfactions » obtenues par suite de cette programmation, comme celles qui sont autodestructives, étant difficiles à reconnaître dans l'acception usuelle du mot « satisfactions », mieux vaut le remplacer par un terme plus discret, tel que « gains » ou « avantages ».
Les avantages du contact social tournent autour de l'équilibre somatique et psychique. Ils sont liés aux facteurs suivants : 1) relâchement de tension, 2) évitement de situations nuisibles, 3) obtention de « caresses », et 4) maintien d'un équilibre stable. Tous ces points ont été examinés et discutés avec un grand luxe de détails par les physiologistes, les psychologues et les psychanalystes. Traduits dans le langage de la psychiatrie sociale, on peut les considérer comme : 1) les avantages primaires internes, 2) les avantages primaires externes, 3) les avantages secondaires, et 4) les avantages existentiels. Les trois premiers peuvent être mis en parallèle avec les « bénéfices de la maladie », décrits par Freud : respectivement bénéfice interne paranosique, bénéfice externe paranosique, et bénéfice épinosique [12]. L'expérience a montré qu'il est plus utile et plus instructif d'étudier les transactions sociales du point de vue des avantages obtenus que de considérer ces transactions comme des opérations défensives. D'abord, la meilleure défense consiste à ne s'engager dans aucune transaction ; ensuite, le concept de « défenses » ne recouvre qu'une partie des deux premières classes d'avantages, le reste, ainsi que les troisième et quatrième classes, échappant à ce point de vue.
Les formes les plus agréables de contact social, qu'elles soient ou non imbriquées dans un moule d'activité, sont les jeux et l'intimité. Rare est l'intimité prolongée ; et même alors, il s'agit essentiellement d'un phénomène privé ; les rapports sociaux significatifs prennent le plus souvent l'aspect de jeux, thème qui forme ici l'objet principal de notre étude. Pour plus ample information sur la structuration du temps, consulter l'ouvrage du même auteur traitant de la dynamique de groupe [13].
pages 211 et 212
À tout moment déterminé l'être humain se trouve engagé dans une ou plusieurs des classes de comportement suivantes :
Classe 1. Programmée de manière interne (archéopsychique). Comportement autistique.
Ordres :
a) Rêves.
b) Fantasmes.
Familles :
I. Fantasmes extérieurs (accomplissement de souhait).
II. Transaction autistiques, inadaptées.
III. Transactions autistiques, adaptées (avec programmation néopsychique).c) Fugues.
d) Comportement illusoire.
e) Actions involontaires.
Familles :
I. Tics.
II. Affectations.
III. Parapraxis.f) Divers.
Classe 2. Programmée suivant la probabilité (néopsychique). Comportement à l'épreuve de la réalité.
Ordres :
a) Activités.
Familles :
I. Professions, métiers, etc.
II. Sports, manies, etc.b) Procédés.
Familles :
I. Élaboration des données.
II. Techniques.c) Divers.
Classe 3. Socialement programmée (en partie extéropsychique). Comportement social.
Ordres :
a) Rituels et cérémonies.
b) Passe-temps.
c) Opérations et manœuvres.
d) Jeux.
Sous-ordres :
A. Jeux professionnels (transactions angulaires).
B. Jeux sociaux (transactions doubles). [catégorie ici traitée dans le présent ouvrage]e) Intimité.
Dans ce schéma les jeux sociaux précédemment
examinés se classeraient comme suit :
Classe 3, programmée socialement ; ordre (d), jeux ; sous-ordre B, jeux sociaux.
L'intimité, « le mot de la fin », constituant le dernier terme de la classification, fait partie du mode de vie sans jeu.
Il est permis au lecteur de trouver à redire à la classification ci-dessus, mais non de s'en moquer. Nous l'insérons non parce que l'auteur y tient spécialement, mais parce qu'elle est plus fonctionnelle, plus réelle et plus pratique que d'autres systèmes en usage actuellement, et peut servir aux amateurs de taxonomie ou à ceux qui en ont besoin.
[1] Éric Berne, Des jeux et des hommes, (Games people play), Éditions Stock (Grove press) © 1975 (1964).
Les
hommes ont tendance à vivre en jouant avec logique à certains « jeux » dans
leurs relations avec autrui. Ils jouent à ces jeux pour toutes sortes de
raisons : pour éviter d'affronter la réalité, pour cacher des motifs profonds,
pour rationaliser leurs activités, ou pour rester « en dehors du coup ». Ces
jeux — sauf quand ils se révèlent destructeurs — sont à la fois souhaitables et
nécessaires. Le docteur Berne présente une analyse fascinante de trente-six jeux
qu'il classe sous diverses rubriques : les « jeux vitaux » qui transcendent un
mode spécifique de réaction dans une situation donnée, et affectent chaque
action du joueur ; les « jeux conjugaux », auxquels deux personnes peuvent
recourir afin de supporter une vie de frustration ou d'insatisfaction (un jeu
conjugal des plus joués est celui de « la femme frigide », où l'un des deux
joueurs provoque une discussion menant à la colère, à l'aliénation des
sentiments, pour éviter les rapports sexuels) ; les « jeux sexuels », où
quelqu'un provoque des réactions sexuelles chez quelqu'un d'autre, puis, agit
comme si lui ou elle était la victime innocente ; les « jeux de société »,
sociaux par définition, et qui vont du cancan perpétuel au gémissement
chronique ; les « jeux des bas-fonds » tel que « aux gendarmes et aux voleurs »,
pratiqués le plus souvent pour des gains matériels, mais pouvant aussi viser à
des avantages psychologiques ; les « jeux du cabinet de consultation », peuvent
être joués par un malade avec un médecin afin d'éviter la guérison. Le docteur
Berne, poursuit dans cet ouvrage le développement et l'élaboration d'un concept
qu'il a déjà décrit pour le spécialiste, et qu'il emploie dans son nouveau
système de psychiatrie individuelle et sociale, où la thérapeutique de groupe
tient lieu de méthode fondamentale, et où l'analyse des jeux forme un élément
majeur du traitement. Le docteur Berne montre en outre comment ce concept peut
aider à prendre une nouvelle conscience de soi, ainsi qu'à mener une existence
plus constructive. Ce livre dont le succès est considérable aux États-Unis,
traite de façon concise, claire et spirituelle un sujet profondément sérieux qui
concerne chacun de nous de la façon la plus intime.
[2] Berne, E. Analyse transactionnelle en psychothérapie. Evergreen, 1961.
[3] Spitz, R. « Hospitalisme : genèse des conditions psychiatriques dans la prime enfance. » Étude psychanalytique de l'enfant. 1 : 53-74, 1945.
[4] Belbenoit, René. Guillotine sèche. Cape, 1938.
[5] Seaton, G. J. Cicatrices sur mon passeport. Hutchinson, 1951.
[6] Kinkead, E. Pourquoi ils ont collaboré. Longmans, 1960.
[7] French, J. D. « La Formation réticulaire. » L'Américain scientifique. 196 : 54-60, mai 1957.
[8] Les « expressions familières » utilisées sont celles qui furent élaborées au cours du temps parmi les Séminaires de psychiatrie sociale de San Francisco.
[9] Levine, S. « Stimulation dans la prime
enfance. » L'Américain scientifique. 202 : 80-86, mai 1960.
— « Expérience infantile et
résistance à la tension physiologique. » Science. 126 : 405, 30 août
1957.
[10] Huizinga, J. Homo Ludens. Routledge, 1949.
[11] Kierkegaard, S. Une anthologie kierkegaardienne, éd. R. Bretall. Presses de l'université de Princeton, Princeton, 1947, pp. 22 et sq.
[12]
Freud, S.
« Remarques générales sur les crises d'hystérie. » Edition standard. Hogarth
Press, Londres, 1955, vol. II.
— « Analyse d'un cas d'hystérie. »
Ibid. Vol. VI, 1953.
[13] Berne. E. La Structure et la Dynamique des organisations et des groupes. Pitman Médical, 1963.
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