SCIENCES PURES 

Mach (Ernst)

18381916

Physicien autrichien

 Monisme physicaliste

 Phénoménalisme sensationniste

 Économie de la pensée

* RÉDUIRE *

 Le monde n'est pas dualité, mais unité. Le « Moi » est sensations, représentations, volitions, temps et espace unifiés dans l'individu, et non- opposition entre physique et psychique.

 Chaque phénomène de la nature est unique ; les événements semblables sont issus de notre compréhension humaine qui réduit le monde à l'échelle d'un schéma mental produit par nos sensations. Nous sommes un morceau de nature.

De quoi le monde est-il fait ?

Nul besoin de métaphysique pour expliquer le sujet qui n'est pas divisé entre corps et esprit (étendue et pensée) — ni même distinct de la matière —, mais constitué d'un « Moi » unitaire au moyen des sens qui le raccordent au monde.

Le monde semble collé à notre corps. Le puissant « TAC » du canon à distance est perçu collé à l'oreille ; de même, sans l'intégration psychique, l'image que l'œil du nourrisson aperçoit lui semble collée à la rétine. Mais tous les systèmes de sensations d'espace convergent et s'associent pour diriger nos mouvements efficacement. Le monde est le complexe d'excitations que nous percevons par les sens.

Non pas cinq, mais huit sens

Outre les cinq sens usuellement admis — la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût — trois autres complètent notre rapport au monde.

  1. Le sens de l'équilibre
    Le sens de l'équilibre est constitué d'un double système perceptif logé dans l'oreille interne : a) trois canaux semi-circulaires perçoivent la position de la tête dans chacune des trois dimensions (tangage, roulis, giration) b) l'utricule et le saccule captent l'accélération.

  2. Le sens musculaire
     Le sens musculaire (aujourd'hui appelé proprioception) est en relation directe avec la gravité. Il se neutralise par l'immersion.

  3. Le sens du temps
    Le temps est un constituant physique inhérent à tous les autres sens puisque la perception est affaire de variation de l'excitation.

La science

La science est « un problème de minimum qui consiste à exposer les faits aussi parfaitement que possible avec la moindre dépense intellectuelle ». Les lois scientifiques sont des descriptions abrégées d'événements expérimentaux, élaborées pour permettre la compréhension humaine de données complexes et pour nous permettre de nous orienter au sein des phénomènes.

Seul existe ce qui peut être exprimé dans les lois expérimentales. La théorie de la connaissance en science est une étape de la tendance humaine à se conserver ; elle ne vise nullement la vérité de façon désintéressée.

La réalité du « Moi » : monisme physicaliste

L'excitation de chacun de nos sens produit une forme de consensus psychique par l'intégration des différentes sensations. La plupart des interrogations concernant une perception sensitive visent à comprendre comment elle s'insère parmi les autres sensations. L'observation partielle est alors complétée par l'habitude et la mémoire. Cette intégration produit notre propre réalité. La physique et l'esprit se confondent dans un tout. Comme la plupart de nos perceptions restent stables à long terme, la sensation du « Moi » se cristallise. Mais le « Moi » propre compte pour rien puisqu'il surgit de la « liaison éphémère d'éléments changeants ». Il n'est pas illusion, mais construction fortuite, aléatoire et provisoire. Ainsi naît la réalité du monde, telle est sa vérité.

Il n'y a donc pas d'opposition entre corps (matière) et esprit ; l'un est la copie réduite de l'autre ; les deux sont des composantes indistinctes de la nature.

Sources

Philo5
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