par
Pourquoi
Dieu ne disparaîtra jamais?
Science et vie
No. 1055 d'août 2005
Les
neurosciences sont sur la piste d'une « molécule de la foi ». La propension à voir le monde comme habité
par le divin (la « religiosité ») dépend effectivement du taux de
sérotonine. [...] Ainsi donc, un taux
élevé de sérotonine dans le cerveau accroîtrait le degré de religiosité!
[...] Et la dimension troublante du résultat
obtenu par les chercheurs suédois apparaît dès lors pleinement lorsqu'on
apprend que, parmi les 25 aspects de la personnalité des volontaires évalués
par le TCI (Temperament and
Character Inventory) [Inventaire du tempérament et du caractère], la religiosité se révéla être... le seul et
unique paramètre corrélé avec la densité des récepteurs 5HT1A! La conséquence
de cette découverte peut sembler sacrilège. Car pour Jacqueline Borg, une
conclusion s'impose désormais : « Le
système de production de la sérotonine pourrait bien être vu comme l'une des
phases biologiques de la croyance religieuse, même si le résultat de l'étude
doit encore être précisé avec des travaux menés sur un panel de volontaires
plus large ». Dieu
serait-il une substance chimique?
Plus
loin dans l'article, on apprend que notre cerveau serait programmé pour croire.
La stimulation électromagnétique des
lobes temporaux [...] déclencherait la sensation d'avoir à ses côtés une présence
invisible. Ici, on pratique une approche du cerveau où chaque partie est
comme une composante d'un appareil électronique. À l'aide d'une technique
d'imagerie a
Dans
la troisième partie de l'article, on fait a
Le
deuxième article démontre, comme tout le monde le sait depuis Abraham, que la
foi est un remède miracle contre l'anxiété. Comme la peur de la mort existera
toujours, Dieu ne peut donc pas disparaître.
Le
troisième article se veut historique. Il dépeint l'ascension de l'idée de Dieu
depuis l'origine des temps connus. On projette sur quelques artefacts
archéologiques une interprétation religieuse et on dresse un bref tableau de
l'explosion des religions. On y apprend que 85% des humains pratiqueraient une
religion. Le christianisme serait en tête avec 35% suivi de l'Islam avec
20%, de l'Hindouisme avec 14% et du bouddhisme avec 6%.
Le
dernier article semble une extension de la troisième partie du premier article.
On appuie sur la démonstration que la
religion serait séduisante cognitivement parce qu'elle bouscule notre
perception du monde. L'humain étant un être principalement émotif, il aime être
impressionné. Il se retrouve donc plus facilement excité dans un environnement
« incroyable ». Au bout du
compte, l'émotion est plus forte et plus convaincante que la logique et la
raison.
En conclusion, le Dieu des
scientifiques possède les attributs suivants : Il est moléculaire,
modulaire, psychologique, historique et émotionnel. Il a la faculté de guérir
(anxiolytique), il est nécessaire et excitant. Fascinant jeu que celui de la
foi et de la science qui se renvoient la balle depuis Platon et Aristote. Avec
ce numéro de Science et Vie la foi aura-t-elle gagné des points? N'est-ce pas
étonnant d'observer ces scientifiques qui, avec leurs moyens actuels, se sont
livré aux mêmes investigations que Saint Augustin
voila 1600 ans : la recherche de Dieu. Mais il me reste une question.
Pourquoi la science qui a toujours voulu se passer de Dieu, se met-elle soudain
à sa recherche? Dieu serait-il en train de redevenir nécessaire?