121 – 180
Empereur romain
Stoïcisme tardif, déterminisme
* PALINGÉNÉSIE *
Accepter, ne pas juger
et palingénésie (retour cyclique)
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L'être est composé de trois éléments : le corps, le souffle et l'intelligence. Il faut pratiquer la tempérance, la douceur, la bonté, l'effort vers la perfection. Dieu (les dieux) ne cherche(nt) pas tant à être adoré(s) qu'à être imité(s). On ne doit avoir ni tristesse, ni crainte ; l'éphémère est la condition commune de toutes choses qui passent et reviennent sans cesse. Rien ne mérite notre estime ou nos soins sinon que d'éviter de blesser Dieu et le génie en moi. L'âme doit être prête aux trois conséquences possibles après la mort : extinction, dispersion ou éternité. Le bonheur dépend de notre capacité intérieure à coïncider avec le cours du monde qui, lui, est déterminé entièrement. On ne doit laisser aucun affect troubler la paix de l'âme (ataraxie). La douleur vient du refus de cet ordre des choses tel qu'il est établi, ou de l'aveuglement qui consiste à se donner plus de liberté que l'on en possède.
Dix préceptes à considérer comme des présents des Muses [1]
Les êtres inférieurs sont faits pour les êtres supérieurs, et réciproquement.
Examine les hommes en détail et vois les nécessités que leur imposent leurs idées, et l'orgueil qui les anime.
Si les hommes se conduisent mal, c'est par pure ignorance, sans mauvaise intention. L'irritation, l'indignation et la colère sont donc inutiles.
Tu ressembles aux autres hommes : tu a commis des fautes nombreuses et ta nature humaine te dispose toujours à en commettre.
Tu ne peux être sûr que les autres sont en faute puisqu'il y a beaucoup d'actes regrettables qui sont commis avec de bons motifs.
Quand la colère t'anime, pense que la vie ne dure qu'un instant et que, dans quelques jours, nous serons tous dans la tombe.
Ce n'est pas l'acte qui nous affecte mais l'idée qu'on s'en fait. Il faut donc supprimer l'idée qui nous met en colère.
Les emportements et la douleur sont plus pénibles que les actes qui les provoquent.
La bonté est invincible.
Prétendre empêcher le mal fait par les méchants est de la folie puisque c'est désirer l'impossible. Mais concéder sur le mal fait aux autres est la déraison d'un tyran qui ne voit pas que ce mal l'affecte aussi.
Il ne faut ni s'emporter ni flatter. La force s'augmente avec l'impassibilité. La douleur et la colère sont des signes de faiblesse ; c'est l'aveu de reddition.
Quatre erreurs à éviter [2]
Entretenir une idée
qui n'est pas indispensable.
(Éviter les idées futiles.)
Agir de manière à
relâcher les liens de la communauté.
(Éviter l'individualisme.)
Dire des paroles
qui n'exprime pas ma propre pensée.
(Éviter les ragots, l'irresponsabilité verbale.)
Soumettre la plus
divine partie de notre être, l'esprit, à la moins précieuse, le corps.
(Éviter de se livrer aux voluptés grossières exigées par le corps.)
[1] Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre XI, XVIII (CD2-[43]à[46]).
[2] Ibid., Livre XI, XIX (CD2-[47]).
Philo5...
... à quelle source choisissez-vous d'alimenter votre esprit ?