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Météore dinosaurien, bombe atomique, attaque d’extra-terrestres, pluies acides, disparition de la couche d’ozone, réchauffement de la planète, pollutions diverses et autres cataclysmes variés, à la suite de Jean l’apôtre, les journalistes n’ont jamais cessé d’agiter le spectre de la fin du monde depuis que je suis né. Rivalisant de reportages « scientifiques » irréfutables, nous présentant des « faits » tous plus crédibles les uns que les autres, ils nous démontrent constamment l’éminence de la fin des temps. Écrasant la Bible dont ils dénoncent depuis toujours les incohérences, ils ont repris tout le discours apocalyptique voulant que la fin soit proche.
Mais voila, après un demi-siècle
où je roule ma bosse sur cette planète en sursis, la fin du monde n’est
toujours pas venue. À première vue, je serais tenté de faire un immense pied de
nez à tous ces oiseaux de malheur mais je dois reconnaître que leur mise en
garde a peut-être aidé à repousser l’échéance. Si c’est le cas, merci à tous
les écrivains de l’apocalypse. Mais c’est à mon tour de leur adresser une mise
en garde : peut-on être prophète de malheur impunément? À tant prédire la fin inéluctable de la planète, ne met-on
pas en place une atmosphère psychologique de résignation qui a
Prenons l’exemple écologique du réchauffement de la planète. Cet alarmisme est le plus ridicule de ceux qui circulent ces temps-ci. On ne cesse de nous mettre en garde contre les méfaits de l’utilisation des carburants fossiles, et en même temps, l’industrie automobile est le plus gros annonceur nous incitant à participer à ce « méfait » collectif de pollution. Chacun a ses habitudes de vie immuables et une voiture autour de laquelle celles-ci sont construites. Pourtant, nous n’en sommes pas moins pourvus d’un cerveau à compartiments étanches capable de soutenir un discours écologique pendant tout un week-end nouvel âge à la campagne, pour ensuite repartir sans aucune gène chez soi au volant de l’instrument de l’apocalypse que nous venons de dénoncer avec emphase. À quoi bon cette fin de semaine de conscientisation? Tout le monde occidental fonctionne sur cette logique dichotomique qui consiste à croire en l’avènement de cataclysmes irrémédiables et à y participer activement tout en les dénonçant.
Le plus aberrant dans tout ça c’est que la faute d’incohérence est celle qu’on a le plus de difficulté à se pardonner soi-même devant les autres. Avez-vous remarqué comme les gens qui discutent ne font jamais rien d’autre qu’agir en chiens de garde de la cohérence du discours de celui qu’ils écoutent?
Chacun pense que pour l’argent qu’il paie, il a droit à des services et une marchandise irréprochables, mais quel occidental est prêt à en donner autant pour le salaire qu’il reçoit?
La vérité c’est que nous détestons la vie et le travail qu’elle implique, et que la « fin du monde » est notre porte de secours collective qui nous rassure de penser que tout cela va finir un jour. Mais la fin n’existe que pour celui qui est dans le temps : le vivant. Une fois mort, ce n’est plus la fin : c’est le « Rien ». En fait, la mort personnelle est impossible pour un être vivant. Ne pas être, n’est pas une question ; pour pouvoir se questionner, il faut être. Mais puisque nous sommes en vie pour y rester, bien en vie, bien emprisonnés dans la vie avec jamais pour aucun être vivant ne pouvoir être mort, pourquoi ne pas nous installer pour vivre ensemble dans les meilleures conditions possibles? Puisque je n’ai pas le choix d’être en vie, pourquoi ne pas choisir d’être meilleur, plus cohérent, intègre? À quoi bon une vie laissée au hasard des cataclysmes qu’on invite? La liberté n’est-elle pas plus intéressante à exercer qu’à subir?
Et si la fin du monde était
impossible…? Je ne dis pas « les cataclysmes impossibles », je dis
que l’être n’a aucune autre condition d’existence que la vie. Quand la terre
sera anéantie, et le soleil éteint, ce moment sera pour moi nul, puisque je ne
serai pas en vie pour y assister. L’Univers se dirigera vers d’autres Big
Crunches et d’autres Big Bangs et se repositionnera
quelque part pour générer encore la vie ; laquelle, si elle m’a a