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Je vis sans voiture, j'habite Montréal et je fais tous mes déplacements 12 mois par année à vélo depuis que j'ai réussi à me convaincre que l'on peut avoir une vie normale très confortable sans voiture. La propagande publicitaire qui nous incite à construire notre mode de vie autour du concept de l'automobile : Je me déplace, donc j'existe, me pousse de temps en temps à aller visiter l'un ou l'autre concessionnaire. Mazda Protege, Ford Focus, Smart for 2 et Toyota Écho étaient les derniers modèles alléchants qui me séduisaient. J'aime bien, à l'occasion, passer quelques heures chez un concessionnaire qui m'accueille comme un seigneur et me fait gentiment essayer son beau carrosse. Mais depuis 26 ans je vis sans posséder d'automobile personnelle. Maintenant que j'en aurais les moyens, je me suis adapté à un style de vie tel que cette chose me serait davantage un encombrement qu'une utilité. Mes efforts restent vains. Il m'est désormais impossible de me convaincre d'entrer à nouveau dans cette manière d'être.
Nous savons que toute campagne publicitaire a pour objectif de faire mousser les ventes d'un produit. Ici, l'audace est poussée très loin puisqu'il s'agit de récupérer l'enjeu écologique vital pour l'utiliser comme un thème à la mode et l'associer à un produit qui est reconnu pour précipiter l'effet de serre et de nombreux autres inconvénients environnementaux. Elle a de plus le mérite de nous inciter à agir « librement » dans ce monde « prédestiné » de la vie automobile. Nous n'avons pas le choix de vivre sans mais nous pouvons choisir laquelle en fonction de nos « intérêts supérieurs collectifs » (!!!)
Cette campagne publicitaire audacieuse suggère que, somme toute, l'automobile personnelle est une nuisance pour l'écologie, le portefeuille et l'environnement. On peut être porté à penser que Toyota joue contre ses propres intérêts mais Frédéric Beigbeder avait démontré dans son livre 99 francs que l'univers de la pub s'accommode très bien de telles contradictions, il s'en nourrit même. Cette campagne plait à tout le monde : elle renforce ceux qui pensent que l'automobile est nuisible, donne une avenue à ceux qui se sentent coupables de participer au massacre collectif de la planète et se fait aimer des écologistes puisqu'elle promet d'améliorer l'environnement à peu de frais. Je suis cependant curieux de savoir si elle fera long feu. Celle d'Air Canada avait été retirée très vite.
[1] Voir l'article de Manon Varin dans Le portail du marketing, de la publicité et des communications sur le site www.infopresse.com.